Samedi 12

Le Liban, encore, son histoire, encore, hasard du calendrier, mais au théâtre cette fois, ici, juste à côté, Incendies.

Vendredi 11

Repartir

Jeudi 10

Mercredi 9

Mardi 8

Voilà qu’à l’horizon la ville, à travers le hublot, brille sous ce soleil de fin de journée, masquée par un voile. A peine plus loin les montagnes, au sortir de l’aéroport la lumière, quelle lumière ! Beyrouth.

Lundi 7

Ils ont venu ils sont tous lààààà, elleuh va mouriiiiir laaaaaaaa mamaaaaaaaahhaaaaaahaaahaaaaaaaaa. Enfin non ils ne sont pas tous là, et personne ne va mourir, au contraire c’est une naissance, celle d’un petit catalogue de 18 par 24 cm (et combien de grammes ?), occasion d’un petit moment festif où évidemment on ne parle pas que du catalogue, pas que de l’exposition qui approche, on parle du sujet, LE sujet, celui d’hier, avec une amusante (logique, rassurante) unanimité. Et en plus il fait beau. Vous voyez : le changement…

Dimanche 6

Et voici qu’on s’envole vers d’autres horizons, d’autres idéaux, d’autres façons, pleins d’espoirs, avec quelques graines de fatalité dans nos poings serrés. Regarde-les, eux, autour de nous, sur cette place multicolore, sous leurs pieds il y a soudain des ailes, dans leurs yeux des sourires, dans leurs mains les nôtres.

Samedi 5

Profiter du temps, prendre son temps, regarder le temps, détester le temps qu’il fait en sortant d’un film insupportable dont je ne citerai pas le nom – il restera dans le carnet. Le film est encore plus insupportable parce que décevant : j’aurais aimé l’aimer, l’aimer plus ou l’aimer simplement, aimer autre chose d’autre que l’idée de départ et cet acteur, avoir autre chose que les pieds humides et le cœur sec.

Vendredi 4

S’étonner et s’interroger devant des photos abîmées. S’énerver devant des poules, oui, des poules. Pourtant je les aime les poules, les vraies poules, j’aime leur arrogance et leur ridicule ; a-t-on donc besoin de les habiller ?

Et sinon ? La triennale. Pas de photo ? Non.

Jeudi 3

Maison d’art, expo Tamar Guimaraes. J’avais forcément oublié ce que j’avais lu et copié-collé. Passée la surprise sur le sujet : celle des cimaises, puis ce visage sur l’écran où ce qui passe me fait penser à Erwin Olaf. Des teintes, des pauses, des visages, des rigueurs, des postures ; mais Erwin Olaf a-t-il déjà évoqué Watteau ?
Puisque je suis là, je t’attends, discute, et achète ce catalogue feuilleté et souhaité l’année passée, ce catalogue de « Jamais le même fleuve », collection de collections de photographies. Sous la photo de Bernard Faucon, une faute de frappe ; je compatis.

Plus tard, assis dans la 7, collé contre la vitre, je continue d’écrire. Je lève les yeux. Il est  là. Il est encore là, comme quelques minutes plus tôt sur la ligne 5, à la même place, dans la même position, le même regard figé, perdu, ailleurs, presque hagard. L’espace d’un instant, je me demande si j’ai changé de ligne de métro, si j’ai pensé à descendre, si j’ai marché dans les couloirs. Le choc de le voir là, comme si rien n’avait changé (puisque rien n’a changé dans son regard et ses mains croisées), m’a fait oublier cette correspondance, je réfléchis, je regarde autour, mais oui, j’ai bien changé de ligne, la tension retombe. Ah, il bouge, jette un oeil à sa droite vers ce type grand, noir, très beau, très chic, un gros casque sur les oreilles ; c’est notre seul point commun, ce type de casque. Mais le fil du mien est trop long. Porte d’Italie le bel homme chic descend, l’autre est déjà replongé dans ses pensées. Lesquelles ? À quoi pense-t-il ? En fermant les yeux, à quoi pense-t-il d’autre ?

Plus tard, Perec pour son film sur Ellis Island, exactement ce que j’aime : un sujet, une vision, des mots.

Mercredi 2

Tu es au B pour voir B puis le débat. Le savais-je ? l’avais-je oublié ? Le catalogue est là, je ferme les yeux, allume la radio sur ces deux voix qui en cherchent d’autres pour le second tour, mais j’éteins plus rapidement que prévu, j’éteins tout de suite en réalité, j’éteins parce que j’ai vu leur tête pendant deux heures, j’éteins parce que je n’ai pas envie de ça.

Mardi 1er mai

Quitter la campagne, retrouver la ville et Alice, Alice dans les villes.