On crirait au scandale pour moins que ça. Le jeudi 28 septembre 2006 n'avait pas fleuré la célébration dans les pixels de ce journal, alors que le 28 septembre 2005 avait été jour de PaCS. Mais bon, le jeudi, vous savez, c'est pas un bon jour pour célébrer quoi que ce soit, c'est une journée un peu chargée pour F, et puis moi quand j'ai fini ma journée de boulot faut pas me demander d'être plus vigoureux qu'une guimauve en soutane. Donc c'était aujourd'hui notre journée de fête de PaCS (Après tout Queen Elisabeth, elle, fête bien son anniversaire aux beaux jours...). Bref bref, donc c'était journée cadeau-resto, et la Karelle elle va encore dire qu'on se fait tout le temps des cadeaux (et moins souvent des restos).
Pour le resto, F a voulu aller tester l'excellent rapport qualité-prix du Bistrot des Soupirs dont j'avais fait l'éloge 10 jours plus tôt, mais seul F a pu manger de l'épaule de goret because quand on est arrivés le resto était plein de vieux et les vieux ça mange tôt et ça commande de l'épaule de cochon. Oui oui avouons-le, nous fîmes chuter la moyenne d'âge, et là je pourrais parler de la grosse dame bavarde habillée en rose ou de la hollandaise qui voulait manger des vrais harengs, mais je m'arrêterais simplement sur le plus vieux monsieur de la salle. Un monsieur vraiment très très âgé dont l'un des derniers plaisirs était probablement de venir se taper la cloche au resto. Parkingson lui faisant malheureusement des siennes, son verre de vin se renversa dans sa crème anglaise et l'île flottante flotta sur une mer violacée. On peut sûrement en rire, ce ne sera pas sa dernière crème anglaise... mais sur le coup ça m'a plutôt fait de la peine. M'enfin on va jouer à l'égoïste et on va dire qu'on a drôlement bien mangé même si la crème anglaise - la mienne - était moins bonne aujourd'hui. Quant aux harengs au nom hollandais (Moetje ? Google vient m'aider...), ils étaient divins.
Pour les cadeaux, ça allait attendre la fin d'après-midi, parce
que d'abord je devais aller chez Gibert pour le disque de Sibylle Baier.
« Bonjour, je cherche le disque de Sibylle Baier.
— Ah on n'en a plus : on en reçoit d'autres la semaine prochaine.
C'est un tout petit label qui a sorti ça. Très beau disque en
tout cas.
— Il parait. »
Alors
bon, j'ai mis ma déception dans ma poche et je suis allé jeter
un oeil ici ou là, et j'ai découvert qu'il y avait un rayon
"Crooners" chez Gibert, sorte d'amalgame improbable où l'on
retrouve Yma Sumac au milieu des Platters et de Nancy Sinatra. Et où
j'ai pris "Dusty in Memphis" et "Chet
Baker, Prince of Cool".
« Et avec ça ma p'tite dame ?
— Tiens, rajoutez-moi donc 5,40 euros de Françoise Hardy. »
... Le Hardy en question c'est le dernier, un disque vraiment mou de la fesse,
loin de me plaire autant que le reste. Enfin bon quand j'ai fait écouter
Chet Baker à F il m'a sorti son Ella Fitzgerald qui chante Bernstein
et évidemment ça joue pas dans la même division tout ça.
... Mais avant d'écouter Ella, j'avais eu en cadeau le superbe livre "Espagne 1936 - Les affiches des combattant-e-s de la liberté". Un livre très complet (même si les 200 oeuvres présentées ne sont rien à côté des milliers qui ont existé) qui rend hommage aux graphistes anti-fascites de l'époque. Un livre qui, de surcroît, offre au lecteur une superbe maquette et un vrai effort sur la typo. Superbe je vous dis.



Tiens
à propos de bouquin j'ai faili oublié de dire que j'ai enfin
acheté "Et en plus il est gaucher", le dernier Ralf
König, et d'ailleurs j'ai un peu mis à jour le site,
il faut bien ça, non ? Comme à la librairie je ne pouvais pas
payer 8,99 euros par carte j'ai aussi acheté le dvd "En chair
et en os" d'Almodovar.
Et hop, on arrive à la fin de la journée, et on arrive au cinéma.
Pour "Le diable s'habille en Prada". On
s'attendait à voir une comédie américaine moyen-de-gamme,
et on a eu ce qu'on attendait. Quelques vacheries, quelques niaiseries, une
Meryl Streep dont tout le monde parle, pas de temps mort, quelques grammes
de morale écrasée par un talon aiguille excité et au
final un bon moment qui laisse un léger goût de déception
dans la bouche. Tiens, ça fait des lustres que je n'ai pas acheté
Vogue Homme, va falloir remédier à ça...
Et le clafoutis d'hier ? Pas mal. Un poil trop cuit, non ?
"Ben ! T'as pas allumé le four ?" est une phrase plutôt anodine. Et pourtant, au milieu d'une recette, elle peut faire perdre le fil. J'ai donc perdu le fil. Et oublié le sel. A l'heure où j'écris ces lignes, le clafoutis cuit. J'ai rajouté du sel comme jai pu, mais j'ai peur, j'ai très peur...
Pas de Jospin. Pas de Villepin ? Et Jean-Marie Le Pin ? Poudre de Perlinpinpin.
J'ai bien fait, ce soir, d'aller jeter une oreille sur quelques pages web musicales... J'ai bien fait car je suis tombé sur une certaine Sibylle Baier, sorte d'hybride entre une Nico à la voix éclaircie par un séjour à la Bourboule, et une Chan Marshall ayant abandonné ses chats de fonds de gorge à la SPA. Evidemment, je n'ai entendu qu'une seule chanson, donc je ne devrais peut-être pas me précipiter et me gargariser d'un enthousiasme primaire, mais rien que ça, ce morceau qui s'appelle "The End" ça me fait complètement fondre. Cette chanson me fait penser à "Gloomy Sunday" chantée par Sinead O'Connor sans les arrangements, c'est beau, c'est triste, y a un gratouillis de guitare à la Leonard Cohen derrière ah je soupire de bonheur. Vite vite, samedi on va faire les boutiques : j'ai un disque à acheter et le dernier Etapes et le dernier Ralf König aussi — dans lequel, dit-on, est cité... (onomatopée caractérisant une certaine gêne à déclarer la vérité)... le site que j'ai fait moi avec mes mains. D'ailleurs pour un intégrateur web comme moi, je ferais bien d'aller lui nettoyer les fesses à ce site, non parce que bon, c'est le premier site que j'ai fait, alors si tu soulèves la nappe tu vois un code pas joli-joli genre rien que d'y penser je me cache sous la nappe. Ah ben non elle est soulevée.
Bon bon bon alors revoilà le même réalisateur qu'hier, et cette fois c'est pour "Signes" que j'avais déjà vu d'ailleurs si je l'ai cité hier c'est que je l'avais déjà vu en octobre 2002 mazette le temps passe vite.
Je suis épaté : Miossec et Vincent Delerm taille une bavette dans les Inrocks. Le petit garçon asmathique de Signes va de pair avec ces deux types au chant improbable, deux types que je n'ai pas pu écouter car le CD qui aurait dû être glissé dans le magazine était absent. Hein ? Quoi ? Ah ben oui en effet ils ne faisaient pas partie du disque. Tiens à propos de disque je devrais peut-être aller surfer un peu pour me tenir au courant du buzz musical. Tiens à propos de disque je ne sais pas s'il y aura une compil de l'Arno cette année...
Bruce Willis est un mec super fort, il l'a prouvé dans d'autres films
avec ou sans débardeur orange, mais en fait ça suffisait pas
alors il a voulu jouer dans un film qui s'appelle "Incassable".
C'est con comme titre, "incassable", ça fait verre de lunettes
pour enfant ou petite voiture métallique qui supporte les jeux brusques
d'un gamin de 7 ans qui aime aussi les bande-dessinées avec des super-héros.
Et voilà donc qu'un adjectif anodin se révèle assez justifié,
le réalisateur glissant encore sur grand écran cette obsession
du Bien et du Mal (leur représentation, leur imprégnation dans
le quotidien et la Religion) qu'on retrouvait dans Signes ou Le
Village. Un film plutôt agréable et original, regardé
d'un oeil mais un oeil suffit.



Le
ramasseur de champignons doit s'armer de patience et de quelques objets :
- un bâton pour faciliter le gambadage dans les recoins escarpés
;
- des bottes en caoutchouc pour éviter de se mouiller les pieds et
de voir grimper des bestioles sur les jambes, en particulier des tiques ;
- un panier pour déposer les champignons (un panier plutôt qu'un
sac plastique, ça évite d'abîmer les champignons) ;
- un couteau pour couper le champignon au pied, au lieu de l'arracher, comme
ça on aide la nature et on évite de mettre de la terre dans
le récipient choisi deux points plus haut. Seulement voilà :
j'oublie toujours de prendre un couteau. Je ne suis d'ailleurs pas le seul
: dans la famille on a la mauvaise habitude de cueillir les champignons comme
des sagouins et on les amasse dans des sacs en plastique alors ça les
abîme mais une fois dans l'assiette on s'en fiche un peu de tout ça.
Et finalement... on a entassé un sacré paquet de champignons, dans notre sac plastique ! Avec un peu de terre, aussi...
La
pluie était au rendez-vous sur la route. On nous avait prévenus.
Mais je ne l'ai pas beaucoup aperçue, la pluie : j'ai somnolé.
Arrivés à destination, le temps clément et un lapin à
la moutarde et aux girolles nous accueillirent. De quoi changer un peu du
plat saucisses/patates qui avait constitué mes trois repas précédents
pour diverses raisons de commodité. Les girolles étaient les
seuls champignons qui daignaient jusque alors pointer le bout de leur nez
après le mélange pluie/chaleur des derniers jours, et nous espérions
que le week-end nous offrirait des cueillettes fleurant plus le bolet que
la rosée. Suspense...
Coincée. Lara Croft est coincée. Tout ça parce qu'elle
n'a plus de mallette de survie et que le méchant, avec son bout d'épée
qui fait des éclairs verts, il est super fort, alors elle doit d'abord
faire tomber les plateformes avec le grapin pour ensuite lui tirer dessus
car quand il monte sur les plateformes, sa jauge de vie revient à 100%.
C'est bien ces jeux vidéos, on a vraiment l'air débile quand
on en parle. Quand on y joue aussi d'ailleurs.
Que faire quand on est envahi par les légumes ? Un minestrone. Alors là on va me demander la recette et comme j'ai beaucoup de retard dans ce journal je vais proposer au lecteur d'attendre. C'est con j'ai même pas trouvé un jeu de mot avec minestrone (ah si : le roi est mort dans un attentat, pourtant on l'avait prévenu en lui disant : Seigneur, il est miné ce trône). Merci.
Épaule de cochon de lait au miel et aux épices... Rien quà le lire, moi, je salive, et mon choix s'est porté dessus comme plat principal. Précédée d'une terrine et suivi d'une île flottante digne de ce nom — sous-entendu capable de concurrencer celle de ma mère — l'épaule constitua ce déjeuner à teneur professionnelle. Ceci s'avéra culinairement parfait et l'occasion de découvrir l'excellent bistrot des Soupirs, au coin du passage du même nom.
Épaule de tricératops... ça c'était une partie du menu de King-Kong ce soir. Ce gros gorille ne me tentait pas vraiment, et j'avais laissé à F le loisir de regarder seul le film tandis que je vaquerais à d'autres occupations. Un long moment au téléphone avec Karelle puis les yeux rivés sur l'écran de mon ordi, j'aperçus d'abord de jolies images sur l'écran de F. Et puis, soudain, une bande de diplodocus dévala une pente un peu trop forte, dans une scène vraiment spectaculaire, et mon intérêt pour le film passant du statut "bof" au statut "ouaaaahh", puis au statut "ah c'est immonde mais c'est vraiment bien fait" lors d'une scène avec des insectes géants. La deuxième partie de ce film est donc un spectacle captivant ; je suppose d'après les critiques découvertes depuis que tout le film l'est autant.
Enlevez-moi ce jeu des mains !
On
a eu beau trifouiller le pare-feu, impossible d'établir chez Laurent
une connection FTP digne de ce nom. Et pourtant ça fonctionnait il
n'y a pas si longtemps... C'est à n'y rien comprendre cette histoire.
Nous voilà donc avec une mise à jour de site qui a tourné
au vinaigre, les pages transférées restant en partir coincées
dans les tuyaux et s'affichant, finalement, tronquées. Ce genre de
problèmes techniques me tapent profondément sur les nerfs même
si, en surface, tout paraît calme, les lunettes rouges ne tremblant
point. Mais meeeeeerrdddeeeeuuuuuhhhh je ne suis pas informaticien quoi !
Alors bon, ben, une fois F1 et F2 arrivés, on est passé à
la suite : le poisson fumé et la quiche au thon. Et ça, c'est
pas resté coincé dans les tuyaux !
Ca
y est, ça remue du popotin à la maison. Lara Croft est de retour,
et ça faisait une paye qu'elle n'avait pas ramené son décolleté
plongeant dans le quartier. Elle n'a vraiment pas pris une ride, au contraire,
elle a la peau bien plus lisse que dans les précédentes éditions,
et les gros triangles qui la composaient jadis sont un lointain souvenir.
De ce que j'en ai testé, le jeu est très agréable et
n'a pas de moments bloquants comme dans Prince of Persia (mouais ben j'ai
deux références de jeux dans ma musette, je fais ce que je peux).
Bon allez, j'y retourne, j'ai un vieux morceau d'épée rouillée
à aller chercher au Pérou...
C'est pas le Pérou, c'est juste une histoire avec un barbecue de Hongrois et un certain "Kaïser Sauzé" avec orthographe incertaine et vilaines casserolles aux fesses pour le monsieur en question. Le film, c'est Usual Suspects, film plutôt culte et en tout cas très bien fichu, tellement bien fichu qu'à chaque fois que je le vois je n'y comprends rien pendant une très longue partie du film, mais si ça se trouve je ne suis pas plus bête qu'un autre, sauf que par exemple les James Bond j'y comprends jamais rien il y a toujours trop de personnages avec des noms que je ne retiens pas.
« Et sinon, t'as vu comme il a plu jeudi soir ?
— M'en parle pas, je me suis pris une Kaïser Saucée ! »
Je sèche. Me voilà face à l'angoisse de la couv' blanche pour le cahier de travail de F que j'ai décoré les deux années précédentes, d'un beau collage la première fois, d'un dessin moins réussi la deuxième. J'ai bien quelques idées, mais il me manque quelques éléments. J'ai pourtant brassé tous mes classeurs à collage, tous mes découpages pas forcément pré-découpés, tous mes vieux magazines mille fois feuilletés, mais je frise la qualification de "bredouille". Mieux vaut cependant friser la bredouille que fouiller la brebis, voire bisouiller Fred, histoire de contrepéter approximativement. D'ailleurs j'ai aperçu dans la devanture de la librairie un Que-sais-je ? sur la contrepéterie ; voilà qui devrait me plaire.
J'ai jeté un oeil au dévédé reçu hier. Je ne comprends que quelques bribes des dialogues, je suis d'ailleurs fort surpris d'en comprendre autant — il a bientôt 10 ans, mon séjour outre-Rhin. Ce que j'ai compris, c'est que ce film a l'air fabuleusement crétin. Comment on dit "daube" en allemand ?
Autant
par curiosité que par obligation en tant que webmaster du site sur
Ralf König, j'ai acheté sur ebay le DVD "Kondom
des Grauens" ET le livre traitant du-dit film. Achetés
à deux vendeurs différents, le hasard fit arriver les deux paquets
aujourd'hui tandis que F se retrouva désespéré de ne
pas avoir reçu sa partition introuvable de je-ne-sais-qui mais bon
après tout c'est le journal de l'Arno pas de le F alors quelle importance
qu'ils me fassent la peau, moi Bonny je tremble pour Clyde Barrow...
Bref revenons à nos teutons. Il va donc falloir que je me remette un
peu à l'allemand, parce que le divoudi est en Deutsch sans sous-titres.
Kein sous-titres ? Je le savais, aber ça va être koriass... sauf
que par chance dans le Buch, y a les dialogues. Hé hé, dis-je
d'un air malin même si la lecture de l'allemand ça va pas être
de la tarte à la wurtz. Et ton webmaster, il bat le beurre ?
Deux stars pour le prix d'une. Parce que nous sommes donc allés à l'opéra voir Lucia di Lamermoor avec LA Dessay, LA voix — que dis-je : la vooouuuâââââhhhh — que tout le monde s'arrache — et qu'elle même s'arrache d'ailleurs. Mais qui c'est qui est entré dans les toilettes des hommes juste avant moi et qui en est ressorti toute gênée en se rendant compte que ça ne corespondait pas à son état civil ? Hein ? Qui ? Line R., ancienne vedette du music-hall dont je tairais l'identitié même si effectivement le pictogramme des toilettes pour dames était incompréhensible (gribouillé ou moche ?) et d'ailleurs grâce à elle c'est cool j'ai un truc à la noix à raconter. Bon ben voilà c'est tout.
Ah
oui non j'oubliais, donc LA Dessay oui en effet vocalement c'est assez impressionant,
on a vraiment l'impression que ça sort tout seul, sans effort, un peu
comme quand Jean-Pierre Gaillard il donne les cours de la Bourse derrière
son micro. Enfin bon sinon :
- j'ai beaucoup aimé la musique : c'est tout à fait ce qu'il
me faut ce genre de truc pour concierge, comme on dit ;
- les 3 rôles principaux avaient de belles voix (pas les autres, mais
ça permet de se moquer : l'affreux vibrato du mari valait son pesant
de cacahouètes) ;
- la mise en scène était relativement supportable (plus pour
le public que pour les chanteurs grimpés sur une balançoire
ou un échaffaudage) ;
- si Nathalie Dessay est dans la vie comme sur scène (genre je fais
la conne pendant qu'on m'applaudit), elle doit être insupportable ;
- j'ai passé un agréable moment, surtout pendant l'entracte
histoire puisque comme d'hab on s'est moqué des accoutrements vestimentaires
du public ;
- si vous voulez vraiment savoir ce que ça vaut, demandez à
quelqu'un d'autre.
Beuh... j'ai fait quoi mardi ? Rien, j'ai attendu mercredi parce qu'on allait à l'opéra alors j'étais plutôt content, en plus j'ai appris que c'était LA Dessay qu'on verrait et entendrait alors j'étais plutôt impatient. Mouais, et puis j'ai reçu les inrocks, avec une compil dans laquelle globalement soit les chanteurs crient, soit ils m'ennuient. J'ai cependant accroché sur Piers Faccini et sur The Long Blondes — une vieille sauce punk-pop féminine histoire de changer des sauces punk-pop à voix rauques avec des gros morceaux de pommes d'Adam dedans — et bien aimé Scissor Sisters, mais plus musicalement — une vieille sauce disco avec arrangements French Touch 1998 fort sympathique — que vocalement — on dirait parfois les BeeGees, c'est affreux. Tiens, et puis y a Vincent Delerm qui revient et c'est presque supportable cette fois-ci, ce qui me fait plutôt plaisir ma foi.
Alors voilà le début du film : y a deux mecs qui partent faire
15000 bornes en pick-up après avoir flingué le personnel d'un
motel alors on se dit qu'ils vont tuer tout le monde tout au long du film.
Après y a un ado nul en base-ball qui fait perdre un gros con qui veut
lui cogner dessus alors se dit que le gros con il va tuer l'ado tout ou tard.
Et puis y a un certain Tom qui est le père de l'ado et Tom est marié
avec Eddy — comme dans ma tête Eddy c'est un prénom de
mec j'ai pensé à Eddy Mitchell tout au long du fim mais en fait
là c'est un femme qui s'appelle Eddy — et y a les deux mecs du
début qui débarquent au restaurant de Tom pour boire un café
mais entre temps ils ont changé de voiture.
... A partir de ce moment-là, au milieu de la petite vie à deux
balles (pan ! pan !) d'un plouc en santiags - le susnommé Tom - se
glissent des litres de sang
et quelques mâchoires explosées. Cronenberg va alors tirer sur
l'élastique de la dichotomie entre vie morne et violence, obligeant
le personnage principal et sa famille à faire de même : parce
que c'est quand même bien d'avoir une vie tranquille avec des dialogues
merdiques mais tirer sur un autre élastique dans les escaliers ça
fait pas de mal - juste quelques bleus dans le dos. Voilà donc le film,
c'est A History of Violence, un film qui m'a plu
mais en VF c'est pénible.

Après
le giro citadin du samedi, un giro au jardin puis un autre dans les bois,
histoire de fuir l'oxyde d'azote et de s'aérer l'aisselle.
Au jardin d'abord, pour vider la brouette pleine d'eau plutôt croupie,
puis plutôt accroupi* pour débarrasser le sol des pommes pourries,
des oeufs de limace et des crottes de renard. La vie au jardin est pleine
de choses merveilleuses qui ferait fuir les lectrices de contes de fées
dans lesquels on ne parle pas des problèmes gastriques de la princesse.
Mais bon, les trucs répugnants, ça agrémente très
bien un journal, non ?
Dans les bois ensuite pour chercher des champignons mangeables que jamais
on ne trouva. Certains semblaient être au départ tout à
fait comestibles, mais abandonnés de tous — mycophiles comme
limaces — les voilà pourris.



*Des heures de recherche poétique pour essayer de faire un truc avec accroupi, croupie et pourrie n'ont abouti à rien. Lamentable.
«
On va se promener ?
— Ah ben oui. On va se promener où ?
— Euh... j'sais pas...
— Ben oui mais tu veux te promener où ?
— Euh... j'sais pas...»
Le dialogue aurait pu continuer longtemps comme ça, mais finalement
j'ai choisi le 1er arrondissement et on est partis dans 1er arrondissement,
descendant du métro à Châtelet pour un long parcours de
deux bonnes heures qui me fit faire une majorité de photos moches,
floues ou mal cadrées, et qui nous fit passer :
- devant les touristes américains attablés rue des Lavandières
;
- à la Bourse du Commerce où la vitirine d'un magasin de salles-de-bain
nous replongea dans les idées de travaux pour la cuisine ;
- au magasin vintage de la rue Saint Honoré ;
- dans la jolie mais décatie galerie Véro-Dodat
;
- autour des colonnes Buren du Palais
Royal où certains gosses de riches tentent de piquer les
pièces dans le sous-sol ;
- dans le passage Choiseul mais là soudain on était
dans le 2ème arrondissement ça ne va plus c'était pas
prévu en plus ce passage est moche vite fuyons ;
- rue Dalayrac
où l'on a constaté comment un immeuble à deux étages
est devenu un immeuble à trois étages, sans changer les fenêtres
;
- derrière puis devant un joli immeuble Art nouveau au 48 rue
des Petits Champs ;
- place du Marché St Honoré où l'on commença à
retrouver la même foule en beige et bleu ciel qu'au Palais Royal ;
- Place Vendôme où une pose s'imposa pour lorgner
le gratin (ah oui, c'est gratiné !) local ;
- et enfin rue de Rivoli pour récupérer le métro à
Palais Royal après un dernier effort.
Voilààààà...



Anne habitant dorénavant dans le quartier, promener sa fille (et sa belle-mère) en ce jour ensoleillé l'entraîne tout près d'ici et ça nous permet un petite causette entre la place Krasucki vers 19h15 et le Parc de Belleville vers 19h27. Une toute petite causette qui me permet de voir la petite Barbara qui a bien grandi et qui a déjà l'air bien malicieux avec ses grands yeux et sa petite langue.
Qu'est-ce-que
j'ai fait pour mériter ça ! Ce n'est pas moi qui
le dit à l'issue de ce samedi, mais c'est Gloria, pauvre héroïne
du film d'Almodovar : son porte-monnaie est vide, son mari est un connard,
l'homme qui l'aborde (de très très près) à son
travail est impuissant, et sa boîte de cachetons est vide. Tout ça
frise le pathos, mais comme on est chez Almodovar, sa belle-mère ramène
un lézard à la maison, la voisine est une prostituée
haute en couleur et les deux fils de 14 ans ont des occupations qui ne sont
pas vraiment de leur âge.
Malgré des passages à vide – ça sent le bouchage
de trou dans le scénario – et le défaut de vouloir en
faire trop côté absurde, on retrouve donc des passages très
amusants et les ingrédients de l'espagnol qui aboutiront aux chefs-d'oeuvre
récents, en particulier Volver, avec lequel le parallèle
est évident (les problèmes de couple et d'argent, le retour
au village, les rapports mère-enfant...).
La
Reine Mère est ressuscitée. La preuve en image. Elle est conducteur
de travaux rue de la Mare en ce moment, mais de temps en temps elle gare son
gros engin rouge et jaune, elle va s'acheter du camembert puis elle prend
sa pose sur le banc d'à-côté...
Mouais, on rigole on rigole, mais être réveillé par les
marteaux-piqueurs c'est pas glamour, encore moins quand il faut fermer la
fenêtre de la salle de bain à cause des effluves de bitume qui
grimpent jusqu'au troisième étage. Le gel douche au cacao, passe
encore, mais le shampooing à l'asphalte, non merci.
Et à part ça ? Ben rien...
Les vacances ne sont pas encore trop loin derrière, et quelques éléments de mon quotidien m'aident à y replonger, en particulier le journal des vacances à rédiger et mettre en page. Aujourd'hui, ce ne sont point des photographies qui m'ont permis de retrouver Lecce et le ciel bleu du Salento, mais c'est une odeur. Celle de la ricotta forte, fromage régional que l'on glisse dans les petits plats par petite dose à coup de petite cuillère. C'est dans un gros récipient plein de courgette (au singulier étant donnée la taille de la courgette concernée) que la ricotta tomba ce soir, afin d'ajouter aux légumes franciliens une pointe de Pouilles.
Mes anciens boulots, eux, sont loin... Arte Radio m'a permis aujourd'hui
d'en retrouver un peu l'ambiance. Oui, avant, je
faisais ça. J'étais informateur jeunesse, mais là-bas
maintenant au cidj ils disent "conseiller", parce que le public
il veut des conseils, même si on n'est pas là pour lui en fournir.
Bref bref, vaste débat qui ne concerne directement qu'une quinzaine
de personnes sur cette planète... et des milliers d'autres qui posent
des questions. J'aimais beaucoup faire ça, car même si ce n'était
pas toujours facile, il y avait une vraie satisfaction : celle de se sentir
utile. Celle de rendre service.
L'exemple en tout cas est tout à fait typique : la fille ne sait pas
vraiment quoi faire, la mère ne sait pas que la fille a quand même
quelques idées... et l'informatrice n'ose pas dire à la mère
d'aller voir ailleurs pour pouvoir discuter librement avec la fille.
En tout cas ça me rappelle cette fois où une association de
malentendants est venue faire un petit film. Une fille m'a posée une
question pour laquelle... je n'ai pas trouvé la réponse. On
arrive toujours dans ce cas à retomber sur ses pattes et à renvoyer
vers tel ou tel organisme spécialisé, mais avec la caméra,
j'ai complètement perdu mes moyens et ce fut une catastrophe. La honte
de ma vie professionnelle... Alors depuis, je m'entraîne à faire
le show-man devant la webcam.
Marc avait encore dégôté des mp3 pourraves sur le web (genre France Gall qui hurle une chanson avec Francis Cabrel, le truc chanté tellement mal que tu fouilles dans ton sac à main pour voir si y a pas de l'aspirine ou un flingue qui y traîne et franchement je jure — Marie-Thérèse ne jurez pas — que je n'exagère pas). Mais qui dit mp3 pourraves dit parfois vieux trucs ringards qui s'avérèrent révolutionnaires à leur époque et/ou que j'adorais quand j'avais 12 ans. J'étais même bien plus jeune que ça quand Lio fit son apparition sur les ondes en 1980 avec "Amoureux Solitaire", une Lio alors électro-popisée que j'écoute aujourd'hui avec délice et amusement. A l'époque j'adorais mais je ne comprenais pas un traître mot de ces histoires de banana-split— elle chantait beaucoup trop vite la gourgandine — en dehors de "c'est le dessert que sert l'abominable homme des neiges". Les années passant, je me suis douté qu'il y avait quelques sous-entendus, et puis, aujourd'hui, je suis aller chercher les paroles sur Internet. Ah oui, en effet, ça fleure bon le sous-entendu... Naïve, la jeunesse ? Ou dure d'oreille ?
Aujourd'hui, grand concours de tartinage de fond de teint. And the winner is... Hop on clique !
« Ah mince ! On loupe une photo !
— Hein ? Quoi ? Où ?
— Là, regarde...
— Ah oui, dis-je en souriant et en plongeant la main dans mon sac,
— A oui, tu as toujours ton appareil photo.»
Que je dégainai.

>> Mais c'est quoi donc cette photo ?
Tiens, au passage, un petit lien vers une petite page. Petite, pas tant que ça. Mais efficace, ça oui !
J'avais
de La Mala Educacion le souvenirs d'une ambiance sombre et de personnages
tout aussi sombres. Et pourtant. Et pourtant, visuellement, le film est lumineux,
car le pire se passe au grand jour tandis que dans l'obscurité des
dortoirs ou des salles de cinéma, on ne fait rien de mal. Mais l'homme,
lui, y est bel et bien sombre. L'homme, chez Almodovar, est rarement un personnage
mis en avant, rarement un personnage attachant. Ici, il a revêtu sa
panoplie d'ordure impardonnable et prêt à tout avant d'aller
finir en Enfer plutôt qu'en prison, même si l'enfer n'existe pas.
Car, comme dit le jeune héros : "Je ne crois plus en Dieu, ni
en l'enfer. Ne croyant plus en l'enfer, je n'ai plus peur. Et si je n'ai plus
peur, je suis prêt à tout".
La peur, c'est le sentiment qui s'était glissé en moi vers 13h30 lorsque j'enfilai mes nouvelle bottines achetées en Italie. La peur, oui : celle d'avoir mal aux pieds. Mais non, pas la moindre douleur tout au long de l'après-midi ; je revins du travail le coeur aussi léger que les pieds...
Z'avez vu, juste au dessus ? Ouais, ça y est, moi aussi je mets de la musique sur mon site. Ca fait de mal à personne, hein ? Bon, la radio l'Arno est encore à l'essai, j'ai pas encore trop cherché du côté des paramétrages... Affaire à suivre...
Retour
du côté du jardin en ce fade dimanche, premier dimanche du mois
où les musées sont ouverts gratuitement. Nous, c'était
plutôt le musée des horreurs en voyant les tomates, noircies
(partiellement ou entièrement) après la médiocrité
trop humide du mois d'août. Pour le reste :
- ces andouilles de carottes ont trouvé la terre un peu trop riche
(entraînant quelques déformations) ou même trop humide
(entraînant quelques éclatements) ;
- les cucurbitacées se portent à merveille, potirons et courgettes
atteignant des tailles qui plairaient au Géant Vert s'il arrêtait
de cultiver son maïs et passait un peu à autre chose ;
- les betteraves ont goût de betterave (beeuuuurrrkkkk) mais la couleur
de la betterave jaune est une belle surprise ;
- les pommes ont subi le test
de la machine à peler, machine achetée hier et qui n'avait
été testée que sur deux malheureuses pommes de terre
diformes.



Ca
n'a rien à voir avec ces histoires de courges, mais en fouinant sur
"Mes copains d'avant", je suis allé voir du côté
des photos de classes de l'école Léo Lagrange. Au bout de quelques
clics, un déclic : oh c'est
moi ! Oui, ça a bien l'air d'être moi, d'ailleurs à
côté c'est bien Machin, mais c'est pas très net et puis
voilà : j'y ai les cheveux longs. Je croyais avoir eu les cheveux longs
jusqu'à l'âge de 3 ans, donc avant ma première rentrée.
Je fouine dans mes photos, je retrouve bien une photo de moi en maternelle
avec les cheveux longs. Allôôô maman, je ne comprends plus
rien... Ah ben... maman ne sait pas non plus, elle se demande si je ne suis
pas rentré à l'école en avril, mais ce pull sans manches
sur la photo elle ne s'en souvient pas. Et plus cette grosse tignasse, tout
de même... c'est pas tout à fait ma belle et délicate
chevelure de l'époque. Bon ben alors, ce n'est pas moi. Mais à
droite, là, avec l'air revêche et une belle blouse à carreaux,
c'est bien moi.
Le samedi, il y a souvent un aspirateur qui vrombit et une machine à laver qui tambourine, sans ça ce ne serait pas un samedi. Un samedi de retour de vacances, inévitablement ça vrombit et tambourine, on se demande même comme on a pu supporter toute cette poussière depuis mardi. Sur ma lancée, je fais l'effort surhumain de ranger tous les papiers qui traînent sur mon bureau, ça n'a l'air de rien mais c'est énorme. M'enfin, motivés par quelques achats plus ou moins nécessaires, nous allons tout de même voir ce qui se vend du côté des premiers arrondissements. On y trouve donc une machine à peler des pommes et le dernier numéro d'Etapes, deux choses sans le moindre point commun, convenons-en. On y allait aussi pour une paire de Docs Martens, mais une fois à mes pieds ça ne me plaisait plus et je préférais tenter de réparer ma vieille paire rabougrie. Le bout de ces pompes à 8 trous aura toujours été pour moi une énigme doublée d'une source de désespoir profond : pourquoi n'ont-elles pas toutes la même forme, certaines étant plus "relevée" que d'autres ? M'enfin quoi, je ne suis pas fou... Ah j'entends quelqu'un qui murmure "Si !" au fond de la salle...

Voilà
également l'occasion d'entrer dans l'église Saint Eustache,
où curieusement je n'avais jamais mis les pieds. L'église est
vraiment splendide, terriblement imposante ; il y a une impression d'espace
assez étrange, due à je ne sais quoi, à ses particularités
architecturales peut-être ou simplement à une fausse idée que
je me fais, peu spécialisé dans la construction des églises.
Peu spécialisé dans quoi que ce soir d'ailleurs. Après
réflexion je me dis que c'est peut-être la lumière qui
y est particulière,
mais
ce qui est sûr c'est que pour acheter une machine à peler des
pommes il faut aller chez Dehillerin. Dehillerin, c'est le paradis
de la ménagère. Dehillerin, c'est le petit Jésus en casserole
de cuivre... En fait, Dehillerin est à l'ustensile de cuisine ce que
le kamasutra est à la brouette : une nouvelle vision des choses simples.
Faudrait juste qu'ils corrigent l'accent de leur "Matèriel"
sur la façade. Et puis en ce moment il font une promotion sur la mandoline,
alors laissez les gondoles à Venise et foncez rue Coquillière
!
L'info sans intérêt du jour : Doc Gynéco soutient Sarkozy. C'est un coup de Ségolène pour faire fuir l'électorat ?
Il y a un truc qui n'avait pas trop mis le nez dans ce journal depuis pas mal de temps : la cuisine de F. La saison des pommes, des poires et des pompidous-pidous-ha ayant commencé, le plaisir gustatif du jour est une compote de pommes aux écorces d'orange, le genre de truc qui te fait courir à Notre-Dame pour aller remercier Sainte Papille de sa protection.