Journal de l'Arno - Juin 2007

Samedi 30

En ce jour de défilé multicolore sous un ciel gris, on a pris le chemin du jardin parce qu'on n'avait pas le choix. Une fois sur place, on n'avait pas non plus le choix sur les activités à effectuer :
- ramasser les groseilles et piquer un peu de cassis dépassant de chez le voisin
- biner autour des courgettes et s'extasier devant celles qui commencent à pousser
- déterrer quelques pommes-de-terre pour quelques s'assurer de leur état de santé (ouf !)
- fixer les pieds de tomate et arracher ceux trop maladifs pour être honnêtes
- arracher les carottes complètement bouffées par des vers...

Au retour du jardin, inévitablement, les baies furent transformées en trois petits pots de confiture. Et il nous restait encore un peu de temps pour aller chez Ganymède, boutique de l'avenue Gambetta repérée mais jamais visitée ; les soldes étaient l'occasion rêvée pour rattrapper ce retard. Et nous en ressortîmes avec un pull pour F — il n'a pas pu résister devant les rayures violacées — et une chemise et un polo pour moi — j'aurais pu essayer de résister face aux petits points turquoises de cette jolie chemise mais à quoi bon ?

Vendredi 29

Je n'avais pas encore écouté avec attention les 3 titres de Bill Callahan qui trainaient sur le bureau de mon ordi depuis quelques semaines. 3 titres extraits du nouvel album paru sous son propre nom, et non plus sous le nom de Smog. 3 titres qui auraient même pu mourir noyés sur le fond d'écran, achevés d'un sale coup d'indifférence derrière la tête. Bill Callahan subissant mon indifférence ? Brrrr... ça deviendrait inquiétant.
Et puis, dans une grande crise mystique de nettoyage de disque dur, quelques double-clics ont résuscité les 3 morceaux en question. Et alors là, quelle claque : je comprends qu'il soit sorti du smog, parce que la lumière a pris le pli sur le savoureux brouillard qui flottait sur les disques précédents, à l'instar de Bonnie Prince Billy. L'album Supper avait cependant bien commencé à sortir Callahan d'un low-fi qui lui collait un peu trop aux basques, avec quelques titres complétement exaltant (l'album dans son intégralité est d'ailleurs un plaisir à chaque écoute)... Et donc il ne me reste plus qu'à aller faire mon petit pélerinage tant attendu chez Gibert pour acheter un Woke On The Whaleheart pour lequel je me pourlèche les babines d'avance.

Jeudi 28

En voyant les cartons de déménagement dans le hall en partant ce matin, je me suis dit que, décidément, il y avait eu pas mal de mouvement dans l'immeuble depuis 3 ans. Et puis quand je suis revenu à midi et que j'ai entendu du bruit au-dessus de ma tête, j'ai commencé à frémir... Je suis sorti, j'ai monté quelques marcches et j'ai vu la porte de la pouf ouverte, avec en fond sonore un bruit de gros scotch qu'on déroule. J'ai donc demandé confirmation au déménageur, et je lui ai répondu : "Ah merci, c'est une très bonne nouvelle". Voilà, une joie immense me fait flotter depuis midi : la folle et sa cinglée de fille se cassent. On ne sait pas ce qu'on va trouver à la place, mais probablement pas une tarée qui me réveille par ses hurlements.


La photo du Gerris lastricus prise, recadrée et exposée ici à la date du 29 octobre 2006 sera affichée lors d'une exposition sur les nanotechnologies, car les pattes de cet insecte sont une merveileuse source d'inspiration pour les scientifiques. Et ben ça m'fait vachement plaisir et c'est l'occasion de mettre une photo parce que c'est triste ici en ce moment.

Mercredi 27

Le mildiou a commencé à envahir le jardin de la voisin de Ginou : les feuilles des plants de je-ne-sais-plus-quoi sont marronnasses. Mais chez ginou, avec moultes protections anti-pluie et antimaladie, on espère qu'on va sauver le potager de la catastrophe, même si F est revenu dépité du jardin : les carottes en pleine terre sont envahies par des saloperies de vers.
Le mildiou me fait toujours penser aux illustrations du dictionnaire superflu de Pierre Desproges, et plus précisément donc à "Bourgueillais ayant fui le mildiou accueillis à Mexico", une lecture indispensable contre la morosité.

Les dîners diététiques, ça mine un peu le moral. A midi, j'ai mangé de la pizza avec des chips et de la mayo et ça m'a pas miné le moral. Et un yaourt au chocolat de maminova pour couronner le tout et j'emmerde Helmut Kohl et Stérol.

Mardi 26

Je crois que la plaisanterie qui m'agace le plus, c'est celle qui consiste à dire que les fonctionnaires n'en fichent pas une ramée. Ca m'agace, mais ça m'agace, fouyaya ça m'agace ce genre de généralités, et celle-ci en particulier. Même si c'est pour plaisanter, et peut-être justement parce que c'est pour plaisanter. Voilà, c'est tout, y a un nouveau virus dans la blogosphère, celui de se prendre en photo en train de glander au boulot, et c'est en lisant un commentaire à la con chez l'un des participants que j'ai eu envie de pondre ce premier paragraphe qui n'intéressera personne. En fait, c'est aussi dans le but de mettre un lien vers un blog bien déjanté comme il faut écrit par un garçon qui ne se prend pas au sérieux, et qui de surcroît a fait une jolie photo pour leur petit jeu de glanding at the job (ijoba*). En plus si j'ai bien suivi il a une trattoria italienne (brrr le pléonasmo), donc forcément c'est quelqu'un de bien. Hop on peut cliquer.

Bon sinon comme je n'ai rien fait de particulier aujourd'hui, je vais dire que j'ai écouté "9 to 5" de Dolly Parton, "Love Today" de Mika et "The Way We Were" par Barbra Streisand. Rho la la, c'te musique de midinette que j'écoute moi parfois. Une jeune fille fragile qui a tiré sur 45 kilos pour gonfler ses grands dorsaux tout de même.

Cendrillon aussi était une midinette, mais quand son carrosse est redevenu citrouille, elle n'était plus qu'une minuitnette**.

* C'est nul.
** C'est nul.

Lundi 25

Le verre de champagne vers 16h45 pour fêter l'anniversaire de Laurent m'avait un peu cassé les jambes et j'avais épongé ça avec des gâteaux secs, tout en causant huile de sésame, chauffeurs de bus et autres sujets sans intérêt qui comblent une discussion au boulot alors qu'on a du mal à se sortir la tête des bugs, des #wrapper et des templates.
Après dîner, le verre de champagne était bien loin, et pourtant je n'ai pas trouvé le courage d'aller développer mes grands dorsaux, et mes deltoïdes. Voire même un petit rhomboïde pour la route. Bien m'en a pris car Rakelle a téléphoné et donc on a causé un long moment, pourtant y avait pas grand chose de neuf, mais on a évité l'huile de sésame et les chauffeurs de bus. La bonne nouvelle - à confirmer - c'est sa venue fin août...

F ayant encore moins de courage que moi, il s'est vidé la tête avec une série française où le personnage principal, homo, couche (miraculeusement ? bêtement ? inévitablement ? hasardeusement ?) avec sa coloc/meilleure-amie... et, pan dans la tête à jean, c'te gourde tombe enceinte. En fait le vidage de tête avait déjà eu lieu la semaine dernière donc je suis un peu au courant du pitch parce qu'aujourd'hui elle a avorté. Bref, voilà un message de prévention SIDA absolument lamentable, les scénaristes n'ont même pas pondu une rupture de préservatif pour justifier l'issue fatale de l'ovulation mensuelle de la trentenaire. Tristement lamentable.

Dimanche 24

Toi qui n'es pas venu(e) au concert de l'OSC pour écouter Mahler, Mendelsshon et Beethoven, tu as au moins remarqué qu'il y a un "H" dans le nom de chaque compositeur, mais tu n'as pas remarqué que, sur les tracts et affiches, j'ai mal placé le "H" dans le titre de l'oeuvre de Mahler : les Leider eines fahrenden Gesellen. J'avais pourtant corrigé ça pour la couv du programme, mais j'ai dû me prendre les pieds dans le tapis de souris, et cette maudite lettre* est restée à sa place.

Revenez demain bientôt, y aura un extrait vidéo.

* Merci de prononcer "maudite lettre" avec l'accent québécois, pour une raison qui m'échappe un peu moi-même.

Samedi 23

Aujourd'hui, j'ai fait très attention aux slips mis sur moi et dans mon sac avant d'aller à la salle de sport. Car j'ai oublié de raconter comment jeudi, en me déshabillant avant la douche, j'ai entendu un grand cccrraaaccckkk au moment d'enlever mon sous-vêtement. Roh la honte : j'ai déchiré ma culotte ! Pour ceux qui suivent, j'avais déjà parlé de trous dans un "australien", je suppose que c'était le même, ou sinon on va penser que je suis un pauv'mec qui s'habille en haillons, ce qui en soi n'a rien de honteux d'ailleurs.
Haillons enfants de la patri-i-euh...

Je tiens tout de même à préciser que mon développement musculaire n'a aucun lien avec ces problèmes de fringues qui craquent. J'ai beau voter vert, je ne suis pas Hulk (et je ne sais pas si je suis crédible quand je parle de développement musculaire pour moi, mais après 2 mois et 2 jours ça commence à se voir). Ce que j'ai ingurgité aujourd'hui n'a rien à voir non plus, puisque c'est après la gym que j'ai failli m'exploser la panse avec la glace "L'orange pamplemousse" de chez François Théron, dégottée par F dans les rayons de chez Pipicacard. On notera avec amusement l'article défini devant le parfum de la glace. C'est par n'importe quelle parfum, c'est LE orange pamplemousse. et c'est sûr que c'est pas n'importe quel parfum, parce que c'est excellemment divin. Et quand on regarde la composition (pas d'émulsifiant ou de trucs du genre) on se dit ce Théron, il est carré.
En fait j'avais prévu pour faire un jeu de mots entre Théron et boules de glace, mais la glace on se la tape à la cuiller directement dans la boîte).

Vendredi 22

Desperate Housewives peut être regardé online. C'est bien, c'est pratique, et c'est un excellent moyen pour se faire une brochette d'épisodes jusqu'à 3h30 du matin. Mais avant et pendant les épisodes, j'ai été pris d'une très très grave crise de rangement. Á droite de mon bureau se trouvait un empilement de casiers de papier, des disques, des bouquins, un classeur... bref, une belle collection de bordels. Et bien : fffouitttch ! Disparu tout ça. Éparpillé après avoir optimisé l'espace des étagères du couloir. Dans ces cas-là, F il dit que j'ai mes ragnagnas... Là pour le coup, c'était double ration de ragnagnas.
Comme disait l'autre : moi quand j'me mets à ranger, j'collectionne plus, j'dynamite... j'disperse... et j'ventile... (spéciale dédicace à la Manue qui m'a envoyé un p'tit mail hier)

Jeudi 21

Ca alors... une comédie érotique sur Arte avec Hitler qui se fait... euh... visiter le nid d'aigle... Y a de ces ovnis à la télé...
Bon ben, va p'têt falloir aller se coucher, malgré le bruit de fond qui règne encore à 0h55...

Mercredi 20

"C'est à vous la poussette ?". La question d'adressa dans le bus à un jeune homme qui lisait "Au Sud de la Frontière, à l'Ouest du soleil" de Murakami.
Le gars qui avait posé la question, et qui montait lui-même dans le bus avec une poussette, sa femme, et la ferme intention de se faire une place, était peut-être endormi (ou con ?) alors le jeune homme lui apporta une petite précision : "Euh, en général il faut plutôt chercher s'il y a, autour, une femme avec un bébé". Il désigna alors la propriétaire de la dite poussette et nous souriâmes en coeur.

Et moi, je lisais quoi ? En vain, j'avais devant les yeux "Le dictionnaire du diable", mais je n'arrivais pas trop à me concentrer dessus. Ce dictionnaire atypique est un recueil à l'humour ironique, sarcastique et savoureux - quoique sporadiquement un peu daté, car tout cela date des années 1880. Des exemples bientôt...

Mardi 19

On aura forcément siffloté les airs de Ouessaïdestauri en sortant du petit spectacle mis en place par le prof, on aura en tout cas évité les trombes d'eau qui sont tombées au moment même où nous étions dans la ouature et qui se sont arrêtées à notre arrivée à la maison - un coup des anges pour nous faire croire qu'ils existent.
Les trombes d'eau auraient ensuite pu sortir de mes yeux en écoutant Going to a Town par Rufus Wainwright ou surtout Case of You par Joni Mitchell ; il faut croire que j'avais la larme un peu facile mais on a évité tout ça et mon esprit terre-à-terre a repris le dessus et le maniement de la souris : direction divers sites d'achats en ligne pour commander disques ou livres. Mais finalement rien. C'est mon esprit économe qui a m'a coupé dans mon caribou élan. Il faut à tout prix que j'aille faire un pélerinage chez Gibert, je suis sûr que le Rufus Wainwright y sera d'occasion, puisque apparemment il n'est pas très bon. Je suis sûr égelement que j'y trouverai les Joni Mitchell que je cherche (ouais, c'est ma nouvelle lubie, mais j'ai quand même écouté Dusty Sprinfield ce soir).

Lundi 18

"Hey au fait, Juppé a perdu... hi hi hi". Voilà, ç'a été le leitmotiv, le gimmick, la private joke du jour par téléphone, de vive voix, sur Skype, en écoutant les infos... rhalala qu'est-ce-qu'on s'est marré. F voulait même lui envoyer les horaires d'avion pour le Canada. Y a pas à dire : ça lui a cloué le Québec.

En revanche, Vanneste a gagné. Ca rime avec funeste. La démocratie est ainsi faite qu'un type condamné pour homophobie est élu député, et qu'il s'était présenté avec le soutien de son parti (l'UMP, je précise). C'est pas glamour, hein ? On peut lire une insoutenable interview sur le web, mais si vous ne voulez pas tout lire, je vous en mets juste une petite tranche :
"L'homosexuel est quelqu'un qui se replie sur son sexe et refuse l'échange avec l'autre sexe. D'une certaine manière, il a une peur, voire une détestation, de l'autre. C'est un refus de l'altérité. Une sorte de racisme, en somme. Or, dans le projet de loi [créant la Haute autorité contre les discriminations, NDLR], au nom de l'anti-racisme, on protège une sorte de racisme, ça n'a aucun sens."
... ABJECT.

Bon, faut pas que ça nous coupe l'apétit : on a fait une crostate à la rhubarbe.

Dimanche 17

J'avais emmené de la crème solaire, il a fait un temps de chiotte, et pourtant j'ai pris des coups de soleil.
Parce que le temps de chiotte n'est arrivé qu'en milieu d'après-midi, et parce que j'ai mis la crème un peu trop tard. Pourtant le coup de soleil, avec ma peau de rouquin, je m'en méfie comme de la peste, mais cette fois-ci j'ai été d'une naïveté incommensurable... Comme j'avais mis un débardeur (hé hé, le sport ça ne fait pas que me vider la tête), les rayons UV ont foncé droit sur mes épaules... Bref, le plus intéressant aujourd'hui, c'est l'installation d'un abri à tomates. Les pieds de tomates n'aiment pas la pluie, sinon les tomates ont le cul noir, alors on a réalisé une installation de la mort qui tue le slip, avec une superbe armature de métal et de bois, du film plastique taille XXL, et - élément primordial -, l'ingéniosité de F. Au final, ça doit bien faire 5 mètres sur 2,5. Et quand le temps de chiotte est arrivé, on a pu vérifier et optimiser l'efficacité de la chose.
Bon alors après on a voté et on a vu passer un vol de Juppé-Klarsfeld... Wiiiizzzzz... catapultaaaage !! Tiens, on pourrait même chanter du Michel Delpech : "Un vol de perdants, par dessus les toits, volaient dans les nua-a-geeeuuhhh..."

Pas de mail aujourd'hui dans ma boîte de réception. Boîte de déception ?

Samedi 16

Certains blogueurs ont reçu un courrier de leur hébergeur fruit.fr (le même hébergeur que moi ici), pour leur demander d'arrêter leur web-radio. Comme je ne consulte plus ma boîte arno.r@free.fr (plus spammée tu fais de la rétention d'eau), je ne prends pas le risque de recevoir un mail que je ne lirais pas. Donc voilà, en attendant de trouver une solution moins pleutre, je coupe le contenu. Solution de facilité, solution rapidement glissée dans mon agenda trop rempli.
Can you squeeze me into a empty page of your diary ? chantait Morrissey. But you're just too busy, poursuivait-il un peu plus loin. Oui, too busy, too fuckin' busy, mais j'ai néanmoins de plus en plus besoin d'aller me vider à la salle de sport entre les activités de la ménagère et celle de l'intégrateur. J'y souffre et je m'y essouffle, mais ça me fait un bien fou. La fatigue physique que je ressens après l'effort, sous la douche, à l'arrêt de bus, sur le chemin du retour, les quelques courbatures 2 ou 3 douzaines d'heures plus tard, c'est... c'est le pied. Oh ouiiii ouiiiiiiiiiiii. Un pied au détriment de mon entourage, mais y a un nouveau collègue qui arrive lundi, on va espérer que ça va alléger tout ça.

Vendredi 15

Il y a une espèce de gargotte à côté du boulot que je n'avais jamais repérée.
Je passe pourtant régulièrement à proximité, mais la devanture peu remarquable ne s'est jamais incrusté dans mon disque dur. Même mon boss, bien que connaissant le tavernier du lieu, n'y était jamais allé manger, et on a tenté l'expérience avec les deux long haired guys de passage. Alors, euh... comment décrire la gargotte en question ? Si je dis qu'il y a, dans l'entrée, des dizaines vieilles cartes postales graisseuses à côté d'un frigo américain flambant neuf, qu'une vieille photocopie d'une blague un poil grivoise est épinglée derrière le bar, et qu'un chien en faïence trône au-dessus d'un meuble de cuisine années 50 dans la salle de resto, ça vous suffit ? Bon alors ensuite je suis censé parler de la bouffe, mais on va s'en passer, hein ? Faut pas tirer sur le beurre rance.

Le gars d'hier m'a répondu :
Ce n'est pas drôle ! S si grave de ne pas être un génie ? Moi, je ne pense pas. Mais, je ne vous dérange pas plus. Bonne route, sans théière !!

Donc soit je suis stupide, soit c'est lui, soit il pratique un humour qui me dépasse. En tout cas je coupe court à ce dialogue de sourds. J'ai déjà pas le temps d'écrire à mes connaissances, si je dois passer mon temps à tergiverser avec des inconnus, je dis non. Non.

Jeudi 14

J'étouffe. Mes cheveux ont poussé et comme le disent mes coiffeurs, j'ai une de ces épaisseurs de cheveux... Une fichue épaisseur de cheveux que j'espérais bien ratiboiser ce soir parce que y a nocturne jusqu'à 20h30 le jeudi chez "Gérard" (je mets des guillemets parce que c'est le nom du salon de coiffure mais il s'appelle pas Gérard, Gérard apparemment c'était l'ancien patron qui adorait le soleil et qui est mort d'un cancer de la peau, c'est S qui m'a raconté ça elle connait tout sur le quartier : sa mère est concierge) mais F avait besoin d'un taxi parce que se garer à Clichouille c'est caca-bouchon. Donc voilà, j'ai emmené F à destination et j'ai fait demi-tour et en passant à proximité des Moulins de Pantin, j'ai eu envie d'entendre "the Windmills of your Mind" par Dusty Springfield, alors je l'ai fredonnée mais j'ignore complètement les paroles.
Et mes cheveux au bout du compte ? Et bien quand je suis arrivé devant la porte du coiffeur, la grille était baissée. Il était pourtant 20h15, j'étais vert (pas du tout assorti à mon polo Paco couleur #cf8000 ) car j'étais passé 4 fois devant aujourd'hui et les 4 fois y avait de la place, non mais vraiment j'ai failli pleurer. D'ailleurs il devient quoi Paco Rabanne ?

Y a un certain Gropius qui m'a écrit :
Sympa de pouvoir laisser un commentaire. Je trouve votre écriture très ennuyeuse, (;) vraiment ras du sol, à la Cro-Magnon à qui on donne un stylo et un alphabet (!), cet humour en moins et, je voulais partager ça. Dans le style déboussolé, je préfère de loin un Van Gogh qui se coupe l'oreille ! C'est tout (;) J'aime l'autoradicalité. C'est un signe de génie, ouiK. Gropius

Je ne savais pas trop quoi répondre, donc j'ai pondu ça :
Merci d'avoir partagé ça. Je n'ai simplement pas la prétention d'être un génie, donc je laisse l'autoradicalité à Van Gogh. Si vous-même vous coupez l'oreille, faites-en bon usage.
...Non mais vraiment qu'est-ce-qu'il vient me faire chier ce con ?

Mercredi 13

Pour une fois que je mettais mes petites campers cuir/daim, au cuir tellement fin qu'on dirait du prépuce de sauterelle et au daim orange qui ne mérite pas la moindre tache, il y a eu une averse carabinée au moment de partir du boulot (la mousson mes amis ! la mousson j'vous dis !). Il était déjà bien tard, du genre 18h40, et je n'avais pas envie de traînasser plus longtemps, donc je me suis mouillé en maugréant "grreummmbleueueueu j'vais ruiner mes chouzes"). Et sinon, vous ça va ?

Mardi 12

Y avait un type de dos, et je me suis dit "tiens, il ressemble à Machin".
Machin, j'ai oublié son nom, mais il habite le quartier et c'est (c'était ?) un ami de F&P. J'ai déjà aperçu Machin deux ou trois fois, je n'ai jamais osé l'aborder et lui demander des nouvelles de F&P. Or le gars de dos n'étais pas Machin, mais je me suis demandé ce que devenaient F&P, juste histoire de savoir qu'ils vont bien... Le couple F&P était un couple d'amis bordelais à l'époque où j'habitais les départements charentais, jusqu'au jour où il y a eu une goutte d'eau... et plouf, je te renvoie tout le monde balader arrivederci Roma, laisse les têtes de gondoles à Venise, le printemps sur la Tamiiiiseeeeuhhh, on n'ouvre pas les valiiiiiseeeuuuh, nanananaaaaa. Et bien F m'a écrit aujourd'hui, après... fouyaya... 6 ans de silence. Diiiiiingue, la coïncidence avec le mec qui ressemblait à Machin de dos. Il s'appelait pas Michel, ce Machin, d'ailleurs ?

Lundi 11

J'ai finalement sauté des pages. Peut-être pas des pages, mais des lignes, voire des paragrahes, en particulier dans les 12 dernières pages. Car La Fascination du Pire se termine en pirouette : ce qui m'a agacé dans le roman est justifié par l'ouverture d'un tiroir où le narrateur s'engouffre et devient héros du roman qu'on vient de lire, écrit par un autre qui n'écrit pas si bien que ça mais qui a déclenché un scandale parce que le roman en question parle de l'islam et blabla et z'y va je te bats la mayonnaise. Heureusement, je devais attendre le bus donc ça m'a occupé, mais franchement j'ai trouvé la fin hyyyyypra lourde (là j'ai essayé de faire un lien avec la mayo mais je laisse tomber).
Le summum, c'est une phrase perdue au milieu de ce roman au style classique (qui a dit "banal" ?)l. Le narrateur revient chez lui, sa copine n'est pas là, il se demande si elle l'a plaqué, le lit est défait. Et on peut lire :
J'ai remué les cendres de son corps avec le froid de son absence.
Alors là, ça sent le gars qui a eu une idée dans sa baignoire et qui veut à tout prix placer cette phrase. M'enfin je dis ça moi, mais ce roman a eu le prix Interallié, alors c'est qu'il doit être bien.

Tiens, un sourire pour terminer cette journée, avec la réponse de Philippe Val à la question "Que possédez-vous de plus cher ?" :
Ma sexualité, si l'on en juge par ce qu'elle m'a coûté. Surtout si l'on compte le prix des divorces, de la psychanalyse, et des cadeaux divers pour me faire pardonner.

Dimanche 10

Vote vert, herbe verte, ciel bleu, résultat bleu. Je suis beaucoup plus vert que bleu...

A l'aller et au retour de mon agréable moment passé aux Buttes-Chaumont, un arrêt rue de la Villette, dans deux boutiques lorgnées depuis longtemps mais jamais visitées : la librairie photographique et une boutique de décoration japonaise.
Si je me retiens d'acheter des bouquins sur la photographie, je ne résiste pas face à ce dessous-de-plat qui ira à merveille avec la théïère.

Samedi 9

Une fois n'est pas coutume, c'est ce samedi en fin d'après-midi qu'on se rend au jardin.
La saison à laquelle on arrive est plus propice au fignolage qu'aux gros travaux : de quoi prendre l'air sans s'épuiser. Et donc le boulot du jour pour ma pomme :
- éclaircir les carottes qui ont déjà bien poussé alors c'est un peu galère de nager au milieu des fanes ;
- débarasser les jeunes plants de carottes du filet de protection et finalement couper le filet pour ne pas risquer d'abîmer les fanes ;
- biner ;
- tordre une lame de la binette ;
- mettre un coup de marteau sur la lame de la binette pour la redresser et espérer que Ginou ne s'en rendra pas compte m'enfin moi j'y suis pour rien y a F qui m'a filé la binette alors j'ai utilisé la binette mais la terre elle était un peu trop dure et la binette un peu trop vieille je pense, en tout cas Ginou elle a dit qu'elle y tenait car elle venait de sa mère mais quand j'ai dit à F que la lame était tordu il m'a dit que ça lui était déjà arrivé. Quoi qu'il en soit je crois qu'on devrait acheter des outils.

Vendredi 8

Finalement j'avais oublié que j'avais un truc à raconter pour la journée de lundi, alors faites glisser la souris. Pour la journée d'aujourd'hui, je ne sais pas... Ah si tiens, j'ai goûté un nouveau cola avec un goût bizarre, mais j'ai oublié le nom et j'ai jeté la boîte (et vice-versa). Le goût n'est d'ailleurs pas bizarre, il est simplement dégueulasse, mais j'avais très soif en sortant du cloubmedgym où on me l'avait donné - cadeau publicitaire évidemment - alors j'ai bu ces quelques centilitres offerts par notre système capitaliste occidental.

Bon sinon le premier épisode de Nip/Tuck était vraiment glauque. Non : malsain. J'sais pas, ça se tirait dans les pattes (ou ailleurs, mais si je dis ça, ça devient vulgaire) plus ou moins violemment, et y avait pas un personnage pour rattraper l'autre. Après la (fausse) légèreté des Desperate Housewives, ça cassait un peu l'ambiance. Mais oui mais oui je suis un homme barbaragourde, je regarde les séries à la mode offertes par notre système audiovisuel capitaliste.

Le pipole du jour : Jean-Marc B., dans le bus 26, descendu à Pyrénées-Ménilmontant. Le bus était bondé, mais c'était vraiment lui (et il faut bien dire qu'il est aussi beau que sur l'écran).

Jeudi 7

Quand S m'a envoyé un email pour me demander "Vous aimez les bougies ?", évidemment j'ai répondu "Non" ; je me doutais que c'était lié à sa remarque de la veille sur mon mutisme au sujet de nos anniversaires. Quand elle m'a envoyé un deuxième mail qui disait :"Sérieux, vous n'aimez pas les bougies ?", évidemment je lui ai répondu "Ca dépend. Mais si c'est pour nous faire un cadeau, j'te casse la gueule à la récré."
Evidemment elle a eu très peur en m'offrant la bougie qui n'en était pas une une puisque c'était un très très joli photophore.

Un dîner chez Fr, pour découvrir son nouvel appartement, siroter une coupe de champagne, recevoir des cadeaux-bouquins de la part des Nathuc, faire la connaissance d'Hervé et de Bertrand, manger du sanglier sêché, ne pas trop boire de Nuits Saint Georges pour éviter la gueule de bois, s'assurer que le rôti de veau était assez cuit, parler de bidets, entendre Placebo en fond sonore, déguster de la mouse au chocolat, admirer la peinture couleur... euh... couleur quoi déjà ? Lardon cru ? C'est très très joli en tout cas ces murs peints ! On s'y met quand chez nous ?

Mercredi 6

Ce n'était pas vraiment une surprise pour F quand FS a débarqué, avec de quoi fleurir un vase et mettre un léger coup de canif dans l'habitude des dîners light, à cause d'un dessert fraîchement décongelé. Après j'ai fait des courses parce qu'on était en manque d'huile d'olive, à savoir le produit le plus consommé chez nous. Quoi qu'à bien y réfléchir les yaourts doivent être en première position, et les pâtes doivent être le podium également. (Désolé mais j'ai beaucoup de travail en ce moment, alors bon je pourrais causer de mes problèmes d'encodage en flv mais c'est moins grand public...).

Mardi 5

On causa récemment de mon anniversaire mais celui de F arrivait à grand pas.
Pas sûr d'avoir le temps d'acheter un cadeau demain, je vais aujourd'hui à la librairie. J'aurais souhaité lui offrir quelque chose de plus original qu'un livre, mais je n'ai absolument pas le temps. Un tour un rayon Musique, pour une bio de Janacek, et un tour au rayon jardin, pour un joli livre sur les fleurs sauvages bourré de petites infos intéressantes — ça cause aussi des insectes par exemple, et un très beau livre sur les arbres fruitiers. Evidemment, je n'ai pas réussi à être discret en arrivant et ben... il a vu que je n'arrivais pas les mains vides. M'enfin il a résisté jusqu'à 23h45 avant de découvrir les cadeaux prévus pour le lendemain.

Lundi 4

Eeeeuuuhhh... je sèche... ah non je ne sèche pas. Alors voilà...
Je croyais que c'était un bouton, un poil incarné ou un truc banal, là, en-dessous du genou. Mais non. J'ai regardé de plus près et ça ressemblait à un morpion mais c'était pas ça. Parce que c'était blanc. Parce que cétait plus gros. Parce que c'était une tique. Un monstrueux parasite était en train de pomper mon sang. Vite une pince à épiler, et hop... EJECTION. Et merde; il reste un truc sous la peau. Le dard ou je ne sais quoi. Et alors là, bon ben... j'ai fait un remake de NIP/TUCK et j'ai charcuté. Besoin de détails ?
Une grande première pour moi en tout cas après 33 ans de promenades champêtres et sylvestres.

Dimanche 3

A peine deux jours et je reprends le chemin de la capitale. Un lever à 10h, un déjeuner dehors, un emballage de pieds de tomate qu'on ne verra pas en photo car je ne retrouve pas mon cable d'appareil photo et zou, dans le train. J'embarque en effet une douzaine de pieds de tomate qui, de toute façon, aurait fini au rebut, mais qui finiront plutôt au jardin. Des green zebras, des Gregori Altaï, de la Noire de Sibérie ou de la Rose d'Yvonne. Non, la "rose d'Yvonne" n'est pas une vraie race, c'est juste que c'est la voisine a filé ces pieds là et comme tout le monde le sait elle s'appelle Yvonne et elle a des lapins, des poules et des oies. Tiens d'ailleurs hier j'ai eu l'honneur d'entrer chez elle pour lui offrir des petites photos de Rome ou de ses lapins. Elle est très croyante et ça vaut le coup de voir un poster de Jésus et un de Marie au fond de sa pièce...
M'enfin bref, le transport de tomates, donc, avec ma poignée de valise cassée, et l'importance de maintenir la valise pas trop de traviole, c'est un peu galère. M'enfin heureusement, le bus 26 va dorénavant jusqu'à Nation et je peux donc prendre la ligne 6 puis le 26 pour arriver à la maison. C'est beaucoup plus pratique ! (Prendre la ligne 4 à Montparnasse est un cauchemar pleins d'escaliers qui ruine 10 minutes, le moral et les muscles pour ceux qui n'en ont pas).
Bon, histoire de donner une petite idée du supplice que je vis lorsque je vais chez mes parents, une petite vidéo pour visiter le panorama depuis la fenêtre de ma chambre. On voit surtout l'immense glycine, mais rassurez-vous, c'est tout aussi vert derrière...

Samedi 2

Comme disait Mermoz en regardant le ciel bleu : si le temps est clément, adhère !
Et à part ça ? On comprendra en jetant un oeil aux photos ci-dessous, que je suis allé voir la voisine, et que je me suis encore une fois penché sur la faune locale. Une faune gorgée d'insectes... insectes colorés, insectes infestant les roses et même quasiment toutes les fleurs du jardin, insectes se permettant même des petits amusements à trois (mais la photo est peut-être un peu trop petite). Bon ben voilà, je reviendrai (peut-être) demain pour la suite si j'ai le temps.

Non j'ai pas le temps.

Vendredi 1er

Ménageant la chèvre et la poire en deux, j'ai conservé sous mon bras un vendredi matin travaillé pour ne partir au vert que dans l'après-midi. Dont acte.

Départ du tgv à 15h15, mais auparavant le plein de lectures. J'ai failli acheté Têtu parce que ça se veut "nouvelle formule" mais en le feuilletant j'ai pas vu la différence et je l'ai reposé. J'ai failli acheté "Pref" mais en le feuilletant j'ai pensé des trucs que je ne répéterai pas ici et je l'ai reposé. J'ai failli acheté "FHM" parce que le jeu "Prince of Persia : les deux royaumes" est offert avec mais vous me voyez, moi, acheter FHM dans une gare ? Je l'ai pas reposé parce que je l'avais même pas pris. Alors j'ai acheté :
- le dernier hors-série de Fluide Glacial puisque R.K. y a glissé sa plume,
- le dernier numéro d'Images, parce que c'est toujours plein de belles photos e
- le roman "Fascination du pire" de Florian Zeller. Et pourquoi Florian Zeller ? Et pourquoi pas. J'avais juste aperçu le nom du romancier ici ou la là sur quelques pages print ou web, mais j'ignorais si l'écriture du jeune homme allait me plaire ou non. Qu'importe, je n'ai même pas pris le temps de survoler la quatrième de couv et j'ai acheté l'ouvrage en poche. 5,90 euros y avait pas mort d'homme ni de banquier si l'ouvrage ne me plaisait pas. Et alors ? Alors ça se lit sans problème, mais après 50 pages je n'ai pas eu sous les yeux de quoi grimper au plafond. J'attends le point final pour émettre un avis ferme, mais je trouve que l'on est trop proche du style narratif d'un blog (je raconte ma life et je glisse des explications pour instruire mon lecteur putativement peu instruit sur l'Égypte, quitte à écrire qu'Abou Simbel se trouve à Assouan*).
Bref bref. La lecture des magazines et même du roman ne méritant pas une concentration ferme, j'ai également glissé dans mes oreilles des bien-nommées oreillettes. L'occasion d'écouter plus attentivement, entre deux pages sur papier glacé ou recyclé**, la douce Feist - et de découvrir un titre comme "The Limit to Your Love" qui m'avait échappé en coupant les tomates (ça c'est pour ceux qui suivent) - ou les dodelinants Herman Düne - pour qui l'épithète "dodelinant" est à mon sens le plus adapté.

Évidemment, mon voyage a été entrecoupé d'un mini-roupillon et de quelques clichés. Mes premières photos d'éoliennes : c'est pas chouette ça ? (Bon le TGV allait très vitre à ce moment-là, donc pour le cadrage, j'ai fait du mieux que j'ai pute). Seulement voilà, c'est bien joli toutes ces blablateries, mais je dois quand même raconter qu'un homme brûlé était à quelques places de moi dans le TGV. C'était absolument terrible. Affreux. Il y a une femme dans ma ville de naissance, défigurée à cause d'un problème similaire, donc je suis "habitué" mais là j'étais face à quelqu'un qui avait dû souffrir beaucoup beaucoup plus. J'épargne les détails mais quand je pense à la souffrance physique et morale de cette personne, je me demande s'il y a pire comme situation. Si l'enfer existe, il doit ressembler à la vie de cet homme.

M'enfin je continue quand même à raconter cet après-midi, hein ? Oui bon allez je fais vite... donc voilà après je suis arrivé chez mes parents, j'ai offert mes petits cadeaux culinaires et j'ai eu en retour deux livres : un roman d'Arnaud Cathrine et un bouquin intitulé "la pratique du réflex numérique". Oui, j'ai un bridge, mais d'abord de nombreuses fonctionnalités sont communes et ensuite on ne sait jamais, dans quelques moi, pourquoi pas... un p'tit reflex ?

* ils n'ont même pas oser corriger cette connerie pour l'édition en poche ?

** c'est du papier recyclé ce livre de poche, non ?