Samedi 28

J'avais veillé la veille, afin de relever les manches et d'avancer sur l'affiche sur prochain concert de l'orchestre. Il fallait du baroque, F aurait voulu des anges, j'espérais un aspect musical ou festif... et je trouvai mon bonheur dans mon illustrothèque.
Bref, j'avais veillé la veille et je me tirai du lit assez tardivement, à mon grand regret. En effet les températures d'hier et surtout le soleil radieux qui les accompagnait étaient de bonne augure car tout ce beau monde pointa le bout de son doux nez en ce samedi... bien plus tôt que moi.

Une telle lumière plut même à mon appareil photo qui fit quasiment tout ce que je voulus le matin autour de la maison...

... puis l'après-midi à Saintes. Un après-midi avec une bonne surprise dont je parle ailleurs...

Et enfin, avant l'arrivée de la famille, chez les voisins, pour une échelle ou un bonjour :

Je disais quoi hier, sans vergogne, sur le déréglement climatique ?

Vendredi 27

Les tempêtes récurrentes auraient fini par causer quelques dommages à force d'engouffrer leurs rafales dans les branches du marronnier, bien que celles-ci fussent retenues par une glycine pliant mais ne rompant pas. Le marronnier, au pied duquel les souvenirs s'étaient accumulés, fut donc sacrément étêté, dévoilant un coeur affaibli et un horizon plus dégagé.

Car, certes, me voilà chez mes parents, après une courte matinée de labeur, un évident trajet en train dont une partie en TER à tenter de photographier le paysage, un peu (un peu trop ?) de presse à lire ou à regarder et une merveilleuse sensation de bien-être lorsqu'à Angoulême je fus surpris par la température si printannière. Le dérèglement climatique, il me plait bien lors des week-ends campagnards... (huées)

Jeudi 26

Il suffisait de presque rien : cinq minutes, peut-être dix, pas plus de quinze. Le sommeil me gagnait, je venais d'avaler une soupe et des vapeurs aux crevettes après une journée bien remplie. Je me suis allongé au milieu de divers objets posés sur mon lit, j'ai mis le réveil à parler 15 minutes plus tard... Plongeon rapide, sieste courte mais efficace. J'étais reparti pour une deuxième journée, voire tellement en forme que j'aurais presque pu me taper deux rations de sushis chez Koba.
Il suffisait de presque rien, peut-être dix années de moins...

Mercredi 25

Surtout, de bon matin, appeler. Parce que la veille, j'avais repoussé à plus tard un coup de fil, puis repoussé à plus tard, puis repoussé à plus tard, pour, vers 22h, réaliser qu'il était trop tard.
De bon matin, tout est relatif car il était 10h, appeler Maria, entendre un "grazie del pensiero" et demander combien pesait le gâteau qu'elle avait fait la mienne. 9 kilos. 9 kilos ? Ce ne serait pas surprenant... Pfff rien que d'y penser j'ai les poignées d'amour qui pointent. Allez ! Au cloub !

Mardi 24

Mon vrai faux blog de photos sur photoblog ne me convenait pas et ça ne pouvait plus durer. Mon début de blabla sur François Rousseau samedi a tout déclenché... alors voilà : Un oeil ailleurs, maintenant, c'est aussi un blog... Parce que j'avais envie de me creuser un peu la tête sur la photo en général, de découvrir et d'apprendre, de faire la critique de mon "travail" photographique, de réfléchir à haute-voix sur mes envies et mes projets. En gros : de mettre le doigt sur mon oeil.
Reste à peaufiner un peu la mise en page, mais on verra dans quelques temps : une affiche et le site d'un certain peintre m'attendent...

Lundi 23

Oh ben, y a du nouveau côté photos... mais ce n'est pas encore fini...

Dimanche 22

Le choix des films au ciné, pour moi, est assez simple : le pifomètre. Un acteur ou un titre ou une affiche ou une bande-annonce pas trop longue, un peu de feeling et j'ai envie d'y aller. Je ne lis alors aucune critique et j'arrive le plus vierge possible de tout préjugé, avec sur l'écran, forcément, une surprise. Bonne ou mauvaise.
La bande-annonce de Tony Manero m'avait interpelé. Un type à l'air pataud se prenant pour le Travolta de la Fièvre du Samedi Soir sur une image grisâtre et vieillie, voilà qui allait peut-être me plaire... (Et c'est là que ceux qui ne veulent pas en savoir plus ne doivent pas en lire plus et passer au saut de ligne un peu plus bas)
... me plaire donc... oui... parce que j'imaginais une comédie. Pas du pouët-pouët, mais l'amusant portrait d'un gars un peu loser, une moquerie surtout pas condescendante, mais plutôt gentille et touchante quoi, sur un fond seventies chilien. Et alors ?
Et alors pas du tout. Ce film a été une grande claque qui m'a réellement mis mal à l'aise dès le moment où l'on comprend que l'on n'est pas du tout face à un mec cool qui sauve les petites vieilles et qui rêve vainement d'un quart d'heure de gloire à la téloche. Non : ce type est tout simplement un gros psychopathe, prêt à TOUT pour ce même quart d'heure de gloriole pailletée. En ajoutant par là-dessus la répression de la dictature Pinochet et la sexualité pathétique des personnages qui les traîne dans des désirs boueux, j'ai été face à un moment de cinéma qui me marquera je pense assez longtemps.

Ce qui n'a pas été facile non plus pendant le film, ça a été le sentiment que la première bouchée de ravioli vapeur (avalée un peu plus tôt) avait été de trop : j'avais ensuite recraché la deuxième, reniflé le ravioli et trouvé que, oui, vraiment, ça puait la vieille poubelle. Peut-être une demi-heure après le début, une légère nausée et quelques sueurs froides m'ont un peu troublé et je suis ressorti du ciné un peu pâteux.

PS. Vraiment j'aurais dû écrire au passé simple dans les paragraphes qui précède parce que le passé composé c'est plutôt moche à lire.

PPS. Ca y est j'ai ramené mes trois petits meubles et mes étagères noires dans ma chambre. Comme je ne suis pas rancunier je n'en veux à personne d'avoir passablement ignoré mon besoin de coup de main. Bande de pourris ! Vous brûlerez en enfer !

PPPS. C'est con j'ai pas pris en photo les jolis crocus que Natt m'a offerts.

Message perso : je ramène un petit bocal de foie gras pour vendredi soir.

Samedi 21

Etonnement, indifférence, exaspération, questionnement, ébahissement, surprise, lassitude... Les expositions photographiques présentées actuellement à la Maison Européenne de la Photo m'ont fait passer par différentes phases, du carrément négatif au plutôt positif. J'aimerais énormément parler de tout ce que j'ai vu (Combas, d'insipides cieux en noir-et-blanc, une vidéo de toupies, les modèles de François Rousseau...), mais je risquerais d'y passer du temps. En fait je crois que j'aimerais surtout parler de François Rousseau, son esthétique caramélisée, son éblouissante technique, son amour des corps... et le bonheur ressenti quand il laisse poindre un certain malaise - ici un crâne probablement percé d'une balle - au milieu de toute cette beauté trop évidente et de toute cette perfection érotique qui manque, pour moi, d'un peu d'émotion.

Mais l'émotion du jour, ce fut surtout... chez le coiffeur. Ca m'a coûté 24 euros (pffff) mais ça valait quand même le coup pour un merveilleux massage du crâne et un coiffeur qui coupe tellement bien les cheveux que je l'ai regardé faire avec une véritable fascination. Mélange de force et de légèreté, ses gestes rapides et précis frôlant mon crâne m'ont fait pensé à Edward aux mains d'argent... Le lyrisme peut parfois se cacher là où on ne l'attend pas.

Ce que je n'attendais pas non plus, du moins pas avant un SMS tardif hier, c'était de voir Mich. Il était sur Paris, et il m'avait fait l'agréable surprise de me proposer que l'on se voie... ce que l'on a fait puisque il m'a accompagné à la M.E.P. et là vous allez trouver que je raconte tout dans le désordre puisque de surcroît le coiffeur c'était avant la M.E.P.

Et après ? Natt, Anne, clichés, pas de Bubu, Anne nous abandonne, resto cubain fermé, resto italien médiocre, despé au Duplex parmi la foule, tiens bonjour l'amnésique, soda au cola rue Nicolas Flamel, 45 minutes avant de trouver un taxi pour Natt, bonne nuit.

Vendredi 20

Elle m'a dit "Vous entrez dans une des deux pièces, vous vous mettez torse nu et vous attendez". Je suis entré dans celle de gauche, je me suis mis torse nu, et j'ai attendu... Un peu de bruit tout de même pour signaler ma présence... Le médecin avait peut-être un truc à faire entre deux patients, après tout... J'ai quand même fini par toussoter.
"Ah mais y a quelqu'un qui attend ?" a dit le médecin en ouvrant a porte de l'autre cabine. J'ai ouvert la porte, elle a bafouillé une phrase que je n'ai pas comprise, j'ai bafouillé autre chose en retour sans même dire bonjour, troublé par la situation incongrue, et elle a enchaîné sur les irrémédiables questions et examens. Poids stable, tension de jeune homme, pouls d'un mec qui a toujours eu le coeur battant. "Parfait" ajouta-t-elle en retirant son stéthoscope. C'est une fois assis, tandis qu'elle griffonnait un "apte" sur son papier jaune qu'elle m'a dit que j'avais bien de toussoter et que je lui ai expliqué que... ben... on m'avait dit d'attendre et qu'effectivement j'imaginai que le toussottement allait la faire réagir.
"Non mais faut me prévenir quand y a quelqu'un dans qui attend !", ai-je entendu à peine rentré dans la cabine. La secrétaire médicale venait, elle, de se voir coller un "inapte" sur le front. L'image de mon cadavre retrouvé dans la cabine des mois plus tard m'amusa.

Quelques heures, plus tard, c'est d'ennui que j'ai cru mourir... "35 Rhums" de Claire Denis, son rythme lent, ses silences... j'ai frisé la sieste de fin de journée. Il y avait pourtant un bel humanisme dans tout ça, beaucoup de pudeur et de simplicité, mais peut-être n'était-ce pas idéal pour un vendredi soir. Et puis, une scène. Une femme comptant ses biftons dans un coin de son troquet : une lumière, des couleurs, le regard plein de désir du personnage principal, lumineuse beauté qui fait basculer le film dans les émois amoureux des quatre protagonistes.
La construction lente donne tout son sens au film, donc si vous me demandez mon avis, je vous dirai : "C'est chiant. Oui, au début c'est chiant mais...". Et puis demandez son avis à E, il vous en dira le plus grand bien, ne serait-ce que pour le piqué de coton.

Note à moi-même : Penser à placer le proverbe "Deux avis valent mieux qu'un" un peu plus souvent.

Jeudi 19

J'ai beau être un acharné du courrier électronique, le courrier papier a longtemps était mon plaisir favori. J'écrivais des pages et des pages, j'aimais en recevoir autant et j'aimais tellement ça que j'ai tout conservé. J'aimais tellement ça que, comme dit récemment, j'aimerais reprendre cette activité. Ah oui je crois que je radote carrément... Bref...
Aujourd'hui, j'ai reçu une enveloppe. Un court instant, j'ai pensé à de la pub, mais l'étrange volume du pli a écourté l'instant. Non, la marque aposée sur l'enveloppe n'était là que dans un but amusant et/ou pour rappeler mon goût pour le champagne (le bon, ai-je besoin de le préciser ?) et/ou parce que l'expéditeur n'avait plus d'enveloppe et/ou . Aimant faire durer le suspense, faute du nom de l'expéditeur marcelgriffonné au dos, j'ai tenté de déchiffrer le code postal sur l'oblitération. 15ème ! EC !
Bingo !
En retour de ma compil expédiée au fan-club des syndicalistes-CGIstes, j'ai donc reçu des graines, deux notes au luxueux logo et une charmante lettre. Je ferai donc honneur à mon correspondant (dans le poulailler) en semant la coriandre (et Rieu) sur mon balcon plein de pollution et en cherchant un terrain Sheiladéquat pour les potimatirons (deviendra grand).

Mercredi 18

Je faisais la queue à la boulangerie quand je fus amusé d'entendre "Laisse tomber les filles" de France Gall en fond sonore. Je me demandais quelle radio pouvait passer ça : peut-être Nostalgie ? Une pizza, une part de tarte aux pommes, quatre euros trente merci au revoir bonne journée. En arrivant sur le trottoir, étrange : j'entendais encore la musique avec le même volume sonore. Oups ça venait de mon téléphone portable. Non non tout va bien je n'ai toujours pas honte.

Mardi 17

J'étais ailleurs. La tête vaguement entre la lune et les nuages. J'ai jeté nonchalament ma serviette sur le siège de la machine 23 pour me dégripper un peu les cuisses.
Splatch !
Meeeeerde ! Je tenais ma bouteille d'eau de la même main que la serviette et son bouchon dans l'autre main. Je venais donc d'asperger d'une bonne vingtaine de décilitres de flotte le siège de la machine 23, une flotte qui sous la double loi de l'attraction terrestre et de l'emmerdement maximum s'est écoulé sous la machine, sur les rouages...
"Alors, pas bien réveillé ?" m'a dit en souriant le type à côté du dévidoir à paper absorbant.

PS. Allez... Ne me dites pas que vous n'avez pas deviné qui se cachait derrière le pseudo Minette Champagne. Non ce n'était pas Queen Mumm, parce qu'il ne met pas de perruque rouge (déjà qu'il roule du biiip dans ses chaussures jaunes !), mais justement le matin même de ce lundi je l'avais croisé et d'ailleurs j'aurais pu retranscrire notre dialogue ici ou ailleurs parce qu'il m'avait fait beaucoup rire :
Moi : Salut ça va ?
Lui : Non ça ne va pas, tu es allé voir le fil
"L'Autre" sans moi.
Moi : Ah oui mais bon tu n'es pas le premier à me le reprocher.
Lui : Ben t'as qu'à prendre un car !
(Bon évidemment il manque l'intonation et les mouvements de bras)

Lundi 16

Cette soirée allait être normale : je m'apprêtais à entrer dans le club de sport, à en revenir fatigué pour manger une soupe achetée furtivement au sioupermarquette. Soudain, inopiné, un coup de fil : on me proposait de se retrouver avenue de l'opéra. Environ deux heures plus tard, j'étais avenue de l'Opéra, et elle était là : Minette Champagne ! Cette ex grande star du strip-tease qui a fait tourné les têtes du Crazy Horse était là, accompagnée de Fr... Comme elle revenait d'une tournée au Japon, elle voulut aller chez Koba, où l'on s'empiffra d'un spécial Koba qui aurait nourri dix sumos. Evidemment j'aurais aimé un peu de discrétion, vous me connaissez... Mais avec sa perruque rouge, on l'aurait reconnue entre mille, Minette Champagne, et la foule s'agglutinait aux fenêtres pour la regarder. Et pourtant il y avait de la concurrence niveau star : y avait aussi Ariane du club Dorothée.

Voilà c'était une soirée mémorable, surtout quand, installé à une terrase pour un dernier verre à Palais Royal, on entendit de la bouche de Minette Champagne, à la vue de nos reflets dans la vitre : "ben voilà : Popeye, l'inspecteur Gadget et une pute".
... fou rire...

Dimanche 15

Nous avions rendez-vous à 13h30, mais lorsque j'ai jeté un oeil aux horaires de bus, j'ai compris qu'à cette heure-ci je serais à peine revenu de Champigny après mon brunch au fromage. J'ai donc décalé le rendez-vous de 45 minutes, et avec un peu de retard dû aux horaires de métro un peu light le dimanche, je suis arrivé à 14h20.
Mais ce que je craignais eut lieu : la queue. Un monde relativement fou qui ne me donnait pas envie de visiter l'expo David LaChapelle maintenant. Un dimanche matin à l'ouverture serait sûrement plus agréable.
Direction donc une terrasse point ensoleillée mais une terrasse quand même pour un café et quelques avis échangés sur les dernières expos, les derniers films. Une longue balade ensuite jusqu'à Bastille : au moins j'aurais profité du ciel bleu...

Quelques heures plus tard, une conversation a priori banale ("Salut ça va ? - Oui je sors boire un verre je déprime - Tout seul ? - Tu veux m'accompagner ?") me poussa à nouveau dehors. Je retrouvai donc S en bas de chez lui pour un verre au Duplex à parler barbes, fachos ou myopie... les trois pouvant parfois cohabiter (si l'on n'ajoute pas d'accent grave à "barbes"), suivons notre regard du côté de notre connaissance commune qu'on surnommera Klaus Barbiche.

Samedi 14

Après le plaisir récent d'avoir lu le petit roman "La piscine" de Yôko Ogawa, j'ai ouvert ce samedi "Les abeilles". Et j'aurais bien pu ne pas le refermer après en avoir commencé la lecture tellement je fus absorbé par ce récit, encore une fois court (76 pages) et envoûtant. L'auteur laisse encore la part belle à une fascination des corps et des esprits, qu'ils soient beaux ou tordus. Cette fois, on est plongé dans une ambiance d'inquiétude et de questionnements... avec l'étrange présence d'un directeur de résidence universitaire n'ayant qu'une jambe et pas de bras. A l'heure où j'écris ces lignes, j'ai déjà terminé la lecture de ce petit bijou, lecture entrecoupée par une séance de sport, quelques correspondances et une soirée à Champigny-les-bains.

La soirée en question fut l'occasion d'une petite séance ciné plutôt sympathique avec "Slumdog Millionnaire", un film avec un joli traitement photographique qu'on résumera en "T'es né avec la mouise, te plains pas tu vas gagner 20 millions de roupies". Roupipip hourra !
(Vous noterez avec perspicacité que je ne saute pas au plafond non plus)

Vendredi 13

Quand on s'intéresse à l'Art nouveau on doit avoir lu "A rebours" de Huysmans écrit en 1884, parce que inspiration, parce que anti-conformisme, parce que anti-classicisme.
J'ai donc commencé à lire "A rebours". Ben... c'est chiant.

Bon allez, j'argumenterai plus longuement demain... ou une autre fois si je tente de m'y replonger.

Jeudi 12

De retour chez moi, je découvre que mes deux hôtes ont d'abord semblé "très sympas !" d'après mes colocataires, mais en plus il m'ont laissé deux petits cadeaux sur la table de ma chambre : des chocolats et du jus de fruit en remplacement de celui au sujet duquel j'avais dit en ouvrant le frigo "ce jus de fruit est à moi, vous pouvez en boire".
Ce samedi matin, en jetant un oeil au jus de fruit qui n'avait pas bougé d'un pouce j'ai réalisé que le jus de fruit en question - du smoothie - devait être conservé au frigo. Dessus, c'est marqué "Innocent".
Considérant (en un seul mot) qu'il est resté à une vingtaine de degrés pendant une soixantaine d'heures, ce jus de fruit frais pas au frais n'a probablement engendré depuis son achat qu'un simple phénomène de fermentation absolument pas nocif, mais accéléré par ce stockage à une température trop élevée. Mon esprit peu téméraire aurait tendance àme pousser à l'envoyer directo dans les toilettes sans passer par mon système digestif et urinaire mais néanmoins... je vais tenter l'expérience.
Rendez-vous dans les prochains jours pour vous parler de diarrhée.

(Non il parait que ça ne rend pas malade, mais je crois qu'en presque 6 ans de journal je n'avais jamais écrit le mot diarrhée)

Mercredi 11

Loger les deux bassonistes dont je parlais hier m'aura au moins permis de ne pas rester cloîtré chez moi et d'aller rendre visite à des amis. J'avais en fait l'embarras du choix, les propositions de couchage venant aussi bien du 15ème que d'outre-périph. Mias c'est le logement le plus proche de mon boulot que j'ai choisis, permettant de surcroît de revoir A&P et de parler sérieusement du site web de P en mangeant des pizzas, bien que P soit allé chercher des pizzas au mauvais endroit car A préfère les pizzas de chez l'autre mais si enfin là-bas !
Bon la prochaine fois je prendrai une photo, ça égayera un peu ce morne journal où je n'ai rien à dire. En plus la petite avait la varicelle, vous auriez pu croire que j'étais allé voir une expo de cette japonaise folle de pois dont j'ai oublié le nom et ne me demandais pas d'aller chercher, j'ai la flemme.

Mardi 10

C'est bien agréable de rendre service, et puis, de surcroît, après tout, au final, en y réfléchissant, ça fera du bonus au purgatoire. M'enfin parfois, c'est quand même un peu agaçant de poiroter... d'autant plus agaçant quand, une fois celui que vous allez héberger arrive, il vous apprend qu'il est en retard pour une stupide histoire de billet de train et qu'il n'a même pas daigné vous prévenir qu'il n'avait pas pris le train prévu mais un autre 45 minutes plus tard.
Et en plus ils sont deux.
J'aime les gens. Oui oui j'aime les gens.

Lundi 09

- Encore ?
- Ben oui encore !
- La cinquième fois en huit jours ?
- Ben oui...
- Mais tu vas ressembler à Hulk à la fin !
- Non, Hulk est vert et il se transforme en 15 secondes.
- Et toi il te faudra bien 15 ans non...
- Au moins ! Pourtant en ce moment c'est insupportable d'y aller, y a un monde fou, le vestiaire est une vraie ruche.
- Mais dans une ruche il n'y a qu'une seule reine, non ?
- Tu m'étonnes, j'ai une fichue concurrence.

Dimanche 08

Et voilà que l'on annula encore. On ne fait pas toujours ce qu'on veut. Au lieu d'un trio expo-resto-kino avec Agla, ce fut donc un trio soldes-pizza-vampires.
Soldes parce que je pensais être raisonnable et me limiter à cette paire de chaussettes Ted Baker, mais j'ai bêtement et inexorablement craqué pour les 70% proposés sur une longue veste à rayures d'une classe aussi folle que mon idée de l'avoir achetée, et puis je suis allé m'acheter une petite paire de chaussures supplémentaires Fred P dans cette boutique extrêmement dangereuse pour mes nerfs car toute proche de chez moi et vendant du Fred P et du Ben S. Je suis irrécupérable, faut me marabouter, mes mettre des claques, je ne sais pas... C'est pas comme ça que je vais me payer mes vacances.
Pizza parce que J voulait contenter son appétit d'ogre et que j'étais prêt à vivre une expérience hors du commun : aller chez Pizza Houte pour étudier la nourriture nord-américaine. Je vais devoir me fouetter à l'origan baigné dans l'huile d'olive pendant 5 jours et 5 nuits pour me laver de ce pêché.
Vampires parce qu'à 21h50 J a dit : "Oh mais on pourrait aller voir ton* film !". J'ai donc enfin vu "Les Prédateurs" sur grand écran car je l'avais déjà vu deux ou trois fois à l'époque antique des cassettes vidéos. 1983, Deneuve, Bowie, Sarandon et toute une image vraiment teintée de ce début des années 80 : Ah Bauhaus ! Ah le chignon et les épaulettes de Deneuve ! Ah la coupe lesbo-punko-chic et l'imper métallisé de Sarandon ! Tiens faudrait que je retourne le voir pour vous en parler plus longuement en revenant sur la scène de ralenti avec envolée de mèche, les voilages et les colombes... (Et le pire, c'est que je suis capable d'y retourner)

* qui n'est pas le mien mais celui que je devais aller voir avec Agla et dont justement nous avions parlé la veille.

Samedi 07

Je n'ai rien contre Jane Birkin mais je préfère quand même le 3ème mouvement sans sa voix par-dessus, me suis-je dit au moment de rédiger cette journée qui coïncidait avec le début de mon écoute de la 3ème de Brahms.


Kurt Masur & New York Philharmonic Orchestra
!

(Et là j'arrive à la partie de cor, oh la la j'adore le cor je vous l'ai jamais dit ?)

Bref... alors en fait à cause de Brahms je n'ai pas commencé ce journal comme prévu... Je recommence...

Chez Noyaux & Rafinement, on a tout vu : des bocaux d'olive, des fruits à la moutarde qui arrachent la tronche, un vernissage, plein de blogueurs, des homosexuels, une Agla, un dissolvant, des hétérosexuels, les fesses d'Alessandro, un épicier dansant, des enfants, des vitrines finies qui ne semblent pas finies, son ex qui n'est vraiment pas souriant, des grosse nouilles, Thierry Lhermitte, des EMO passant devant la vitrine le samedi, etc. A présent on peut y voir... suspense... des tables, une vitrine réfrigérée, une trancheuse à trancher, un tablier sur l'épicière, un petit évier, une machine à café, etc. On peut donc y... y... y quoi ?... y... manger. Ok personne ne veut jouer. Bref. On peut donc y manger à midi ou plus tard : y aura bien un touriste américain qui voudra son assiette de formaggio à 16h15 avec un cappucino.
J'ai donc testé pour vous l'assiette mixte du 36 rue K et toutes ces saveeeeuuurs de fromââââge et de charcuteriiiiies c'est diviiiiin. Non sérieux j'ai l'air de déconner mais c'est super bon. Ce qui signifie évidemment que je vous conseille d'y aller... C'est pas là...

Ce déjeuner était aussi l'occasion de voir Mme Dijon et de préciser les besoins en expo et finalement y aura pas vraiment de nouvelle expo photos mais presque.

Et vous imaginez qu'après un verre de vin rouge italien et une assiette anti-régime je suis allé à la salle de sport ? Vous imaginez ? Et à pied au pas de course en plus ! Et sous la neige en plus ! Et pour la quatrième fois de la semaine en plus ! De toute ma vie ça ne m'était jamais arrivé je crois, même lorsque je travaillais pas du tout pour gagner moins et que donc j'avais du temps libre. Attention, ça rigole plus les filles, ça va être le journal de l'Albâtre bientôt...

Vendredi 06

Anne-Marie aime probablement encore Alex. Mais elle le quitte. Incompatibilité de vie, d'avenir. Ils se fréquentent encore, se voient au centre commercial, lieu à mille lieues d'un quelconque romantisme. Mais lui vient à en aimer une autre : l'Autre. Cette Autre qui donne son titre au film et dont l'existence devient insupportable aux yeux d'Anne-Marie.
L'Autre. Un film à la tension telle que j'en suis ressorti grogui, marchant d'un pas lent jusqu'à chez moi. Un film à la tension telle que deux scènes où la folie d'Anne-Marie ont engendré un fou rire (communicatif) pour certains spectateurs. Un film à la beauté visuelle et sonore saisissante : un montage parfait, une mise en scène parfois étonnante, une photo surtout splendide... et une actrice admirable : Dominique Blanc (qui, comme me l'a fait remarquer mon colocataire, ressemble à Bette Davis). Un film au scénario si léger, se basant presque uniquement sur la psychologie d'Anne-Mari, et nous sortant le grand jeu stylistique pourrait virer à l'insupportable, à l'ampoulé, à l'envie de vomir. Mais il m'a subjugué.

(En plus il y a Helena Noguerra qui chante...)

Jeudi 05

Suite à un coup de téléphone (que j'aurais dû passer depuis longtemps pour prendre des nouvelles de mon expo photo dijonnaise) me voici qui me lance dans un nouveau projet d'exposition. Rien n'est encore fait, pour l'instant je viens de faire un peu de tri pour l'idée que j'ai en tête, et parmi les 60 photos pré-sélectionnées peut-être trouvera-t-on notre bonheur. Je mets un peu la charrue avant les boeufs, peut-être que le projet ne se fera pas, mais ç'aura été au moins l'occasion de jeter un oeil sur quelques souvenirs relativement récents. L'autre bonne nouvelle, c'est la vente de trois photographies. Et, cette fois-ci, contrairement aux photos vendues à Paris, à des personnes que je connais pas. Et vous savez quoi ? Ben ça fait plaisir. Ben ouais. Etre aimé par mes amis aussi, hein, qu'on ne se méprenne pas !

Et comme un projet n'arrive jamais seul... ben... je viens de commencer un nouveau blog. Oh mais juste un tout petit blog de rien du tout... un blog de souvenirs d'enfance. Mais comme je suis un petit cachotier, j'attendrai la dixième note avant de dévoiler l'adresse de ce blog. Na !

Note à moi-même. Me taper sur les doigts pour arrêter tout de suite ce nouveau blog et commencer, continuer ou finaliser le site du Cercle Guimard, le site de smiling O, le site de Philippe K, l'affiche du prochain concert de l'OSC, le site de Ralf König, l'envoi de ma compil, la rédaction de mon journal londonien, mon vrai blog de photos à la place du faux, mon déménagement*, le tri dans mes vieilles fringues, le tri dans mes magazines, et mettre enfin un coup de pied à cet horizon de procrastination.

* Je cherche deux ou trois paires de bras le 15 ou le 22 février c'est selon... Y a presque rien à trimballer n'ayez pas peur.

Le conseil du jour : ne pas touiller des pâtes avec les doigts avant de les manger en surfant, sinon ça me de l'huile sur la molette de la souris et la molette ne fonctionne plus. En même temps il était 19h15, ma journée de boulot venait juste de se terminer et je crois que je n'ai pas réfléchi à mon acte de touillage suivi d'un non-essuyage de main complètement inconscient.

(Pinèz y a un de ces souk dans ce journal aujourd'hui)

Mercredi 04

Nous avions en commun des moments : un dîner au Zango pour lequel je me rappelais même le goût médiocre du vin, une longue promenade depuis le Marais jusqu'à la rue de Javel, quelques instants passés lorsque ce journal était en jachère, il y a presque cinq ans. Je pourrais même être plus précis sur les dates, quelques photographies faisant foi.
Quand son visage est apparu sur l'écran, l'autre jour, je l'ai salué. Il ne se souvenait pas de moi. Rien. Ni le resto, ni la promenade, ni rien. Il voulait se rafraîchir la mémoire en me voyant en trois dimensions. Dont acte. Ce soir. Dans un bar de son quartier.
Rien. Toujours rien. J'étais un oubli. Même pas un être flou, même pas un spectre aux formes approximatives s'extrayant avec difficultés des souvenirs accumulés. Rien. Quelle étrange sensation, qui me fait penser à cette citation de Céline :

Les vivants qu'on égare dans les cryptes du temps dorment si bien avec les morts qu'une même tombe les confond déjà.

Ce soir, j'ai pris pleine possession du sens de cette phrase : j'étais moi-même un de ces égarés.

Mardi 03

Parmi les petits plaisirs éparpillés au fil des pages de la correspondance de Lalique, il en est un qui dépasse tous les autres, à supposer qu'il ne soit pas tout seul si l'on a l'honnêteté de reconnaître que c'est plus une lecture intéressante que plaisante. Bref, l'un des petits plaisirs, ce sont les formules qui terminent les lettres, surtout celles reçues par Lalique, quelques-uns de ses amis ayant l'épistole légère. Je n'en suis qu'au printemps 1894, et pour l'instant c'est le peintre Michel Zamacoïs qui remporte la palme avec un "je vous les brise avec compliments".
Enfin bon je précise qu'il changeait à chaque fois de formule pour lui dire qu'il lui serrait la main très fortement... Non ? Ca ne vous fait toujours pas rire ? Mmmmm je crois que ça n'amuse que moi... ça doit être mon côté Almanach Vermot.

Lundi 02

Seigneur, bénissez celui qui a inventé les "Tortina" de chez Monoprix Gourmet ces délicieuses petite gaufrettes au chocolat au lait et aux noisettes qui vous font oublier égoïstement, à l'instant où vous les mettez en bouche, que votre capital carbone a pris un malus à cause de leur emballage individuel. Le deuxième problème c'est que leur nom me fait penser à Georgina Dufoix (c'est la dernière fois...).

Exercice 1 : Un comique de répétition relatif à un jour du mois dernier se cache dans ce paragraphe. Sauras-tu le retrouver ?

Dimanche 01

J'ai tout fait pour ne pas être en retard : je me doutais qu'au froid qu'il faisait OP me détesterait un peu plus à chaque seconde qui s'écoulerait. J'ai eu cinq minutes de retard à cause d'un horaire de bus erroné : c'est tellement plus facile de mettre son retard sur le dos de la RATP.
Quand je suis arrivé, OP était donc juste frigorifié à faire les 100 pas devant la Conciergerie. A l'intérieur, c'était gratuit et il faisait nettement moins froid. Nous n'avions pas rendez-vous pour se rappeler la mémoire de Marie-Antoinette et des condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire, mais pour voir l'exposition sur les expositions, qu'elles fussent internationales entre les deux guerres voire universelles de 1855 à 1900. Evidemment celle qui nous intéressait le plus était celle qui eut lieu en 1900, intérêt pour l'Art nouveau oblige... A l'issue de l'expo, je n'avais pas appris grand chose sur cette édition, beaucoup plus sur les autres. J'avais tout de même appris que j'avais comme compagnon de visite quelqu'un bourré de connaissances sur l'Art nouveau... Alors OP, à quand ce blog ?