Mardi Trente-et-un

Je n'ai jamais été aussi impatient devant un générique de fin. Je voulais savoir le plus rapidement possible quel était ce morceau qu'on entendait à la fin et qui m'avait tant ému.
Du Debussy.
Peut-être était-ce aussi la scène en question qui m'avait ému, en particulier le dernier plan, juste quelques secondes simplement belles. Le film en entier peut-être aussi m'avait ému, tout simplement, non ? Oui, d'une manière moindre évidente que la dernière scène, mais oui.
Le film ? Tokyo Sonata. Qu'est-ce-que vous voulez que je dise de plus ? Courez-y. Ne serait-ce que pour le dernier plan.

Lundi Trente

- Alors ? Ca bosse ?
- Oui, ça bosse. D'ailleurs je suis parti à 23h du boulot aujourd'hui.
- Hein ? Mais enfin tu es fou !
- Oui enfin bon en vérité à 18h j'ai commencé à plancher sur le site du Cercle Guimard, et... j'ai pas pu m'arrêter.
- Aaaahh ça prend tournure !?
- Tournuuuure et tout bronzéééé. On est bieeeeen, on est bôôô quand revient l'ééétéééééé.
- 'Tain t'a bouffé du Carlos à midi ?
- Nan, j'ai mangé du poulet.

Dimanche Vingt-neuf

Je ne connaissais pas le musée Bourdelle ; il devait y aller.
Je connaissais à peine l'artiste ; il n'y allait pas pour ça.
J'ai découvert le musée Bourdelle, un peu mieux l'artiste. Il faisait beau. C'était donc encore plus agréable de profiter du jardin et de la lumière baignant les salles modernes ou l'atelier du sculpteur. C'était d'autant plus agréable de faire des photographies. Ai-je le droit d'en glisser quelques-unes ici ? Le musée est gratuit, mais ce n'est peut-être pas une bonne raison.

Et à part ça ? A part ça j'ai terminé Six Feet Under. Je n'ai pas regardé avec attention la dernière saison, vaquant à d'autres occupations en même temps, je suis donc un peu passé à côté du fond et de l'évolution des personnages pour me limiter à l'intrigue. C'est un peu dommage, je le conçois, mais en plus on a perdu une heure non vraiment c'est pas le moment.

Message perso pour Finc et Natt : j'ai mangé des muffins au thé vert.

Samedi Vingt-huit

Les samedis se suivent et se ressemblent. Même si cette fois le train pour la Normandie était un peu plus tard et que nous nous sommes arrêtés à Rouen.
Rouen parce qu'il y a en ce moment l'exposition "Le Japon illustré". L'occasion de découvrir par la même occasion un très beau musée des Beaux Arts avec une très agréable mise en valeur des oeuvres et, entre autres, un Caravage.
Rouen parce qu'il y a en ce moment une installation de Dominique Petitgand au FRAC et qu'on aurait pu rencontrer l'artiste si on ne s'était pas un peu égarés.
Au milieu de tout ça, un peu de pluie, un agréable déjeuner avec saucisson de Lyon et Tête de Veau ravigote qui me donne envie d'ouvrir une rubrique "Je m'en mets plein la panse" chez Bécassine, des macarons, des produits de beauté, du fromage... et la découverte du très joli centre de Rouen.

Bon alors en fait j'avais pensé placer des mots peu usités appris aujourd'hui, du genre de "abstrus", "coruscant" et tout un tas d'autres mots que j'ai déjà oubliés mais bon je crois que c'est déjà assez parlé alors si en plus c'est pour ne pas me faire comprendre je fais mieux de me taire.

Vendredi Vingt-sept

Une soirée à naviguer entre beauté, longueurs, humour, simplicité, humour loupé... La carte blanche à Camille pour l'ouverture du festical Hors Pistes de Beaubourg fut un moment où l'on passa à mon avis du meilleur au pire. Depuis, le temps passa, effaça les mauvais moments pour ne rappeler que les bons. "Georgia on my Mind" accompagné d'une guitare et d'un violoncelle, des "chut !" "et des chuchottements à la BPI, un pianiste sans musique, "L'amour qui passe" de J.L. Murat au milieu de Dubuffet, Camille jouant à la directrice de patinoire...
Et ensuite y a eu des cacahuètes au sous-sol et quelques bribes de Jean-Luc Godard près d'une voiture fluorescente. Tout cela a l'air étrange, non ?

 

Jeudi Vingt-six

Nous ne nous étions pas vus depuis notre week-end londonien, mais il y a d'autres amis que je n'ai pas vus depuis encore plus longtemps alors soyons brefs sur le sujet.
Smiling O' m'avais proposé un resto coréen près de chez lui. Cette nouvelle expérience culinaire m'enthousiasmant, j'ai évidemment dit oui. Une fois sortis du resto, le plaisir gustatif et amical était plus important que cette fichue odeur de graillon qui s'était collée dans mes fringues et en particulier dans ma veste mais meeeerde ma veeeeste je vais pas payer le pressing pour ça quoi meeeerde.

Bon alors ensuite j'ai eu un petit et charmant cadeau sur le 45/47 rue Blomet, qui fut un lieu ayant accueilli de nombreux et éminents artistes avant de devenir un square. Mais sans vouloir décevoir O' j'ai eu un plus joli cadeau, bien qu'à moitié avorté... A suivre...

Mercredi Vingt-cinq

Il m'avait donné rendez-vous à la Fémis pour voir trois courts métrages de Mathieu Lis : "Paris trop d'amour" qui ne m'a pas vraiment plu, "Les Veilleurs" qui m'a complètement bouleversé et "Vernissages" qui m'a positionné agréablement entre les deux impressions précédentes.
Bon faut qu'on dîne ensemble, je vous parlerai de tout ça, OK ? Désolé mais là je suis en train de regarder un épisode de Six Feet Under, et puis ensuite je suis censé trouver des photos rouges dignes d'être exposées, donc je suis pas tellement à même de parler de tout ça OK ?

Ah non, j'allais oublier de parler de Kandinsky qui a écrit "Le gris est l'immobilité sans l'espoir". Evidemment, cette phrase sortie du contexte (plus précisément sorti du texte "Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier") perd une partie de son sens, mais sa poésie suffira.

Mardi Vingt-quatre

L'affiche était belle comme une de ces photographies qui viennent de plus en plus de là-bas. D'où ? De Chine. J'avais simplement, pour ça, envie de voir "24 City" .
Son mail intitulé "le Jia Zhang Ke, ça te dit ?" allait visiblement dans le même sens.
24 City, mélange de documentaire et de discrète fiction, est une oeuvre qu'on aimerait plus longue pour en savoir plus, pour baigner encore plus longtemps dans cette humanité, dans ce monde d'un autre temps, d'un autre lieu. Je n'en déteste que plus le sommeil qui parfois me tire vers lui devant un écran...

Lundi Vingt-trois

- Alors ?
- Alors quoi ?
- Beeen... aloooooors ?
- Ben alors c'est confirmé on va à Agen le ouikène du 8 mai avec Natt.
- Ah cool !
- En plus on y va en avion, c'est moins cher et plus rapide que le train.
- En avion ? P'tain ton bilan carboooone !
- Oui je sais je sais... J'irai réciter deux Par terre notre Terre.
- Bof, elle est moyenne ta blague...
- Je suis fatigué... je ne me suis pas encore remis de mon week-end...
- Ah oui ?
- Ben oui : falaises, piscine, alcool...
- Boooon ok maaiiis... alooooors ?
- Pfff... T'es lourde...

Dimanche Vingt-deux

Ciel gris au lever, choix coloré à la pâtisserie, allons donc au musée-château il est déjà 11h30. Allons-y... et revenons-en, car les horaires sont aussi peu adaptés que l'accueil. Ce séjour fut assez bref mais si agréable. Il m'offrit même la possibilité de découvrir l'étonnante gare de Rouen, d'apprendre dans "Beaux Arts" que l'expo Mucha passera par Montpellier et Munich - ce qui me permettra d'aller plutôt à Agen le 8 mai -, ou encore de commencer la lecture du "Découvertes Gallimard" sur Le Caravage. Aaaaah Il Caravaggio ! Je n'ai jamais dit que j'adorais sa peinture ?

De retour sur Paris , j'aurais sûrement me reposer un peu, mais j'ai préféré vaquer à quelques coups de fil amicaux et autres rédactions d'articles avant de repartir pour un hôtel du XVIème. J'y étais convié à l'écoute d'un exercice radiophonique pour lequel, comme tout le monde je crois, j'ai été attentif au début avant d'être perturbé par le brouaha et les trop nombreux verres où pétillaient des boissons rosées ou nacrées. L'exercice est réécoutable sur le web fort heureusement...

Note à moi-même : ne pas oublier de regarder la fin de ce film de Douglas Sirk "Qui donc a vu ma belle ?".

Samedi Vingt-et-un

On prévoyait un temps idéal, j'avais envie de voir la mer, il m'avait demandé si j'avais le permis ; nous partîmes en train pour Dieppe.

Après un café avec des fraises sur une terrasse ensoleillée, après avoir trouvé une chambre d'hôtel aux tissus d'un goût douteux, nous nous dirigeâmes vers ce qui était d'après ses dires la meilleure charcuterie de la ville. Elle était fermée. Quelques petits fours glanés dans une boulangerie firent donc l'affaire pour un pique-nique au bord de la mer, de rares êtres humains et quelques mouettes pour témoins.
Nous continuâmes notre périple en haut des falaises. L'horizon était une brume bleue d'un côté, une herbe sèche où résistaient quelques pointes vertes de l'autre côté.
Cette même herbe nous accueillit pour un peu de repos qu'on aurait aimé voir se prolonger. L'heure passait, pressons-nous. Car nous étions aussi venus pour profiter du centre nautique (qui fermait à 18h) et de sa piscine. Une piscine d'eau de mer, en extérieur, chauffée. Avec un peu de hammam pour finir... Histoire de ne pas trop faire baver mon lectorat, je n'ai pas fait de photo de la piscine... mais pour le reste, j'ai deux ou trois clichés en souvenir... Allez, après le long discours, l'interminable défilé de diapos sans intérêt...

Il ne restait donc plus qu'à satisfaire nos papilles pour compléter le tableau. Les Saint-Jacques sur lesquelles on avait lorgné sur le port finirent dans une nage, dans de la crème ou des lentilles au chorizo. Un petit vin de Gascogne pour le glissando, une pomme enrobée de pâte feuilletée et flambée au calvados pour couronner ce repas normand.

Cette définition du printemps me convenait à merveille.

Vendredi Vingt

Rendez-vous était donné à 12h30. Tout près du boulot, heureusement, parce que les déjeuners guimardiens peuvent semble-t-il prendre des proportions temporelles... comment dire... disproportionnées ? Vers 14h45, c'est à regret que je quittai cette sympathique et passionnante assemblée, appelé par mon collègue et le devoir professionnel.

Est-ce troublé par ce rendez-vous que j'en ai oublié d'aller au jeu de Paume ? Tant pis...

Jeudi Dix-neuf

J'étais tellement endormi que je ne me rappelle pas l'heure exacte. 6h ou quelque chose comme ça. Une fichue odeur de brûlé venait d'arriver à mes narines et d'alerter mon cerveau que quelque chose de louche se passait. J'étais tellement endormi que je ne me rappelle pas ce que j'ai fait exactement, j'ai entendu les voix de deux de mes colocataires, j'ai essayé de me rendormir, mais l'odeur était trop forte. Je me suis levé. Suis allé voir dans la cuisine. Une casserole dans l'évier contenait des spaghettis. 20% trop cuits. 80% carbonisés.

Noir le matin, noirceur le soir avec pour une séance de cinéma : "Un Lac" de Philippe Grandrieux. La forme, rien que la forme. Bougés, flous, obscurité, gros plans, couleurs absentes... De très belles images, indéniablement. Mais putain, pendant 1h30, ça plombe un peu l'ambiance, hein ?
(Oui bon alors en fait j'avais envie d'écrire quelque chose de plus intelligent, plus recherché, plus beau, plus blablabla, mais là j'ai juste envie de dormir, OK ?)

Mercredi Dix-huit

J'avais écrit que je devais lire d'autres romans d'Ogawa, j'allai donc à la librairie durant ma pause déjeuner. Sur le chemin, je (nicole) croisai Dim (Dame D'hommes), jadis surnommé Queen Mumm, tout de cravate et de taches vêtu. "Je n'ai pas envie d'aller travailler ! Viens prendre le café !". Au retour de la librairie, après un passage chez le traiteur pour une part de pizza regina trop longtemps enfournée, je pris donc le café et lui offrit un recueil d'Ogawa parce que parfois il m'arrive d'avoir envie de faire des cadeaux. Comme ça. Sans raisons. Presque sans raisons. Par plaisir. Et en espérant faire plaisir. Parce qu'au fond de moi je me disais que ça allait lui plaire. Alors ?

J'avais traîné au travail pour rédiger un billet et écouter Mazzy Star avant de partir ; il était 19h passées. Au téléphone elle me dit "On est chez O&F, on va dîner, t'as qu'à passer". Je me retrouvai alors chez O&F avec un N en tablier et N, Fr et A attablés. J'avais espéré m'étaler tôt dans mon lit, je m'étalai plutôt de rire, un peu plus tard, en écoutant les histoires d'A. Qui ne finissent pas toujours mal en général.
Puisque à présent on peut manger chez O&F, effectivement on y dîna, on y but, sûrement un peu trop de l'un comme de l'autre. Qu'importe. Du début à la fin j'avais passé une très agréable journée.

Mardi Dix-sept

De mes années d'études de chimie, j'ai gardé en mémoire un mot : "précipité". Du solide dans du liquide ? J'ai justement cru apercevoir du solide dans le liquide dans lequel je flotte... Est-ce... précipité ? Sûrement.
Et pourtant, à présent, je suis lu. L'anonymat s'est un peu évaporé, d'un côté ce mardi soir comme de l'autre le lendemain matin.

Ce mardi soir, d'un côté, j'en apprenais un peu plus sur le travail de Y. Ogawa : insaisissable poésie, où certains sont au bord du monde... Du japonisme du 19ème siècle aux auteurs contemporains en passant par quelques rencontres récentes, la culture japonaise, petit à petit, s'infiltre ici et en moi. S'encrera-t-elle enfin afin de mieux s'y ancrer ?

Lundi Seize

Le bruit de fond fut nasal, en ce joli lundi. Un lundi printannier où l'on retrouva les pauses déjeuner au petit parc pour profiter du soleil... "parce que l'été arrive !" me dit S à la fin d'une phrase pleine d'inquiétude et de cauchemars lipidiques. "Laisse déjà venir le printemps" lui répondis-je.
Le bruit de fond fut donc nasal après quelques signes de refroidissement la veille. Au lever : un rhume aussi copieux que le petit-déjeuner, un bon mal de tête en option et des snirf snirf... ça ne laissait pas augurer d'une journée agréable. Je le confirme.

La journée, puis la soirée, parsemées de ci, de ça, de nouveaux articles, des derniers épisodes de la saison 4 de Six Feet Under, de coups de fil, d'une gougère, de l'achat de Libé... J'avais acheté Libé pour la mort de Barbara alors qu'à l'époque je la connaissais à peine. J'ai depuis réparé cette faute (de goût). Peut-on y voir le signe d'une redite avec Bashung ?

Note à moi-même : lire d'autres livres d'Ogawa.

Dimanche Quinze

La douceur était au rendez-vous, le ciel bleu aussi... Je n'ai pourtant quasiment pris que des photos... grises.

Deux heures de marche via les Tuileries, le Jeu de Paume où il y avait la queue, la Madeleine, le square Marcel Pagnol, Opéra, les grands boulevards, le Sentier...

Nutissu

Après une petite sieste réparatrice, rendez-vous était donné à Beaubourg pour... du vide.
En effet l'expo "Vides" retrace l'histoire des plus importantes expositions sur le vide. Beaubourg nous offre donc... des salles vides. Pondre du concept avec du concept, voilà une grande idée qui a le mérite de faire réfléchir... mais pas trop longtemps non plus. Pour en savoir plus, il faudra se plonger dans le catalogue, qui, lui, est bien conséquent.
On préfèrera donc se remplir de la vue sur Paris, le soleil déclinant offrant aux toits de la capitale une seconde jeunesse.

Mais... la douceur était au rendez-vous, vous ne trouvez-pas ?

Samedi Quatorze

La petite avait des poux.
On décala le rendez-vous.
Et c'est donc le soir que me rendis chez A&Ph, craignant tout de même un peu d'attraper les parasites. On parla un peu du futur site web de l'APKA, mais finalement on parla surtout de plein d'autres choses, discussion ternie par l'annonce du décès de Bashung. Mon billet pour son concert ira au firmament des rendez-vous manqués, accompagné de l'impression d'avoir trop attendu mieux faire connaissance avec l'artiste qui a écrit La nuit je mens, une de mes chansons préférées. MA préférée ? En réécoutant l'album Fantaisie Militaire que m'avait offert G, je redécouvre par exemple, au milieu de titres trop rugueux à mon goût, un extraordinaire Dehors. Dehors, ce samedi, il n'avait déjà pas fait très beau.

Vendredi Treize

Après une journée à avoir bien taffé,
Une expo sur Gainsbourg et un léger maffé,
La serveuse m'apporta... mon dieu... un nescafé !?
Vu les prix pratiqués on les aurait baffés.

... L'expo Gainsbourg, à la Cité de la Musique jusqu'à ce dimanche, avait heureusement été un moment surprenant. Mais décevant. Surprenant par une scénographie un peu bordélique mais à l'image du personnage. Décevant par le peu d'espace (toujours le même problème) et par le côté inaudible : très difficile d'entendre les extraits d'interviews ou de clips exposés un peu partout, entre autres à cause des textes lus en fond sonore. Oui, après réflexion : décevant.

Jeudi Douze

Ceux qui lisent mon blog de photos se seront étonnés de voir apparaître des pages de vente en ligne dans la colonne de droite... Elle ne sont là que pour tester une fonctionnalité... pour autrui.
Les soirées sont donc tout aussi studieuses que les journées, et en écrivant cela je réalise avec stupeur que je n'ai toujours pas mis le site de Laurent à jour... On m'a demandé un jour comment je trouvais le temps pour faire tout ce que je faisais. La réponse est là aujourd'hui : je ne le trouve pas toujours. Bon néanmoins j'ai regardé des épisodes de Six Feet Under en même temps que j'avançais sur mon travail : on n'est pas des bêtes, merde ! Pour suivre plus facilement l'histoire sur un écran en bossant sur un autre, j'ai d'abord mis la série en français. Quelle horreur ! Le pire c'est qu'ils osent prononcer Nate à la française, soit Nat. Parti pris à la con. Je suis passé en anglais : plus de plaisir, better to improve my english, mais moins de rendement.

... Bon ben vivement demain que j'aie des trucs plus passionnants à raconter.

Mercredi Onze

La journée de travail s'était terminée tôt, j'avais attrapé un RER à Savigny-sur-Orge, m'étais émerveillé, en sortant à St Michel, d'un soleil ignoré quinze minutes plus tôt. Mon sac était déjà bien lourd (mon appareil photo, un inutile netbook avec une fucking batterie à plat, un agenda au cas où, un dossier...) lorsque je m'arrêtai chez liroimeurline dans l'hypothèse commerciale d'une plante à mon goût. Le dernier Philo Monstera du rayon fut l'objet de mon choix parce que j'adore les philodendrons* et que la somme de huit euros et cinquante centimes d'euro était supportable pour ce type de plaisir (développement ?) durable. Poussé par Dame Nature un peu plus loin, j'embarquai sous mon bras une jardinière, mais sans graines ni terreau : rappelez-vous que mon sac était déjà trop lourd. Arrivé chez moi, un pli m'attendait from la région nantaise, avec, entre autres... des graines ! Cette surprise teintée de hasard fut la source d'un sentiment délicieux.

Rendez-vous un peu plus tard rue de l'Échiquier pour des brochettes de poulet suivies d'un sympathique one man show comme on doit néanmoins en voir tant dans Paris. J'en suis ressorti avec l'amusante impression d'avoir vu voir un pote raconter des âneries, avec quelques passages très drôles... tel que cet hybride de Mylène Farmer et de Chantal Goya chantant "Pandi, Pendu". Un rien m'amuse, et c'est souvent bien suffisant, non ?

* les remarques des latinistes et des paysagistes sont les bienvenues.

Mardi Dix

De la relecture du si court roman "Le Drap" d'Yves Ravey à mes retrouvailles avec "Six Feet Under", la mort* semblait m'avoir poursuivi cette journée.
Le Drap
, où l'on attend la mort au bout de cette écriture clinique où se dégage l'évidence et la fatalité.
Six Feet Under
où l'on ne l'attend plus, où l'on s'en émeut encore pourtant encore. Heureusement.
Mais c'était sans compter sur la naissance de projets, sur l'humour de la sus-citée série, ou encore sur le plaisir vital se dégageant de conversations téléphoniques ou d'un simple sandwitch. Nous ne sommes finalement que des feuilles de salade : il faut savoir être bien entouré.

* Et l'absence... suivez mon regard...

Lundi Neuf

Mon Dieu qu'elle était longue, la file d'attente à Orsay pour assister à l'inauguration de l'exposition "Oublier Rodin ?"... et elle augurait une foule certaine à l'intérieur.
Trois petits tours avec Jojo et Magdo et puis s'en va, j'y retournerai à un moment plus propice pour admirer les oeuvres. Et nous voilà tous les trois place Colette, bien au chaud, pour moi ce sera un porto.

Dimanche Huit

La rue Daguerre a beau être perdue rive gauche*, un peu éloignée de chez moi - quoi que directe en métro - , le hasard et les plaisirs amicaux m'y entraînent de temps en temps. Ce fut le cas ce dimanche. La pluie aurait pourtant bien pu me refroidir et me retenir chez moi pour continuer mon rangement, mais un déjeuner avec B m'attendait au Café d'Enfer. Bon, certes le côtes de Blaye était trop boisé**** mais le pavé de thon****** et sa purée d'herbes fraîches étaient sublimes.
Et sinon vous ça va ?

* Pléonasme **
** Blague de parisien de la rive droite ***
*** Même B aurait pu la faire je crois.
**** Vous avez vu un peu comme je maîtrise le vocabulaire du sommelier***** ?
***** Les sommeliers sont-ils les plus mal semelés ?
****** J'ai oublié à quoi était précisément la sauce qui l'accompagnait, il y avait du gingembre et autre chose... et c'était exquis.

Samedi Sept

- Alors t'as fait quoi ce samedi ? Tu fais toujours plein de choses le samedi !
- Ah tiens tu tombes bien je ne savais pas comment raconter cette journée.
- Ah ben... Pour une fois que je suis utile...
- Donc d'abord j'avais rendez-vous vers 13h avec Arnie vers les Halles pour aller voir l'expo "Controverses" à la BNF.
- Arnie ? Le blogueur-dessinateur qui n'a plus de blog ?
- Oui.
- C'était bien l'expo ?
- Passionant ! J'en parle très brièvement sur mon nouveau blog d'ailleurs. Ensuite on a pris un café pisseux rue St Honoré. Un scandale !
- Appelez-moi le directeur !
- Hé hé... ensuite on est allé au Louvre des Antiquaires, c'est toujours un plaisir pour les yeux. Manque de bol je n'avais pas gagné à Euromillions la veille. Et puis voilà on a un peu tourné en rond avant de finir chez Nicolas à-côté de chez moi.
- Nicolas l'épicier ?
- Non, le caviste, j'étais invité à dîner.
- Tu as choisi quoi ? C'était où ? Chez qui ? Y avait qui ? T'es rentré tard ? T'as bien mangé ? C'était sympa ?
- Oh oh oh on se calme... Alors... J'ai choisi un Chassagne Montrachet, malheureusement un peu léger après le Moulin à Vent ramené par Jojo. A Fontenay-sous-Bois. Chez les ABCD. Y avait Jojo et Nath. Je suis rentré vers 1h. J'ai bien mangé et bien bu. C'était très sympa, ils sont vraiment adorables, c'est toujours un plaisir de les voir, je les remercie une fois de plus et je ne dis pas tout ça parce que je sais qu'ils me lisent.
- Et je parie qu'il t'a encore fait un cadeau Magdo ?
- Ah oui, un petit livre sur 10 mots de la langue française.
- Y en a qui te connaissent bien...

Vendredi Six

Tandis que d'un oeil je continuais mon travail sur une affiche dont le brouillon miniature est déposé ci-contre, j'entamai une conversation de potaches avec Chickenbaby car quand y a d'l'agenais y a du plaisir. Celui-ci venait d'allumer la télévision après une séance de cinéma, et commença à me lancer des "tiens, Laam a une nouvelle bouche" et autres "y a même Chabal qui chante et Riberi, oh mon dieu".
La curiosité me poussa alors vers la télécommande du téléviseur qui prenait la poussière depuis deux mois et demi. Clic. La soirée des enfoirés... Alors bon... euh... comment dire ce que j'en pense pour ne pas passer pour un snob ? En dehors de tout aspect musical, peut-on m'expliquer l'intérêt de déguiser cette tripotée de cordes vocales hésitantes pour chanter des chansons ? Ce spectacle populaire (que j'ai regardé avec effroi durant la dernière heure) qui aurait pu être simple, modeste et respectacle, frisait le ridicule et ramenait les kermesses d'écoles primaires au rang d'oeuvres magistrales. Et je ne vous parle pas de Bruel s'égosillant lamentablement sur "Si tu vas à Rio", du massacre de la petite cantate de Barbara* ou d'un pathétique Goldman aussi drôle qu'une crépière posée au rayon des fruits et légumes. OK OK je suis un peu snob parfois...

* Dans laquelle je me suis réfugié dès 23h30.

Jeudi Cinq

Mes livres transportés petit à petit d'une rue de la Chine à une rue St Martin s'étaient entassés au pied du lit, certains (offerts ou achetés) n'ayant jamais été lus. Après les trois excellents petits romans japonais dévorés récemment, j'ai ressorti des tas "L'eau du bain" de Pascal Morin pour lequel on ferait un évident et étonnant parallèle avec le dernier film que j'ai vu. Ne pas en dire plus, mais j'en dis déjà trop, si jamais le hasard entraînait le lecteur au fil de ces mêmes pages. D'une écriture presque aride rafraîchie ça et là par quelques lignes fluides, l'auteur m'a éclaboussé en un temps restreint : le temps pour moi de quelques métros, le temps pour le personnage principal de quelques jours sous un soleil éblouissant.

Mercredi Quatre

Agla m'appela trop tardivement pour un déjeuner improvisé en tête à tête, je la laissai donc aller d'elle-même rue Keller noyer son dépit dans une soupe. Cinq heures plus tard, elle était toujours rue Keller, et je la cachou cachou rejoignis rejoignis hun hun.
Blabla de circonstance avec le nouveau roi de la tranche mais blabla assez rapide car l'épicerie fermait à vingt heures... Agla et moi traversons alors la rue pour voir l'expo actuellement chez Dorothy's Gallery. Des artistes coréens y sont exposés, et il y a, parmi des styles assez différents, des photographies absolument splendides mettant en scène des objets miniatures. J'oserai tout de même un gros bémol sur la qualité de l'impression numérique : comme on a envie de regarder les miniatures de près, on s'approche... et on déchante. Bref.

Il s'agissait alors de dîner, et nous nous retrouvâmes dans un très bon resto corse la rue de Lappe... Bonne pioche cette fois, quand soudain mon téléphone sonna. C'était la Brunotte :
- Salut, dis-mois t'es où là ?
- Euh... rue de Lappe dans un resto.
- Ca alors, je viens de passer devant et de t'apercevoir derrière la vitre.
- Ca alors !
- Mais dis donc qu'est-ce qui t'arrive toi en ce moment ? Qu'est-ce que t'es beau !
- Ah ben il ne m'arrive rien... Ca doit être l'éclairage...

PS. Se souvenir de cet amusant moment à la station de métro avec les gens qui dansent.

Mardi Trois

Le cochon était de lait, l'inverse n'étant pas possible. La profiterole était géante, on la partagea. Le repas était moyen : j'avais de meilleurs souvenirs à l'époque où j'y venais de temps en temps. La compagnie était bonne, mais comme on dit : il n'est de bonne compagnie qui ne se quitte.

Lundi Deux

Une journée comme une autre. Plus ou moins. A vrai dire je ne sais plus... ça m'apprendra à attendre deux jours pour écrire.
Mais ma mémoire ne me fait pas complètement défaut : comment oublier les moments passés à écouter l'album "To Be Still" d'Alela Diane ? Grâce, douceur, fragilité, simplicité, chaleur, sensibilité... Les folk songs d'Alela Diane sont un écrin aux arrangements subtils, qui, bien que parfois inégal vocalement dans les hauteurs, laisse une agréable sensation de plénitude, les pieds dans l'herbe, la tête dans les nuages, le regard perdu dans l'eau fraîche d'un torrent, quelques plumes dans les cheveux...

Dimanche Un

Le bleu printanier était éphémère : temps gris aujourd'hui. Pas de quoi s'embarquer dans des ribambelles de clichés comme la veille. La matinée est donc studieuse avec la mise en ligne de la dernière version de mon arbre généalogique, toujours patiemment et consciencieusement mis à jour par mon père. 22 000 noms et des brouettes... mais je ne dirai pas qui sont les brouettes.

Un tour dans les bois pour prendre l'air après déjeuner, avec en particulier un neveu qui échoue dans son casting pour Tarzan. La nature commence à renaître, les pousses soulevant les feuilles mortes, quelques pervenches osant montrer leur violacé... du moment qu'elles échappent aux fesses des Tarzan de pacotille.

L'autre moitié de la famille arrive enfin, et un peu plus tard je m'en repars vers Paris accompagnée d'une bien sage petite fille qui s'étonnera du temps qui passe si vite en train.