Vous
savez qui va jouer avec un lomo
bientôt, dès qu'il aura acheté une pellicule ? C'est
moi !
(Revenez plus tard j'aurais peut-être trouvé un autre truc
à raconter... Ah ben oui parce que par exemple je suis passé
voir l'épicière et il a laissé entrer deux lesbiennes
et une américaine avec un chien monstrueux... ça devient
infréquentable cet endroit...).
C'est dommage en général j'essaie de finir le mois de manière
poétique. C'est loupé.
Après la chaleur rèche de ce début d'été, celle moite des bains publics dans celle étouffante d'une salle de cinéma. Car Bania, de David Teboul, est une chorégraphie d'hommes dans des bains publics russes. Des corps principalement vieux, avachis, abîmés, tordus, sauf lorsque la buée s'installe sur la caméra, comme si elle refusait de filmer les corps plus jeunes, ceux qui n'ont pas vécus. Au milieu de cette nudité, un inutile ballet de corps en gros plan. Pourquoi ?
J'ai fini par enlever mes chaussures puis rapidement et discrètement mes chaussettes. Naïvement j'ai cru que c'était pour cela que j'avais moins chaud ; ils avaient simplement mis la clim. J'étais probablement trop absorbé par le film suivant, Retour à Kotelnitch pour réfléchir à la raison de mon mieux être. Car le film d'Emmanuel Carrère, nous plongeant lui aussi dans la Russie contemporaine, est un film splendide qu'il faut juste voir, parce que si l'on vient lire un journal comme le mien, on aimera de toute évidence un bout de journal comme celui-là.
PS.
En fait au départ je pensais parler de Bania différemment,
parler des bassines en plastique sans lesquelles on aurait pu croire que
le réalisateur avait fait un bond dans le temps.
PPS. En fait au départ je pensais parler de Retour à
Kotelnitch différemment, parler d'une scène très
courte qui a failli ne même pas survivre au montage, une scène
se déroulant à trois heures du matin, la lumière
du soleil éclairant encore cet endroit tellement au Nord, la lumière,
oui, la lumière, quelle lumière et quelles couleurs !
Aujourd'hui,
le guide Gault et mouillés vous conseille Les
Bains des Docks, un lieu absolument magique pour nager
ou faire de la balnéo. Le guide Gault et mouillés
étant pro jusqu'au bout des palmes, nous avons testé l'espace
balnéothérapie où y a tout ce qu'il faut avec des
remous comme ci, des remous comme ça, de l'eau chaude comme ci,
de l'eau froide comme ça, un sauna, un hammam, et même les
vélos dans la piscine mais on pédalait presque dans le vide
ah non mince j'avais promis de ne dire que du bien de cet endroit. Ben
oui parce que le lieu est magnifique, voire magique, en particulier la
piscine extérieure (cf. les
photos du site qui valent mieux qu'un long discours), c'est Jean Nouvel
tout de même... mais les petits morceaux de carrelage qui se décollent
et le vestiaire pas bien grand, on peut faire mieux. Bref on s'en fout,
il faisait beau, c'était bieeeeen... Jalouses ?
Hein ? Ah oui oui on a fait du culturel aussi avec le musée André
Malraux, une jolie collection dans un joli endroit à la muséographie
étonnament moderne pour un lieu ouvert en 1961. Mon coeur aura
surtout penché pour les études de vaches d'Eugène
Boudin, pour la Valse de Félix Valotton
et pour La Parisienne de Kees Van Dongen.



Sinon le guide Gault et mouillettes ne vous donnera pas d'avis sur la restauration havraise vers 15h30... Le roi de la frite face à la Gare, c'est vraiment pas glamour.
Pour avoir un peu de glamour il suffisait que je rentrasse chez moi après deux heures et demi mal assis dans un train... Qui étais dans le salon quand je poussai la porte d'entrée ? Carole B. Ben oui, parce que je le vaux bien, non ? Hein ? Ah on me dit dans mon oreillette que le slogan n'a rien à voir avec elle...
Bref, de toute façon star ou pas star, moi je voulais juste prendre une douche et puis je devais repartir aider N qui était noyée dans Flash... occasion de retourner dîner (fissa pliz, c'est pas le moment de traîner) chez la biseuse de sashimis.
Il est 20h24.
Cher chante sur fond de techno "dou iou beuliv inlav avteur lov". Cela va-t-il pu tout gâcher ? Non.
Car je suis à la terrasse d'un bar face à la Manche, un verre de Chardonnay décoré de condensation posé devant moi. Je repense à la journée qui vient de s'écouler pour écrire ces quelques lignes dans mon petit carnet rose : le réveil avait été en douceur, le trajet en train avait été presque exquis, la journée s'était avérée ensoleillée, la chambre d'hôtel avait vue sur le volcan de Niemeyer, la viste de l'appartement témoin d'Auguste Perret nous avait replongé 55 ans en arrière, la découverte de architecture locale avait été un moment très intéressant et étonnant, la baignade dans l'eau froide locale avait été revigorante, et le resto nous attendait... un resto qui allait être agrémenté du service assez particulier d'une serveuse peut-être un peu émotive.
Bref. Encore une bien belle journée normande.










Après l'effort d'une journée qui s'était un peu éternisée, après l'effort d'une heure de sport sans le moindre enthousiasme*, le réconfort d'un petit resto thaï de la rue Ste Croix de la Bretonnerie, un resto plutôt cher mais plutôt bon où l'exotisme des assiettes m'a fait pensé à ailleurs. Ailleurs comme demain, et même si ce n'était pas l'Asie qui m'attendait, l'horizon me semblait suffisament bleu et différent pour m'en extasier. De surcroît (de la Bretonnerie) on a eu deux fois des amuse-bouche.
* sauf de regarder les autres.
Une robe à fleurs, un bas filé, un chausson troué, elle est restée chez elle pour faire le ménage. De l'autre côté de la cour, un homme au style bien plus impécable : seul un bout de son col dépasse. Tous deux vont faire connaissance, grâce au mainate de la première qui s'était échappé, lors d'une journée particulière. Au-delà d'une approche politique filmée de manière presque étouffante à cause d'un fond sonore mussolien omniprésent, un film magnifique sur le désir et le déni et celui-ci...
C'est ce qui s'appelle faire bon mainate...
Elle
pleurait à chaudes larmes. Chaudes ? Quelques 37 degrés
Celsius. Assise sur ce lit aux dimensions particulières, elle venait
de voir sa mère franchir la porte. Et elle pleurait.
Je ne l'ai pas laissée longtemps dans une telle peine et une si
grande solitude, et je suis facilement parvenu à faire cesser ces
larmes par quelques arguments efficaces. Comment alais-je pouvoir la photographier
avec des yeux si rouges ?
Hé oui, quand certains commencent le baby-sitting à l'adolescence
pour se faire de l'argent de poche, j'ai commencé cette activité
généralement nocturne à l'âge où bon
nombre de mes congénères ont déjà procréé
une fois, deux fois, trois fois, adjugé, vendu ! Il m'a suffi de
me plonger dans mes souvenirs de fils d'assistante maternelle et dans
mon instinct pour gérer sans encombre ni trompette les quatre-vingt
minutes qui ont séparé les larmes des paupières closes.
Quoi que... souvenirs et instinct sont-ils utiles pour jouer à
la pâte à modeler, ouvrir une boîte de thon, faire
cuire des coquillettes et couper en petits morceaux du fromage capricieux
à pâte molle ?
L'ami de Frédéric était un grand jeune homme très maigre et très timide, avec une tête d'alezan coiffée en brosse complexe, queue de canard dans la nuque et sur le front trois mèches brushées en décrochements ; sa coupe de cheveux devait constituer un poste à part dans son budget.
Hé oui, j'ai continué à lire ce Lac de Jean Echenoz... D'ailleurs ça fait quoi, "Lac de Jean Echenoz" en contrepèterie ? Zac, j'en lèche deux, no ?
Où l'on lut du Victor Hugo, du Lamartine et du Prévert,
pour voir accrocher une cloche au cou des boeufs, voir des feux sur les
côteaux ou se dire que martyre, c'est pourrir un peu.
Hé oui, j'ai commencé la sage lecture du "Que sais-je
?" sur la contrepèterie...
Le
lendemain de fête n'aura fort heureusement pas été
pénible. Ni casquette contrairement à certains, ni nuit
trop courte contrairement à d'autres... Six heures de sommeil et
un demi cachet auparavant, voilà qui m'a suffi...
On oubliera les fédulogismes post-fiesta et les rocambolesques
chassés-loupés-croisés rendezvouso-téléphoniques
(oubli de tél pour l'une, tél qui ne capte pas pour l'autre)
de la journée pour résumer ici les activités culturelles
du jour...
Beaubourg
avec les installations et le film de Philippe Pareno
(seulement 8 minutes d'américains regardant passer le train transportant
la dépouille de Robert Kennedy, film que j'ai beaucoup aimé)
et avec l'installation et le film de Laurent Grasso (que
je n'ai pas envie de décrire mais que j'ai beaucoup aimé
mais peut-être un peu moins, aimé malgré trois gamins
mal élevés gigotant devant l'écran).
Le canapé avec "Même les assassins tremblent",
un film de Dick Powell de 1953, thriller westernien en huis-clos dans
une ville fantôme sur fond d'essais nucléaires avec les méchants
qui meurent à la fin.
La boutique Salvatore Ferragamo pour un concert privé* de Barbara Carlotti. Aaaah Barbara, ta robe verte et lumineuse comme une clairière en juin, tes chaussures jaune comme un soleil de juin, ta voix chaude comme une après-midi de juin, tes chansons délicates, fines, drôles, légères, amoureuses, entêtantes, enivrantes, envoûtantes comme un... euh... comme... mmm... comme une caresse de juin... Hein ? Ben oui je la tutoies, hé hé vous êtes jalouses, hein ?
La table pour dîner en écoutant... Barbara Carlotti. Allo docteur ? C'est la noiraude ! Je ne sais plus quoi faire, j'écoute Barbara Carlotti en boucle.


Le lit avec le début de Kitty Foyle avec Ginger Rrrrrroooogeeeerrrrssss Rrrrroooonnn pscchhhhhh rrrrooooon psssshhhh.
* tout est relatif puisque je suppose qu'il y avait des spectateurs dehors mais eux ils n'ont pas eu de bulles.


Alors d'abord je me flagelle et je présente mes excuses publiques pour les râtés de la soirée... Evidemment j'ai adoré faire l'ambassadeur (meeeerde j'ai oublié les feureuro), mais l'ambassadeur il s'est pris les pieds dans le tapis rouge à quelques reprises et il s'en mord les doigts. Va falloir prendre des cours chez Nôdine de Routchine en prévision de la prochaine fiesta.
Alors ensuite j'espère que tout le monde a passé un bon moment parce que c'était le but de l'histoire, hein... Je remercie donc tout le monde d'être venu mettre de l'ambiance. Euh non... peut-être pas tout le monde.
Alors sinon j'étais bien content de voir des gens que je vois rarement mais comme j'ai fait l'ambassadeur j'ai à peine dit autre chose que "ça va ?".
Alors enfin je remercie ceux qui ont eu l'audace / la gentillesse / le toupet / la folie de venir avec un cadeau d'anniversaire à cette fête alors que non, je le répète, ce n'était pas une fête d'anniversaire mais ça j'avais qu'à être plus clair dès le début. En tout cas je suis extrêment gêné car entre ce samedi et ce vendredi, je n'ai reçu que des cadeaux que j'adore (et je n'ai même pas besoin de mentir)*.
Bon ben en tout cas vivement la prochaine fête...


Message perso : maman j'ai besoin de tes conseils car on m'a offert une superbe orchidée (pléonasme)...
Note à moi-même : se secouer et envoyer un message de remerciement à tout le monde et à chacun.
* Le "Que sais-je ?" sur la contrepèterie, le "1000 signs" de chez Taschen, "Parfum de glace" de Yoko Ogawa, "Le doigt de dieu" de Rony Edry, un polo 75% lin 25% coton couleur taupe de chez L., un slip rose de chez A.A., un tee-shirt bleu canard de chez Gaspard Y., un coin de cheminée Art nouveau, un cadre Art nouveau avec des chardons à chaque coin, une orchidée et plein d'amitié.
Ranger. Débrancher.
Nettoyer. Se noyer.
Savoir chercher. Avoir séché.
Se revoir. Recevoir.
Remercier. Amitier.
Qu'as-tu fait ? Café.
Attendre. Atteindre.
Hésiter. Se mouiller. Se tremper ? Se tromper.
Ne pas courir. Courser.
Faire ses courses. Courrousser.
Revoir. Zyeuter. Rizotter.
Où nicher ? Canicher.
Je vous avais habitué aux jeux de mots. Aujourd'hui c'était jeux de verbes.
Non. Finalement non. Je ne suis pas allé à l'Entrepôt. J'ai préféré ranger. Enfin... non... je n'ai jamais aimé ranger, alors préférer ranger est une absurdité, une faute de langage, une folie mes amis une folie ! Disons qu'il était plus judicieux de ranger pour respecter un minimum le timing pré-festivités. Tant pis pour YSL par David Teboul, tant pis pour Valérie Mréjen... Y a pas d'plaisir.
La
durée. Parce que se faire servir au Café Marly
nécessita une sorte éternité pour un tel lieu.
Ladurée. Parce que les serveuses du magasin à la devanture
verte prirent leur temps pour servir leur clientèle (alors que
nous, nous voulions juste jouir le plus vite possible de quelques macarons,
qui à la bergamote, qui au caramel, sans oublier le fameux cassis-violette).
La durée. Parce que, pour la première fois de ma vie, j'ai
quitté une salle de cinéma 30 minutes avant la fin d'un
film. "Ce cher mois d'août"
avait déjà fait défiler deux heures devant mes yeux,
et malgré le plaisir à voir se mélanger vrais-faux
acteurs et faux-vrais personnages pour petit à petit dessiner la
trame de la vie d'un village portugais en plein coeur de l'été,
oui malgré ce plaisir là, ben... ça suffisait. Un
peu comme un bon gâteau dont on ne reprendrait même pas une
miette supplémentaire parce que non vraiment là je suis
gavé. Il était bien plus agréable de rentrer, grignoter
et écouter religieusement la voix d'Alela Diane.
Et maintenant imaginons. Imaginons de l'on attende d'être sous la
couette pour manger des macarons.
Moralité : Ladurée allité, la dure réalité.
Voilà.
- Alors ça s'annonce comment ?
- Ben on devrait être entre 25 et 30.
- Tant que ça ?
- Tu rigoles ? J'avais invité plus de 60 personnes.
- Tant que ça ?
- Ben entre les collègues, les anciens collègues, les blogueurs,
les amis "Art nouveau", etc. multipliés par deux quand
ils sont en couple, ça grimpe vite...
- Mmmm... c'est pas un peu léger d'accoler le mot "couple"
au verbe "grimper" ?
- Pfff t'es lourd...
Face à l'écrit, face à l'écran, me voilà soudain bien embarrassé. Pourquoi ne pas trouver, comme je le fais habituellement, un chemin, une évocation, un détour, un acharnement sur un détail ? Pourquoi ne pas savoir quoi dire ? Quoi dire ? De quoi parler ? Parler de la construction, du surréalisme, de la joliesse des chants d'enfants, de ce qui les attend, de ce qui nous attend, de l'imag(inair)e des séries japonaises de mon enfance, de la nature, du chat, parler de la construction évidemment, j'y reviens, c'était mon idée de départ, parler de cette seconde partie où elle raconte la première, parler de la question de point de vue, de la narration, des sonorités de la langue japonaise. Il y avait plein de choses à dire sur Rice Bowl Hill Incident, je n'y suis pas parvenu.
Un SMS positif en fin de matinée, et l'on pouvait se lever du
bon pied. Puis, du bon oeil, voir la même personne que la veille,
cette fois pour la former à Flash. Ainsi, grâce
à moi, mesdames messieurs, une série en prime time sur téhéfin
aura des points clignotants bougeant sur une carte. C'est pas dingue ça
?
Un bidonnant dîner japonais pour finir la soirée avec entre
autres un sosie de Dingo et une patronne qui me salue par un "Au
revoir mon grand". C'est pas dingue ça ?
Un film avec un homme nu qui fait du toboggan dans un hôtel, et si je ne connais ni l'hôtel ni le toboggan je connais l'homme. C'est pas dingue ça ?
Duras
Echenoz Ernaux. Les trois noms se suivaient sur l'étagère
de la librairie. Amusant, non ? J'étais venu chercher un peu de
lecture : j'avais oublié mon Lac chez moi et je cherchais
quelques occupations pour patienter. Parce qu'à 13h je l'ai rejointe
à St Antoine. Parce que finalement à 20h je quittai ce lieu
sans elle ; ils souhaitaient l'observer.
Entre temps, tant d'attente. Tant de petits événements,
tant de personnages, tant de moments à côtoyer la douleur
et la misère, la folie et la rigidité, tant de pleurs et
de rires. De rires, oui, parce qu'il faut évacuer et que cette
femme qui marchait comme on danse aura été notre deuxième
soleil de la journée, le premier étant celui qui régnait
au-dessus de la terrasse aménagée dans la cour.
Duras Echenoz Ernaux. J'ai acheté pour patienter un récit
de la première qui revient régulièrement dans nos
conversations. J'ai acheté un roman du deuxième qui revient
lui aussi régulièrement dans nos conversations, un roman
à offrir. J'ai acheté deux livres de la troisième
puisque tu ne la connais pas.
Duras Echenoz Ernaux. Je crois qu'aucun de ces trois noms n'a été cité lors du dîner. Un dîner amical à la fraîcheur d'une terrasse et à la chaleur d'un barbecue. Un dîner bienvenu pour moi après une telle journée !
PS. J'ai aussi acheté un superbe livre sur le graphisme mais je n'ai pas su où le placer dans les paragraphes précédents.
C'était donc la journée des départs ?
Celui d'Oswald, page trente-trois de ce Lac d'Echenoz.
Ceux qui donnent le titre au joli film "Departures", un film plutôt touchant (et qui toucha le jury des Oscars), mais un film où je me serais volontiers passé de quelques inutiles dégoulinades, à croire que les larmes ne suffisaient pas et qu'il fallait du sirupeux musical sur fond de vol de flamands roses.
Celui qu'elle n'a pas choisi. Dernier jour pour S. Mais avec qui vais-je avoir quasi quotidiennement des conversations de filles aussi artificielles que l'éclairage du sous-sol ?
Vous étiez assis dans votre fauteuil de cuir noir aux montants
chromés. J'étais assis sur un strapontin de velours aux
montants verts. Vous étiez inoccupé. Moi j'étais
à couper. Je descendis promptement : l'arrêt de bus est juste
en face.
"Une coupe d'été ?" furent les premières
paroles que vous prononçâtes dès que je fus installé
dans le fauteuil de cuir noir aux montants chromés. Je confirmai,
puis cherchant un sujet de conversation, je tus la soupe précédemment
avalée chez F, je tus la faible motivation d'aller ensuite à
la salle de sport et l'on parla donc de destinations connues ou inconnues,
telle que Marseille qui m'attendait mi-juillet, de quoi encore qu'importe
peut-être la pluie, sûrement le beau temps au revoir à
bientôt un dernier sourire et je franchis la porte.
Quelle idée saugrenue d'avoir abandonné mon parapluie là-bas, au pied du banc, tu sais, à côté de la porte d'entrée. Le voilà sûrement rangé. Me voilà assurément dérangé.
-
Oh la la la la mon cher Nelson quel exploit !
- Oh la la la la ouiiiii my dear Patrice, je crois que nous venons d'assister
à un recooooord de France mon dieu c'est exceptionneeeeeeeeeel
!
- Oh la la la la la on attend le temps des juges mais que dit votre chronomètre
mon cher Nelson ?
- Oh la la la la my dear Patrice, moi je dis 1h18'24''. Mais ouiiiiiiiii
ouane aweure èilletine minüts and touènetifaure segueundss
!
- Oh la la la la la, dommage que la Karelle ait dû aller se coucher.
- Oh la la la la la ouiiiii car le record d'Europe des soeurs Piplettes
n'était pas loin.
- Oh la la la la la oui vous avez tout à fait raison Nelson !
- Oh la la la la la oui en plus quel final avec ce scoop qui va faire
la une des gazettes, non vraiment Patrice quelle soirée quelle
soirée oh la la la la what an evening pour l'Arno mais il faut
dire qu'il s'était bien échauffé avec sa mother et
puis Bwounoooo.
- Qui ?
- Bwounoooo.
- Hein ?
- Bwounoooo.
- Aaaaah Brunoooooo.
Voilà bien longtemps que ça ne m'était pas arrivé.
Quoi ? Suivre une formation ! M'y voilà pour deux jours pour mieux
connaître le référencement de sites web.
Hein ? Je ne fais pas d'effort rédactionnel pour cette journée
? Ben non, revenez demain. Allez... Messieurs dames, il est tard, je vous
tire ma référence.
Il avait eu un doute sur ma date de naissance il y a quelques semaines, face aux cases de la déclaration d'impôts ; j'avais trouvé ça... pas étonnant, peut-être juste bizarre, en tout cas moi je ne me tromperais pas. Et pourtant. Pourtant aujourd'hui, ce n'était pas aujourd'hui. C'était hier. Moi aussi je m'étais trompé.
Hasard, je suis allé le voir, non pas parce que ce n'était pas son anniversaire, mais parce que je venais voter : j'ai toujours des attaches démocratiques dans mon ancien quartier. Je suis allé le voir et j'ai vu ; surpris.
Et ce n'était pas tout, pourtant cela aurait pu suffire, non ?
Oui mais non, direction l'Entrepôt, lieu baigné du souvenir
d'un beau film russe devant lequel je m'étais tout de même
endormi. Mais cette fois point de soupir de s'assoupir. Un vraiment beau
moment avec "La vie ailleurs" de David
Teboul, et un vraiment beau (mais un peu petit long) moment avec "Sablé-sur-Sarthe,
Sarthe" de Paul Otchakovsky-Laurens. Et je ne dis pas
ça pour les raisons que vous savez (ou que vous ne savez pas d'ailleurs).
Les deux films traitent avec pudeur de la relation aux êtres et
aux lieux, les lieux que l'on subit, que l'on quitte, que l'on retrouve,
que l'on souhaite oublier, que l'on perd. Comme les gens.
D'ailleurs, je pensais commencer ce journal du jour en décrivant
un passage du film de P.O.L., un passage où des lieux sont associés
à des noms, un passage qui m'a plongé vingt-cinq ans en
arrière.
Mais j'hésitais aussi à commencer en parlant de moi, de
mon rapport aux villes où j'ai vécues et que j'ai quittées,
de ces vies que j'ai vécues et que j'ai quittées.
Et puis, je m'étais dit que j'allais plutôt commencer en
rappelant un passage de "La vie ailleurs", un passage
où un jeune homme, au look "rasta", raconte qu'il aime
écouter la 7ème de Beethoven parce que les passages des
piano aux mezzo forte lui rappelle le caractère
de son père. Très beau témoignage, parmi tant d'autres...
Et enfin, en toute fin, tu m'as dit "Tu devrais". Je t'ai répondu "On me l'a déjà dit". J'ai ajouté "J'y ai déjà pensé" : après tout pour cela il faut bien que je sois mon propre guide, non ? Mais, sais-tu que depuis je ne pense plus qu'à cela ?


PS. Les abeilles qui votent sont-elles des bulletineuses ?
Voilà
longtemps que je n'avais pas chantonné "As Tears Go By",
et voilà la première fois que je la chantonnais rue St Martin,
les bras engourdis sous le poids de quelques sacs plastiques remplis de
denrées alimentaires ou pas. J'avais la chanson dans la tête
et des "of rain pouring on the grou-ound" dans la gorge
suite à une rencontre avec son interprète. Une interprétation
plutôt lointaine. Combien d'années ? Une rencontre plutôt
lointaine. Combien de mètres ? Moi, au rang A du 2ème balcon
de la salle Pleyel. Elle, Marianne Faitfhull, au premier rang d'un orchestre
pour les Sept péchés capitaux de Kurt Weill, sur
des chemins qu'elle (micro)sillonna de sa voix rauque.
En première partie, on baigna déjà dans de la musique
de l'entre-deux guerres, avec la Music for the Theatre aux relans
effectivement cinématographiques de Aaron Copland, et avec la suite
de 1919 de l'Oiseau de feu de Stravinski, un moment... comment
dire... voltigeant et brûlant ?
Bon sinon, cher lecteur, je fais une soirée festive 20 juin, et
si tu me lis et que tu veux te joindre à nous, plus on est de fous,
plus on est de fous...
Parfois je rêve d'un boulot sans bugs, sans pression, sans stress, sans emmerdes. Un boulot chiant me direz vous... Non, rétorquerais-je, j'ai eu des boulot très intéressant sans me ronger les ongles et flipper en relevant mes mails le matin. Bref, tout ça pour dire qu'aujourd'hui a été une journée merveilleuse terminée à des heures qui n'ont même plus de nom. Bref. Heureusement, Monsieur Propre est là pour tout nettoyer dans la maison ! Dring dring v'là la Natt qui fait dring dring à la sortie du boulot et nous voilà partis dîner africain sur les boulevards y a tant de choses tant de choses tant de choses à voir.
En
fait c'est là que je devrais vous parler de notre voisin de table,
un asiatique à l'accent à couper au couteau, et aux manières...
mmm... particulières : et vas-y que je regarde dans le sac de Natt,
et vas-y que je parle tout seul, et vas-y que je bouffe comme un porc
et que j'en mets partout par terre, et vas-y que je frappe mon verre sur
la table en le reposant... Evidemment, ce fut dur de retenir nos rires
au bout d'un moment de ce spectacle surréaliste. L'homme était
probablement légèrement simple d'esprit, il ne fut donc
pas très chrétien de rire de lui, ok ok. Mais tout de même,
qu'est-ce-qu'on a ri ! A propos de ri on a très bien mangé,
mais bon quand même la sauce aux feuilles je ne sais pas si j'en
reprendrais. Parce que des arêtes de poisson dans un plat de viande,
ça fait bizarre tout de même, non ?
(Pour ceux qui avaient déjà lu jeudi, relisez la fin de jeudi j'ai ajouté un truc que j'avais oublié)
"Maintenant
je me souviens de vos anniversaires : je note les dates dans un carnet".
Une petit phrase, loin d'être anodine et à l'image du livre,
une phrase parmi tant d'autres qui constituent "Eau Sauvage"
de Valérie Mréjen.
Après "L'agrume" dont j'avais parlé ici
récemment, je me suis plongé le week-end dernier dans "Mon
grand-père", recueil de souvenirs familiaux et analyse
amère de vacheries généalogiques conscientes ou inconscientes,
laissant poindre de temps un temps un rire un peu trop jaune.
Me voici à présent le nez dans "Eau Sauvage",
qui décortique cette fois les phrases d'un père (ceui de
l'auteur) à sa fille. Là encore, j'ai souris ou ris, parfois
face à des phrases aux aspects parfois méchants ou égoïstes...
Mais cette eau sauvage est surtout une eau trouble où se noie la
communication entre un père et ses enfants.
Il
me reste donc à m'intéresser aux films de Valérie
Mréjen, fims vers lesquels j'ai envie de courir. Cette envie sera
alors à l'inverse de celle ressentie ce soir sur ce fauteuil trop
bas du meukeudeux Beaubourg. Sans réfléchir, j'avais proposé
que l'on aille voir le dernier Raul Ruiz, juste parce
que ma curiosité se base souvent sur un détail, un nom,
une affiche, un rien.
Alors... comment dire... je crois que c'est la première fois qu'un
film m'exaspère autant. Je ne vais donc pas en parler, ça
ne servira vraiment à rien, et puis après tout rien ne vous
empêche d'aller le voir.
(Et en plus l'image est super moche, on dirait que c'est filmé
avec le téléphone portable de sa cousine)
J'aurais préféré parler de Macao, de Joseph von Sternberg, mais on a juste laissé le temps à Jane Russell* de piquer le portefeuille de Robert Mitchum** sur un paquebot et puis on a éteint parce qu'il était tard (petit navire).
* Tellement en sueur qu'on l'appela Jane ruisselle.
** A force le respirer de la poussière de laine, la mitchoum
(Ben oui, hier y a pas eu de calembours, alors ce soir c'est double ration).
Paris
brûle-t-il ? Non ! Car je l'ai sauvé des flammes !
Bon... euh... c'était juste un mouchoir en papier qui se consumait
lentement dans une poubelle dans le parc après avoir mangé
une salade au soleil et au jambon. Mais bon, j'ai pas droit à mon
heure de gloire moi aussi ?
Je n'avais pas forcément compris le rapport direct entre les bouchons et le fait de dîner ensemble, mais voilà tout de même Natt m'attendant en double file sur la place Gambetta pour prendre la direction de chez Valentin qui (ENFIN !) avait de la place pour nous. Un couple avec (leur ?) enfant insupportablement bruyant nous fit craindre le pire, mais leur départ s'avèra rapide — avions-nous même avalé un gorgée de notre verre de vin ? — et nous pûmes blablater sur... sur quoi déjà ?
Arrivant chez moi, c'était mini-fiesta pour la projection d'un docu de Y. Il me présenta une huitaine de prénoms que j'oubliai rapidement, un petit verre de vin rouge pour accompagner les bonsoirs puis une goutte de rosé qui fit déborder le vase de mes bonnes intentions, et je filai m'affaler vacillant.
Que dit-on de celui qui a l'estomac retourné par trop de boisson au cola ? Qu'il vacille de coke.
La femme parlait bien fort, son mari la contredisait ; le chien et l'organisation du départ était le sujet principal de leur conversation à la terrasse d'une pâtisserie où l'on dégustait un délicieux croissant. Ils étaient un peu à l'image de la population locale, ils étaient un peu riches, un peu pénibles, un peu vulgaires. Le lieu s'appelait le Charlotte Corday et l'on s'étonna au départ qu'on rendit un tel hommage à cette femme mais il doit bien se planquer quelques aristocrates amers et revanchards dans le bottin local.


Deux heures plus tard, nous étions assis dans un train, direction Paris mais changement à Lisieux. Une pointe de tristesse après ces deux jours ensoleillés nous auraient offert lisieux pour pleurer, mais non, j'étais juste content de ces deux jours, et content de retrouver Paris.



- Alors cher docteur, comment va Marat aujourd'hui ?
- Ma foi, je l'ai trouvé très beau. Mais il tousse !
- Ainsi, pas laid, Marat tousse trop ?
... Attention mesdames messieurs, en juin, grande braderie sur les calemboooouuurs !
(Je crois que ce bandeau à l'envers me donne la nausée)
Note à moi-même : penser à parler de "Mon grand-père" de Valérie Mréjen pendant ou après lecture de "Eau Sauvage"
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Mes blogs et autopromo :
. Un oeil ailleurs : Mon nouveau blog de photos
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Des Chardons sous le balcon : Mon vrai blog sérieux sur l'art
nouveau.
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Bécassine c'est ma cuisine : Mon blog
avec des trucs à manger et avec d'autres blogueurs
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Mon blog avec des trucs complètement débiles mais pas seulement.
. Mon site sur Ralf König que j'ai un peu moins abandonné.
Bientôt :
- Oh flûte les soldes arrivnet.
- Baby sitting
- Beethoven
- Hector Guimard
- Marseille
- Mais je mets quelle cravate le 8 août ?
Pense-bête qui ne sert apparemment à rien :
Ne rien faire
Et sinon :
La photo du bandeau du mois a été prise à Trouville
le 31 mai 2009.