Le journal de l'Arno - juillet 2009

Samedi 32 ben oui 32

Bon ben les vacances sont déjà là et j'ai pas eu le temps de préparer le mois d'août... Hop hop je finis de remplir ma valise et direction les grandes métropoles européennes à savoir Jauldes, Chaniers et Boé. De retour à Paris le 21 août, mais de retour en ligne avant !

Vendredi 31

Je savais que j'avais perdu quelques photos en cassant mon ancien disque dur externe et je me disais que le prix de la réparation ne valait peut-être pas la chandelle malgré la perte des photos prises à l'aéroport de Brindisi en avril 2008. Après avoir remis tous mes dévédés de photos sur mon nouveau disque dur, l'ampleur de la perte est finalement pus importante que ce que j'imagnais. Presque un an de photos a disparu... et il me reste donc à prier pour retrouver les dévédés en question ou bien à m'incliner devant l'obligation de récupérer les données présentes sur la bête devenue muette. Parce que là, mine de rien, ça me désespère carrément et ça fiche en l'air quelques projets.

Hein ? Mais oui c'est génial c'est les vacances ! Menfin cette histoire de photos quand même... pfff...

Jeudi 30

Pourtant j'étais ravi d'ajouter un nouveau mouvement cinématographique à mes connaissances. Celui de la nouvelle vague jap`onaise. La seule vague japonaise que je connaissais c'était celle devant le mont Fuji, sur l'une des oeuvres de Hokusai et bien non il y en avait une autre. Une autre qui m'a bien bercé le temps d'une petite sieste sur un siège en velours moelleux, puis finalement presque filé la nausée. Malgré le charme qui se dégage de certains scènes ou l'amusement qu'on peut tirer en se disant par moments "Oh ben on se croirait dans un film français", cette litanie de hurlements et d'hystérie, menée par une jeune fille à la dérive qui donne le titre au film, est parfois insoutenable. Faites-la taire !

Bon alors après j'ai fait du vélib, événement suffisament rare pour le noter ici, événement qui m'a surtout empêcher de continuer la lecture de "L'annulaire" de Yoko Ogawa, un roman encore une fois merveilleux où se faufille le merveilleux, justement.

Mercredi 29

Me voici dorénavant l'heureux propriétaire d'une toile, une vraie toile, signée d'un artiste et ami, une toile que j'ai aimée au premier coup d'oeil. Ce n'est pas la seule que j'aime, et d'ailleurs celle-ci ou les autres sont être dorénavant visibles sur le site toile... euh non web, sorry d'Olivier, qui m'offrit cette fameuse toile en échange de la dernière `pierre à l'édifice (et du saint esprit).

Mardi 28

Je n'imaginais pas que mon péché d'envie allait me faire brûler en enfer. Car au 38 rue Etienne Marcel, adresse d'une boutique où les coupes de pantalon sont des hymnes au galbe des jambes, il faisait juste une chaleur insoutenable qui m'a rappelé l'avenue de l'Opéra le 9 août 2003. Le temps de monter au 2ème étage, de constater que les plus jolis pantalons soldés n'étaient plus à ma taille, d'hésiter sur un pantalon blanc et de repartir, je ressortais sans avoir transformé mon envie en orgueil, mais mon dos en piscine.

Un peu plus tard, péché de gourmandise : charcuterie corse, vin corse, vin de Sardaigne, vin de Sicile, et eau-de-vie de myrte. Une myrte à ne pas mélanger avec les cacahuètes car c'est bien connu : la myrte - cahuètes, me fait la tête.

NB. Je raconte le fait que c'était une chance immense de ne pas essayer un pantalon car j'avais bêtement mis des chaussettes très usées ? Non, je le garde pour moi...

Lundi 27

Evidemment je connaissais le bar au coin de la rue Alexandre Dumas, pour être passé devant moultes fois sans m'y arrêter. Cette fois, je m'y suis arrêté, ai patienté le temps de lire trois phrases et d'avaler une chips et une gorgée avant que N n'arrive accompagné de D qui repartit pour revenir accompagné de D qui` attendait une copine dont j'ai oublié l'initiale et qui elle-même était accompagnée de sa cousine américaine R. Alors euh donc 1, 2, 3, 4, 5, 6 voilà on était 6 et ça s'est fini chez la mère de D et là vous allez me dire "oui mais quel D ?".

Dimanche 26

De jour, sur mon balcon ensoleillé, lire la nuit, lire la mort, lire le sombre, lire la face la plus noire de l'être humain dans les pages de "L'Adversaire", objet littéraire entre le roman et la chronique judicière, entre le portrait et l'article malsain d'un journal en manque de sensation forte, entre l'empathie et le dégoût, entre la haine et l'interrogation. Je voulais connaître l'oeuvre Emmanuel Carrère après avoir vu son film "Retour à Kotelnitch" et mon premier choix c'est donc porté sur ça, qui me donne parfois envie, comme au cinéma, de fermer les yeux quand vraiment, c'est trop dur.

De nuit, dans une salle de cinéma au sous-sol des Halles, voir le jour, voir la vie, voir la lumière, voir la face la plus farfelue et légère de l'être humain dans "Le Roi de l'évasion", objet cinématographique entre polar et film érotique, entre farce et attrape-moi, entre homosexualité et détournement de mineure, entre sympathie et ome`lette aux cèpes. Je n'avais jamais vu de film d'Alain Guiraudie, et si je n'avais pas trop de choses à raconter pour ce dimanche j'aurais pu vous donner encore plus envie d'avoir le voir.

Et puis, au milieu... tadaaaaam ! Les sooooooldes. Alors je m'étais promis de ne pas dépenser d'argent dans des fringues inutiles et j'ai donc trouver plein d'utilité dans ce que j'ai acheté. Je ne parlerai pas des basiques chemise blanche, chemise noire, tee-shirts manches longues ou cardigan, mais plutôt de cette supeeerbe chemisette Ben Shermann® à petits carreaux fuschia et bordeaux et de ces supeeeeerbes baskets jaunes vif de chez Fred Perry® que je me suis empressé de mettre pour aller au cinéma. Et en plus j'ai tellement fait des affaires because dernières démarques que j'ai presque envie d'aller chez Marithé et François Girbaut rien que pour narguer Atanarjuat en plus c'est ouvert le lundi ET le mardi jusqu'à 19h30 et c'est au 38 rue Etienne Marcel et vraiment c'est à deux pas de chez moi mais mardi soir à 19h30 je ne serai pas rue Etienne Marcel oh non non.

Samedi 25

Tu m'as laissé la clé pour m'assurer en ton absence que les plantes n'auraient pas trop soif. Je suis donc allé m'assurer que la pluie de la semaine avait suffi pour les pots de la jungle de ta terrasse ne bénéficiant pas de l'arrosage automatique, et j'ai complété ce breuvage des c`ieux par celui du robinet après avoir cherché en vain un arrosoir ; il me semblait pourtant qu'il en existait un. Mais où ?

Entrer chez quelqu'un absent de chez lui, même sans effraction, est tout de même assez étrange. Je me souviens que j'avais eu à peu près la même sensation en allant récupérer des meubles à Montreuil, circonstances pourtant nullement comparables, et j'avais alors exprimé mon sentiment d'avoir fait ça - c'est à dire d'avoir récupéré mes biens - comme un voleur. Et me voilà, sous la lumière du soleil qui frappe les baies vitrées en cette fin d'après-midi, qui décide de voler.
De voler ça :

...des images.

Mais auparavant, il y avait eu l'ambiance lounge de chez Germain avec B.Boy, deux utiles achats à la FNOUC, deux cravates et un parapluie qui sera probablement perdu ou cassé dans les trois mois qui viennent. Toutefois, pour l'ambiance lounge de Germain, faudra veiller à ne pas faire entrer, la prochaine fois, une horde de touristes espagnols avec en tête de groupe un spécimen courant de hurlantis megeras, plus connue sous le nom de grande gueule. Elle doit être poissonnière à Sans Sebastian, non ?

Vendredi 24

Il faut dire que la sal`le de sports, je l'avais un peu abandonnée ces derniers temps. Mais la motivation était revenue en cette fin de semaine et c'est l'esprit guilleret et la jambe alerte que je poussai la porte du club à 19h30 ce vendredi.
- Bonjour !
- Bonjour monsieur ! Nous sommes fermés pour travaux.
- Ah.
- Oui du 23 au 31 juillet.

... Je vous passe les détails sur mon sourire bête en sortant de la salle, mais j'ai changé mon sac et mon fusil d'épaule et je suis allé acheter une bouteille de vin corsé en prévision de la soirée corse de mardi soir. Ouais je sais je suis super drôle.

Jeudi 23

Champagne !

Le nouveau site du Cercle Guimard est en ligne ! Entre iciiii, Hectoooor Guimaaaard, aveeeec ton terribleeeeuuhh cortè...euh non pardon je confonds.

Bon ben voilà, c'est par ici : http://www.hector-guimard.net/fr

Bon c'est bête je devais encore parler cinéma... ce sera pour demain.

Mittwoch zei und zwanzig

Ca commence en farce sexuelle, en caricature éhontée, en clichés surdimensionnés : Brüno est alors reporter de mode en Autriche et il nous dévoile ses pratiques sexuelles avec son amant pygmée et ses frasques de journaliste modasse follasse. On nage en pleine gaudriole burlesque et c'est drôle pour peu que l'on aime le lourd. Et puis Brüno traverse l'Atlantique pour devenir une star... puis pour devenir hétérosexuel parce que c'est le s`eul moyen d'être une star ! Petit à petit, insidieusement, les reportages de Brüno se mettent à pointer du doigt ceux qui le pointent du doigt, parce qu'il est différent. Et puis... et puis il y a la fin. On ne sait jamais si c'est du vrai ou du faux, on sait cependant que certains passages ont vraiment eu lieu... et je pense que la fin a vraiment eu lieu, parce qu'il y a sûrement, au fin fond de l'Arkansas, une tripotée de dégénérés aux trop nombreux croisements généalogiques incestueux, une tripotée de dégénérés haineux, n'ayant d'égal avec le porc que la boue intellectuelle dans laquelle ils vivent.

(Hein ? Oui oui j'aime mon prochain)

Mardi 21

"De toute façon tu vas y aller, ça fait des semaines que tu as envie d'aller le voir", me dis-tu approximativement d'un air assuré depuis cette plage de Corse où tu bronzais seul et où mes rêves s'échouaient. J'y suis donc allé, voir ce "Divorce à l'italienne" d'une drôlerie et d'une légèreté qui ne me faisait pas regretter d'être resté à Paris. Jolie consolation que ce film en italien où Mastroianni ne sait comment se débarrasser de sa femme un peu trop amoureuse et moustachue.

Mais j'aurais pu ne pas le voir, ce film : y a un connard qui a balancé une grosse bouteille de bière tandis que je prenais tranquillement une photo assis sur le parvis de Beaubourg. J'étais entre le point d'impact avec le sol et le type, j'imagine qu'elle m'est passé tout près tandis que j'avais l'oeil rivé sur mon écran.... Bref... En tout cas la photo vous la verrez demain, je vais me coucher... Hein ? Le mec ? Ben il m'a répondu "Et tu vas aller chercher les flics ?".

Hein ? Oui oui j'ai fait les courses. J'ai racheté du thon à l'huile : deux petites boîtes et une grosse.

NB du 26 juillet : on me glisse à l'oreillette que la phrase était plutôt "De toute façon il faut que tu y ailles" et que ça n'a pas du tout le même sens.

Lundi 20

On aurait pu lire ici quelques sourires sur le dernier Podalydès, mais pour cause de mauvais timing, de loupé, de filiation, on s'étonnera seulement d'un dîner tardif fait de bric et de broc car l'envie d'aller faire deux ou trois courses atteignait des limbes au fond desquelles giseraient des boîtes noires, l'épave du Manitoba et d'étranges bestioles apeurées à la moindre source lumineuse. Une petite boîte de thon, les deux dernières tomates séchées du bocal, un pain au lait, du chocolat, un deuxième pain au lait peut-être, un fromage blanc, des framboises décongelées mélangées à ce que l'on appellera désormais des "gâteaux pas sexys"*... j'avais l'impression d'être ces personnages de film qui` mangent ce qu'il reste au fond du sac échoué avec eux sur cette plage de sable fin dont ils rêvaient pourtant quand ils rêvaient encore.

* Marseille private joke.

Dimanche 19

D'un côté "La rumeur", film de 1961 avec Shirley MacLaine et Audrey Hepburn, avec intrigue limpide sur le thème de l'homosexualité. De l'autre côté du ring, "Atanarjuat", film de 2002 de 2h47 avec des acteurs inuits, caméra d'or à Cannes sur le thème de rivalités entre hommes, réincarnation, naturisme polaire et chamanisme.
A priori, sur le papier, c'était pour moi la rumeur qui gagnait. Et bien détrompez-vous ! Car l'esquimau a mis KO la lesbienne avec un grand coup dans la tempe*. Pourtant avec tous ces gens au nom bizarre qui ont plusieurs femmes et donc la fille est la mère** c'est encore plus compliqué qu'un James Bond. Mais cette plongée dans un univers à mille lieues du mien était un moment passionnant. Et n'oublie pas, les peaux c'est une à l'envers, une à l'endroit.

* Référence au film, n'y cherchez pas une contrepèterie.

** Ouais c'est cariboument*** bizarre...

*** Jeu de mots tiré par les poils.

Samedi 18

Je crois que la question qu'on me pose le plus régulièrement quand je dis mon nom de famille, c'est "Avec un S ou un Z ?" Alors voilà... Depuis le temps que ça devait arriver... c'est arrivé. La ruedespyrenees, c'était plus trop d'actualités... Vous voici donc dorénavant sur http://www.avec-un-z.net/ Ca n'a l'air de rien, mais les déménagements virtuels c'est pas de tout repos. J'en ai profité pour relooker la page d'accueil (mais je n'en suis pas hyper satisfait), pour virer des rubriques inutiles (mais vraiment cet autoportrait faut vraiment que je le remettre à jour), pour changer un peu aussi la tête de Hot Dogme et... euh... et voilà. Que dire d'autre ? Rien... Demain, reprise des activités normales...

Ah si au fait le blog Art nouveau aussi a déménagé : retrouvez-le sur art-nouveau.style1900.net !

Vendredi 17

Il me demanda si j'avais la carte de fidélité. Depuis le temps que je n'habitais plus le quartier, je n'y étais venu qu'une ou deux fois ; ses cheveux avait poussé, sa moustache aussi et j'avais débarrassé mon portefeuille de la carte de fidélité en question. A cause de ce système pileux qui avait ajouté quelque ombre à son visage, je me demandais toujours si c'était bien lui, et si ce n'était lui si c'était donc son frère mais sous prétexte qu'il tenait une librairie j'avais sûrement la simple envie de faire une allusion littéraire quelconque.

A propos de la fontaine il plut un peu trop, et le barbecue fragilisé par l'orage de la veille vécut probablement son dernier effort après que j'avais ouï des histoires de sons et lu un peu d'Emmanuel Carrère. Puisque si librairie il y avait eu, achat de livre il y avait eu.

Jeudi 16

Je ne manquais pourtant pas d'idées... J'ai eu ce matin une nouvelle idée de projet photographique. Il ne dépendra malheureusement pas que de moi, mais du hasard... Verra-t-il donc le jour ?
Les deux projets qui, je l'espère, [mode teasing on] prendront forme en août ne sont en tout cas pas mis de côté, et mûrissent petit à petit. A moi de travailler pour faire quelque chose d'original ou d'intéressant à partir d'un événement plutôt banal et d'une idée par franchement révolutionnaire... A suivre... [mode teasing off]

Un projet qui voit le bout, c'est en revanche le site du Cercle Guimard, au lancement maintes fois repoussé mais jamais oublié. Ca se précise, et on devrait sortir les trompettes en début de semaine prochaine suite à notre déjeuner-réunion de ce jeudi. Oups, d'ailleurs je devais travailler dessus ce soir...

Mercredi 15

J'avais commencé "Parfum de Glace" à un rythme nonchalant. Une lecture plaisante pourtant. Très plaisante. Y remettre le nez page 140 lundi soir, quelque part entre Dijon et Paris, m'a rendu prisonnier et j'ai dévoré les autres 160 pages du roman en 48 heures...
Yôko Ogawa m'aura encore une fois transporté avec délice dans son univers, un univers tellement humain où l'onirisme se ` glisse avec volupté, cette fois sous les fragrances subtiles des souvenirs.

Mardi 14

Je suis contre l'ouverture des magasins le dimanche.

J'ai pourtant fait mes courses chez Monoprix aujourd'hui jour de fête nationale, en trouvant abhérant que ce fût ouvert.

Il y avait quatre caisses ouvertes. J'étais le seul client aux caisses au moment de payer.

Mon caissier était très souriant, il était d'origine asiatique.

Les trois autres caissiers étaient souriants ; je crois qu'ils étaient ravis d'être payés double pour discuter.

Je savais que c'était ouvert sinon je serais allé au Daily Monop hier : il ferme à minuit.

J'adore faire mes courses vers 23h en face de Beaubourg, c'est presque la quintescence de la vie parisienne.

Parfois des choses insignifiantes sont encore plus insignifiantes quand je les raconte ici. Néanmoins j'adore le mot quintescence. J'aime moins la tarte aux abricots mais si tu en refais une demain je la mangerai avec plaisir.

Lundi 13

Le loueur de scooter nous atendait à 17h, le train à 18h18... nous avions donc devant nous une autre belle journée, avec tout ce qu'il fallait de soleil et de choses à voir...

La Cité Radieuse de Le Corbusier tout d'abord, endroit absolument fascinant où il est étonnant de voir une boulangerie dans un couloir d'immeuble ou` une terrasse avec petite piscine pour les enfants et où l'on put visiter un appartement. Pas un appartement témoin, juste l'appartement 212 qu'une propriétaire fait visiter moyennant tout de même 5 euros...

Le quartier "Le Panier" ensuite, en particulier pour un autre repas dans une cantine marseillaise bien accueillante (chez Etienne, 43 rue de Lorette), puis les Docks. C'est après qu'on a vu le film d'Ariane Michel ? Mais non mais non, souviens-toi, c'était hier après la dorade...




Bref en tous les cas après cette longue balade motorisée rougissant mes frêles épaules à peine recouvertes d'un petit débardeur Petit Bâteau®, on avait bien envie de se trempouner les pieds... Dont acte, au solarium en face de l'hôtel. Hein ? Mais non c'est pas rempli de bourgeoises, la preuve on y était.

Chez Marité & François Girbaut non plus d'ailleurs. Ah ben oui parce que après avoir dit au-revoir à la patronne de l'hôtel (rappelez-moi que je vous parle de l'hôtel* et de son accueil si particulier la prochaine fois...), on s'est arrêté voir les soldes chez M&FG. On était chargés comme des bourricots, il faut donc à tout prix que j'aille y faire un tour à Paris, leurs pantalons sont magnifiques, et je vous jure que ce n'est pas le prosélytisme de Suivez-mon-regard qui joue... bon bref et puis voilà après les Petits écoliers étaient tout fondus et à Paris il faisait moins beau.

* que l'on conseille au demeurant étant donné le rapport prix/vue.

Dimanche 12

Cristiàn Leighton aime Naomi Kawase et sa grand-mère. Cristiàn Leighton a voulu faire le parallèle entre sa vie et les films de Naomi Kawase. Et alors ? Ben alors on ne sait pas s'il a fini par rencontrer Naomi Kawase mais moi ça m'a donné envie de rencontrer son cinéma.

Et à part ça ? De la dorade, un mammouth, les calanques, des supions frits, de la soupe de poisson, de la baudroie... Marseille quoi !

Samedi 11

Je connaissais son prénom. Le hasard du calendrier me permit de la rencontrer et de voir son film dans une salle de projection fort heur`eusement point trop climatisée ; de toute façon j'avais prévu ce petit pull soie et coton tellement léger qu'il me suit partout. Même sur les calanques.
Les calanques ? Ah les calanques ! Quand on a vu et revu les côtes du Salento, la découverte de ce genre de paysage n'est pas un choc, mais... qu'est-ce que c'est beau ! (Sauf en photo parce ce que les photos de paysage c'est pas trop mon truc...)

Vendredi 10

J'entamais à peine ma nuit, dormais depuis quoi... vingt minutes ? Une voix me réveilla. Le TGV arrivait à Marseille.J'allais pendant trois jours découvrir la cité phocéenne comme ils disent à Stade 2 et à Téléfoot*. J'étais donc encore endormi quelques minutes plus tard tandis que tu m'attendais au bout du quai pour m'entraîner sur un scooter de location à une terrasse où chacun devisait sur le cinéma : le FID battait son plein.**

* Règle n° 33 du parfait petit rédacteur de journal en ligne : toujours surprendre le lecteur par des références culturelles en décalage avec l'univers habituel du rédacteur.

** Bon alors, faudrait savoir, c'est plein ou c'est FID ?

Jeudi 9

Elle attendait sur le quai, station Gambetta, ligne 3. Charentaises mouchetées, chaussettes blanches, pantalon noir, pull à rayures, et sur la tête une sorte de turban en tissu africain jaune et noir par-dessus lequel était posé un tapis, plié. Dans son cabac posé devant elle, j'aperçus une brioche.
Elle monta dans la même rame que moi en prononçant très fort trois ou quatre mots incompréhensibles, s'assit sur un strapontin, posa le tapis sur le strapontin voisin.
Le métro arriva à la station suivante. Elle se leva, ouvrit la porte et jeta deux gros bouts de brioche en direction de la poubelle qui était sur le quai. Le métro repartit, elle se rassit. Et elle se mit à jeter des bouts de brioche par la fenêtre de la rame, ou bien par la porte à chaque station.
Elle descendit à République.
` Ma voisine de banquette me regarda. Je lui souris. Elle ne broncha pas. Elle avait une espèce de mantille noire qui réhaussait son crâne de 20 bons centimètres.
Et la mantille, mon cher Watson.

Mercredi 8

Le bûcheron est un homme costaud voire rustre, armé d'une hâche et bravant le froid de l'hiver pour réchauffer sa femme qui tricote au coin du feu. Le bûcheron est aussi un sympatique restaurant de pâtes où l'on dîna moins cher grâce à la baisse de TVA dont tout le monde parle mais tant que l'on ne l'a pas vue on n'y croit pas et pourtant si elle est bien là et ceci me permit d'évoquer le graphiste Cassandre qui débuta sa carrière de graphiste pour l'affiche du magasin de meubles "Le Bûcheron" qui a donné son nom au restaurant si l'on en croit le serveur et les souvenirs vagues de mon compagnon de table.

Note à moi-même : la prochaine fois, y commander un steak haché.

PS. il y avait une très jolie lumière sur Beaubourg mais comme j'ai voulu faire du zèle avec 80 iso j'ai même fait des photos floues !

Mardi 7

Etait-ce le signe que l'on ne devrait plus jamais s'éloigner autant ? Nos retrouvailles se firent en effet avec la ponctualité la plus parfaite, quitte à utiliser ce drôle de superlatif, car j'arrivai sur le quai tandis qu'elle descendait du RER en provenance de l'aéroport. Elle était là-bas, sa chevelure rousse faisait presque honte à l'éclairage artificiel. 10 ans et 1 mois plus tôt je quittai Darmstadt après deux mois de stage qui cloturaient ma relation plus houleuse que passionnelle avec la chimie. Nous gardâmes quelques contacts par la suite, mais nous sommes-nous revus dans les mois qui suivirent ? Les souvenirs sont brouillés par tout ce temps passé depuis. Admettons qu'on se perdit de vue assez rapidement ensuite ; ni email ni portable à l'époque, les adresses postales de nos parents respectfis n'auront pas suffi.
Elle venait sur Paris pour un triste événement, mais cela ne masquait pas complètement la joie de se revoir enfin. Internet nous avait réuni électronico-épistolairement il y a quelques mois, et puis nous voilà nous racontant nos vies en quelques quatre heures, entre un Martini sans glace et l'air frais de la rue St Martin. A présent, c'est Munich qui m'attend... A très bientôt !

Lundi 6

Version 1 du lundi : poésie.
Lundi maussade.
L'un ne dit mot.
Sade ne dit maux.

Version 2 du lundi : bulletin météo.
J'aurais aimé qu'il fasse vraime`nt beau, j'aurais clairement pris le soleil et d'autres couleurs, j'aurais sûrement pris le chemin vers le bourg pour d'autres clichés.
J'aurais peut-être aimé qu'il fasse encore moins beau, j'aurais travaillé plus activement sans naviguer entre labeur et plaisir, entre cuisine et jardin, entre torse nu et chemisette à carreaux.

Version 3 du lundi : prose.
Te souviens-tu ? Je te parlais récemment du gratin de béchamel qui trainait dans mes souvenirs là où les goûts et les parfums sont sagement rangés, prêts à se redéployer à la moindre virgule de sel. Le souvenir évoqué il y a deux jours dans la cuisine s'est retrouvé dans mon assiette, garni comme il se doit et moins flou quand dans mon esprit, malgré la vapeur qui s'échappait du plat brûlant.
Les souvenirs, les odeurs, le flou, voilà justement qui me permet une liaison vers "Parfum de glace", roman de Yôko Ogawa que l'on m'a offert récemment et que j'ai commencé à dévorer. Presque comme le gratin de béchamel. Presque comme...

Dimanche 5

Essayer, réessayer, recommencer, changer, échanger, tester, détester, évaluer, réévaluer, avancer, progresser... en attendant cette formation en photo qui s'est glissée dans ma tête et mes projets tout récemment, je shoote. Toujours autant, de moins en moins en automatique et peut-être de moins en moins au hasard et avec d'autre idées derrière la tête que la simple illustration d'un journal et l'amas de souvenirs.

Je m'imprègne tellement de plus en plus de mes activités de création (l'écriture et la photo) que je m'interroge sur mes activités de récréation (mes trois autres blogs... même celui sur l'Art nouveau). Tiens... j'entends crier les contestataires...

Bref... soeurette ne vois-tu rien venir avec tes sept lettres sur ton chevalet de scrabble®. Ne vois-tu que le ciel qui bleuoit et le soleil qui poudroie sur les fleurs de carotte sauvage que par chez moi on appelle panais (de la dernière pluie) ?

Samedi 4

<`p>J'ai plus que rosi, sous ton influence et celle du soleil, mais ça tu le sais déjà. Tu es pourtant loin d'ici : Berlin t'a invité le temps d'une fin de semaine, la campagne charentaise m'accueille encore.

Tu as pourtant été là, d'une certaine manière, mais encore plus loin puisque à La Fin du monde ; tu as pourtant été là juste le temps d'un court, un seul car il était déjà tard.

Mais ensuite tout de même j'ai eu envie de Chamonix puis Paris, le temps d'une chanson.

Vendredi 3

Le TGV 8451 n'aurait pas eu quarante-cinq minutes de retard à cause d'un acte de vandalisme, j'aurais profité du joli coucher de soleil ailleurs que derrière les baies vitrées d'un train régional parti lui-même avec quelques minutes de retard histoire de compléter le tableau.

`

Mais ça, c'est juste histoire de râler... parce que c'est le wikèèèèène !

Hein ? Ah oui non pas tout à fait parce que j'ai du boulot... Pfff...

Jeudi 2

- Alors ?? On raconte qu'il y avait le tout Paris ce soir chez toi !?
- Le tout Paris, le tout Paris, n'exagérons pas ! Des classikeul miouzicheunz, une ministreuse, une "femme de", un(e) réalisatrice, un acteur/réalisateur...
- Ah il était encore là lui ?
- Ben oui. Rho tu n'imagines même pas, j'ai sorti une blague et ça l'a fait rire !? Dis donc tu crois qu'il va la replacer dans un film ? Rho la la ça y est la gloire ! La gloire ! Enfin !
- Et ça s'est terminé à quelle heure ton pince-fesses haut-de-gamme ?
- Je ne sais pas, y avait bis repetita sur la terrasse avec mon peursonol pipole.
- Quoi ? Mais t'es gourde ou quoi ? Une bonne dose de relations ça n'a jamais fait de mal à une carte de visite tu sais...
- Gnagnagna... Mon seul regret c'est de ne pas avoir discuté plus longtemps avec la femme qui accompagnait J.D., elle est drôlement marrante !
- Hein ??? J.D. ?? Mais Joe Dassin est mort voyons !

Mercredi 1er

La surprise vint du téléphone, je venais de fermer la porte et j'écoutai le message laissé juste un peu plus tôt. Lili ne venait pas vider les poubelles à Paris pour plagier la chanson mais déposer un exemplaire de sa progéniture sur un bout de son arbre généalog`ique et, accessoirement, faire les soldes. Nous nous retrouverions le soir à Répu, avant de faire leur visiter ma chambrette, avant de nous installer à la terrasse bruyante d'un quelconque café d'un coin de rue où Saint Martin aurait croisé des ours.

Un peu plus tard, toujours une terrasse, bien moins bruyante, accueillant un barbecue. Le film d'Emmanuel Carrère traîne encore dans les esprits, des esprits pleins de projets qui se concrétisent, des esprits pleins de projets qui s'en inspireront peut-être. S'inspirer ? Vous trouvez qu'on ne manque pas d'air ? Expirer, on manque d'air vous ne trouvez pas ?

Note personnelle (pour en rire encore dans vingt ans en relisant ces lignes) : "Aaaaaaaaaaaaaahhhh aaaaaaaaaah aaaaaaaaahh Jean-Sébastieeeen Baaaaaach"