En attendant les jours bretons qui débuteront octobre, septembre aura fini sa course entre le début de lecture d'un roman cocasse (Mon Valet de Chambre, d'Hervé Guibert), un appel pour lequel je ne pouvais vraiment rien faire (ben y a des moments où je n'ai pas internet sous la main pendant plusieurs heues), une jolie surprise (un ouvrage sur l'architecture à Nogent, car la ville possède de très belles constructions Art nouveau), une belle expérience cinématographique (le dernier film de Christelle Lheureux, "Un sourire malicieux éclaire son visage" projeté à la FEMIS) et une petite soirée qui s'est finie vraiment tard pour quelqu'un qui se levait à 5h45 le lendemain, sachant qu'à cela il fallait ajouter le grattage félin de porte. Le sort s'acharne, disent-elles.
"Après avoir dénoué notre étreinte, nous restâmes un instant assis nus l'un contre l'autre sur le tapis du vestibule."
Jean-Philippe Toussaint aime décidément parler d'étreinte, de corps nus, si possible celui du narrateur (lui ?) et de la femme qu'il aime, ou qu'il n'aime pas, ou qu'il n'aime plus... C'était donc déjà le cas dans son premier roman, la Salle de bain, dans lequel j'ai préféré les passages amusants à ceux où l'auteur ne sait pas à quel romantisme se vouer*. Quoi qu'il en soit, lire un bon roman sur un bon canapé avec Bach en fond sonore et un ananas en fond d'estomac, c'est juste parfait. De surcroît je peux enfin mettre un visage sur le prénom "Julien" mais ceci n'a aucun rapport sauf celui qu'il était là lui aussi pour l'ananas.
*Et apparemment c'est toujours le cas avec le dernier paru...
Lundi ? ah oui lundi.... bon ben on passe au mardi...
On pourrait croire qu'avec un vieux Chabrol et des aubergines, on ne prend aucun risque. Mais les "Bonnes Femmes" n'étaient pas aussi amusantes qu'on l'espérait et les aubergines, amusantes par leur format et leur couleur jaune, étaient amères, contrairement aux bonnes femmes qui finalement n'étaient ni amusantes ni amères bref aucun trait de caractère quelle déception. Pour replacer tout ça dans le contexte, dois-je préciser que l'achat de ces aubergines fut poussé par une certaine curiosité qui s'avère donc définitivement un vilain défaut tout comme la gourmandise, oh mince on a oublié de goûter les macarons !? *
Finalement le plaisir vient des valeurs sûres (macaron au citron, bar et dorade au barbecue et série américaine) et c'est presque triste comme constat mais je devrais peut-être développer cette théorie car elle ne me ressemble pas.**
* Dois-je finir cette phrase par un "?" ou un "!" ?
**Théorie, théorie, est-ce que j'ai une gueule de théorie ?






Tu m'as laissé, après le comptoir, pour un rendez-vous à midi. On se retrouverait plus tard, un peu plus tard que prévu puisque je serais en retard au dîner. Mais tu l'étais toi-même déjà : il était midi passé. Un arrêt chez Mona pour des vapeurs d'absinthe sur papier, des activités d'intérieur parce que mon intérieur avait été bien abandonné cette semaine, un petit saut pour du café et de bien brèves salutations, une coupe de cheveu presque inédite, une vitrine aux couleurs si vives qu'on aimerait en manger et d'ailleurs on en mangea, un trajet semblant interminable, un dîner, et pédaler preque interminablement. C'est à cause du vélo où il fait vraiment plus froid ce soir ?
Il y a peut-être (toutes proportions gardées) des parallèles à faire entre la Terreur avec un T majuscule et la politique actuelle, sans majuscule aucune. Mais je n'ai pas cherché les parallèles, faute de m'intéresser de près à la politique actuelle (bouuuh crie le lecteur) et faute d'être à l'aise avec la période révolutionnaire (bouuuh crie mon neveu qui vient d'entrer en fac d'histoire-géo). Je suis donc resté le simple spectateur de ce "Notre Terreur" actuellement à l'affiche du théâtre de la Colline, avec un grand C. Navigant entre humour et témoignage historique, cette pièce offre quelques beaux moments et jolies surprises... la première étant de me voir retourner au théâtre.
"Vous pouvez me le tenir ?" demanda-t-elle au costume noisette assis en face d'elle. Il prit un air amusé par dessus son air absent et le lui tint. Ainsi libérée de son tuba elle put oter sa veste ; il faisait chaud dans la rame et je n'étais pas sûr du nom de ce gros instrument en cuivre.
Je ne suis pas sûr non plus d'aimer le travail de Ziad Antar, projeté ce jeudi soir à Beaubourg. "La Marche Turque" oui. Le reste ? Le reste fut parfois amusant, mais histoire d'égocentrer encore un peu plus ce journal j'évoquerai juste "Le radar" qui montre la rotation d'un objet. La rotation... sujet de mes vidéos où ça tournait, où ça tournait, où ça tournait, voire où ça cyclait... Allez, justement, refaisons vivre "Hot Dogme".



Le
soleil frappait d'or les flancs de la BNF et là-bas, m'en approchant,
un tapis rouge. Ce n'est pas moi qu'on attendait. "Ce n'est pas toi
qu'on attend ?", demandai-je à peine assis près de
toi. On — photographes hurlant des "Jean-Pierre" quand
Léaud ou Mocky arrivèrent — attendait des noms et
des visages qui avaient fait la Nouvelle Vague. Les visages ont changé,
les années ont passé. Quarante-trois ans après, Pierrot
le Fou a retrouvé ses couleurs dans une superbe version restaurée.
Ses couleurs, ces couleurs, quelles couleurs ! Du rouge, du bleu, les
robes, la mer, les autos, le ciel, le sang, un visage peint de folie.
Pierrot est fou ? Le film aussi. Merveilleusement fou.
L'eau de javel me vint aux narines lorsque j'entamais la page 222. Depuis quelques secondes, l'indiscret clapotis de la fontaine s'était mis à rompre le bruit de fond : circulation plutôt lointaine, fracas de travaux plutôt sporadiques, discussion plutôt calme entre ces deux dames. J'avais encore le goût de la pizza au jambon en bouche. La page 219 avait dorénavant une petite tache rouge tomate.






Il suffirait donc de l'influence amicale d'une photonathagraphe pour que ce journal reprenne des couleurs ?



La maman était souffrante, le papa est venu avec la petite fille. Le papa est architecte, la petite fille est archi bavarde. Architexte ? Mais archi sage, donc pas à rechigner. La visite fut archi belle, je ne m'en lasse pas de ce quartier. Sans l'oeil rivé sur mon appareil photo, laissé volontairement chez toi, j'ai laissé traîner mes yeux sur les coins et les plaies. Je reviendrai seul traîner mon regard, l'autre, celui derrière le viseur. Mais la lumière sera-t-elle aussi douce ?



Pour ceux qui s'interrogent, c'est Mairie d'Ivry.
J'avais rendez-vous. Rendez-vous à Stella-Plage. C'était le nom du court-métrage qui passait au Cinéma des cinéastes à midi. C'était l'occasion de découvrir ce cinéma, c'était l'occasion de voir deux ou trois têtes, c'était l'occasion de dire que j'avais préféré Valérie Mréjen, c'était l'occasion ensuite de prendre un vélib sous le soleil.
J'avais rendez-vous. Rendez-vous à 15h. C'était l'heure où l'architecte ayant eu en charge la restauration du 124 rue Réaumur était là pour parler du bâtiment et du chantier, c'était l'heure que j'avais donné à quelques têtes pour se retrouver mais une seule tête parue, peut-être justement la plus à même de me parler du lieu et de la rue.
J'avais rendez-vous. Rendez-vous près du métro Raspail. C'était un endroit que je ne connaissais pas, c'était un endroit que j'aurais dû connaître avant, c'était un endroit agréable pour commencer une balade qui se poursuivrait dans de jolies boutiques aux tentations immenses. Aux prix immenses aussi. Oublions !
Nous n'avions pas pris rendez-vous. Ni au Flore, tranquillement installés à l'intérieur pour la douceur d'un Gewurzt. Ni au... euh... où ça déjà ? Hep ! Psssst ! Dis-moi, ça s'appellait comment le resto ce soir ?








C'est bien la prose avec figures imposées, mais avec tout ça je n'ai pas parlé du film de Valérie Mréjen. French Courvoisier. Très bien. Vraiment. Et l'autre film ? Mais quel autre film ? Oh oui et puis je n'ai pas non plus parlé du livre sur les affiches d'absinthe, ni du MA-GNI-FIQUE Voyage de Chihiro mais puisque je me suis endormi devant je ne devrais peut-être pas en parler...
Il y a des fins de vendredis qu'on aime plus que d'autres : l'oisiveté y pointe son nez avec encore plus d'alégresse que d'autres fins de vendredis. Parce que si l'on se retourne sur la semaine... non non finalement on ne se retourne pas. A quoi bon. Regardons plutôt le ciel bleu écarlate, le boeuf carottes, les macarons, écartons-nous, mais non, restons, l'écart m'isole. L'écart m'isole de force. Il y a des fins de semaine où l'on a vraiment envie de se réfugier dans les jeux de mots et de language, tiens justement Jean-Philippe Toussaint parle de son travail, écoutons-le.
Du côté d'Odéon. D'un côté, du rêve avec ce si beau livre que tu m'as offert sur Frank Lloyd Wright et son oeuvre en photos ; des photos auxquelles on excusera quelques teintes trop orangées. De l'autre côté, ce si mauvais livre que je me suis acheté sur le "Paris Art nouveau", un livre... oh et puis non... rien... oublions-le vite.
Oublions-le vite et patientons quelques semaines, quelques mois pour savoir si le film "Tu n'aimeras point" tombera lui aussi dans l'oubliette aux souvenirs. De jolis plans, une jolie lumière qui ne t'a pas vraiment plu. Une jolie histoire ? Non, enfin si, mais non, parce que le réalisateur ne laisse pas le temps au désir de s'installer, parce que je ne veux pas croire à ces boutons arrachés dans une chambre froide et parce que c'est la rigidité de la société et l'extrêmisme religieux qui gagne. Travail, famille... parti.
Il me fallut un seul coup d'oeil pour me mettre à rire et avoir une chanson de Dalida dans la tête. Parce que la jeune femme entra dans la rame avec un San Antonio intitulé "Remets ton slip, gondolier".
Bah... il vaut mieux avouer sa puérilité, que se vouer à la purée allité.
Hein ? Oui je vais peut-être arrêter les jeux de mots.
Je ne maîtrise pas toujours la situation. Mais je me rends surtout compte que je ne maîtrise pas du tout les situationnistes. Parce que si Guy Debord est un nom qui m'est parfaitement connu, ses écrits, ses actions et le fondement de son internationale ne sont pour moi qu'une vague couv' des Inrocks il y a quelques années. Après que le sujet eût été brièvement évoqué une première fois il y a quelques jours, le revoici (le sujet) avec moultes échanges pour lesquels je suis resté sur le (De)bord de la route.
Ben oui ben oui, ce qui est dommage, c'est qu'avec un nom pareil, ce Guy Debord est un véritable nid à jeux de mots... mais que je n'ai même pas osé en placer un. Avec le mot paupiette non plus d'ailleurs. Aurais-je été intimidé par les invités ?
Tiens c'est l'anniversaire d'Amy Winehouse aujourd'hui. Ca tombe bien, je n'ai rien à dire. Et inversement.
Ce matin c'était bleu, je t'avais dit que non, il faisait trop beau pour aller au cinéma voir les Larrieu avec toi, avec vous. Cet après-midi ce n'était plus bleu du tout, depuis belle lurette d'ailleurs, tu m'attendais devant la gare, depuis une lurette moins belle, dix minutes peut-être, dix minutes de trop. Le Luxembourg, c'était une jolie idée ; combien de fois y avais-je mis les pieds? Deux fois ? Trois fois ? Mais marcher c'était aussi bien, qui dit gris dit trop de fraîcheur pour se poser sur la fauteuil d'un parc.
Sur
le chemin du métro, on croisa Sainte Geneviève, on croisa
V&P, on croisa même une boulangerie, échoppe presque
nécessaire pour profiter de la terrine. Presque ? Presque : le
reste de pain n'aurait-il pas suffi ?
Pour finir la journée, "Lost in la Mancha"
nous pose en spectateur d'un tournage qui partait mal faute de budget
suffisant et qui finit... ah ben non, qui ne finit pas. Tiens je reprendrais
bien un bout de gâteau moi...

Non
mais vous comprenez, j'avais vraiment besoin de ce petit pull sans manches
en plus il ne coûtait que 20 euros, et puis après tout je
n'avais rien acheté chez Mona Lisait, rien chez Zara non plus,
bon mais il est vrai qu'au BHV j'ai trouvé ce joli petit plateau
rouge vif qui est très pratique pour me faire mes petites assiettes
anglaises in front of the compiouteur mais là vous allez me dire
"mais enfin on mange dans une assiette pas un plateau" et quand
je vous dirai que la pince à thé je l'ai payée 7,50
euros alors que chez Monopritche y avait la même à moitié
prix vous allez vous moquer de moi.
Bon étant donné que cette journée fut placée sous le signe du glandage-promenade-vitrines, un peu de Bach. Enfin quand je dis UN PEU de Bach, je veux dire un truc ENORME, oui vraiment, ça, là ça, ce qui suit là juste en-dessous, c'est juste merveilleux, je ne l'avais écouté depuis longtemps et il a suffi que je l'entende samedi dernier en préparant le clafoutis pour que je... aaaaah mais ouiii... c'est pour ça que j'ai loupé mon gâteau !
Le
11 septembre, certains pensent à la mort d'Allende en 1973, beaucoup
pensent aux attentats de 2001. Moi je pense à toi, parce que c'est
ton anniversaire. J'y pense le matin, en pensant déjà au
soir, et pourtant je ne pense pas à envoyer un petit mot ; faites-moi
penser à être mieux réveillé le matin.
Le soir, plaisir, foie gras, champagne, une courte attente sur un quai
de gare, une autre pas plus longue dans ce restaurant japonais : quand
on aime, on ne compte pas les minutes*.
PS. Ca y est ? Je peux enfin avouer que je suis allé à la
Maison du Japon samedi dernier et que j'ai été déçu
parce que j'espérais trouver mieux ?
PPS. Bon, OK, les brochettes de peau de poulet grillée je les laisserai sur la carte la prochaine fois.
PPPS. Dépenser, est-ce arrêter de penser ?
* Enfin parfois si, mais bon voilà c'était pour la formule.




Ciel
bleu de fin de journée, j'erre alors dans les rues de Ménilmontant.
Au coin de la rue, l'idée d'appeler, je suis si près. Un
message. Deux minutes plus tard elle me rappelle. Deux minutes de plus
et me voici chez Anne. Une grenadine, quelques olives, quelques moqueries
envers la petite qui fut bien plus sage face à ses coquillettes
lorsque je la gardai.
Je ne reste pas dîner, je propose un déjeuner dans dix jours,
je pense au rangement qui m'attend : tu viens demain.



95-60-93, en toute saison Donatienne se distingue par le port de vêtements surnaturellement courts et miraculeusement décolletés, quelquefois en même temps si courts et décolletés qu'entre ces adjectis ne demeure presque plus rien de vrai tissu.
... Me voici replongé depuis dimanche dans Les Grandes
Blondes d'Echenoz, dans cette écriture pointue que
d'autres ont qualifié de blanche, une écriture qui joue,
désinvolte et maline, avec les mots, les personnages et le lecteur.
Replongé car j'avais envie de vérifier que ce roman est
l'un des meilleurs d'Echenoz, bien moins âpre que son Lac
qui m'a récemment donné du mal.
A noter pour les puristes que Donatienne n'est pas une de ces grandes
blondes qui donnent le titre au roman. Quoi que...
- En fait elle n'était pas si grande que ça, Monroe, fit remarquer Donatienne penchée sur le fichier. Un mètre soixante et un.
- Rien à voir, dit Salvador sans lever la tête, tu ne saisis pas ma méthodologie. Par forcément besoin d'être grande pour intégrer la catégorie des grandes blondes, pas nécessairement. (Il réfléchit.) Peut-être même, au fond pas absolument besoin non plus d'être blonde, d'ailleurs. Je ne sais pas encore.
... En tout cas ça me donne envie de revoir Mireille Darc dans un film d'Audiard.
"Tu gardes un peu trop tes amis pour toi", m'avais-tu
dit dans un sourire malicieux. C'est pourtant encore une de tes connaissances
qui était assise ce soir devant un verre et la nappe à carreaux
lorsque j'arrivai. L'air et l'ambiance furent des plus agréables,
l'un doux, l'autre amicale sous les conversations imagées.
On attendrait donc un peu pour voir de nouveaux visages sous le noisetier
ou sous les ampoules multicolores cas les dîners en terrasse on
ne peut pas en promettre encore longtemps malgré cet été
qui insiste. On attendrait surtout que je relance les invitations...
"Valse avec Bachir" avait été un de ces rendez-vous manqués que j'aurais pu rattraper, probablement, à quelque séance matinale. Voilà ce loupé oublié. Voilà un film à ne pas oublier. Un film sur l'oubli justement, sur ce que l'on garde, ce que l'on perd, ce que l'on tait, ce que l'on voudrait se rappeler. Parce qu'oublier, n'est-ce pas mourir un peu ? Mais au delà du film fiction, il y a le film d'animation, simplement beau, et il y a le film documentaire sur le massacre de Sabra et Chatila : ces deux noms accolés étaient quelque part dans mes souvenirs d'enfance, les voilà de retour sans la poussière qui les recouvrait.
Oublier de prendre un vêtement de rechange alors qu'on sait qu'on va faire un barbecue, en tout cas, c'est pas malin.
"Ah ben c'est joli les couleurs quand même !", dit-elle à son mari. Elle regardait des parasols. Elle regardait les parasols de John Batho sous le plafond sculpté et l'ambiance feutrée de la BNF, rue Richelieu. Une ambiance au feutre déchiré peu après par des claquements de talons sur le marbre. Les chaussures étaient jaunes - on aurait pu les voir dans la série Photocolore de l'artiste - et leur tac résonnait à un rythme régulier. Mais l'onomatopée ne se calma que trop tard, après un regard désaprobateur vers cette démarche cinglante au milieu de fantômes embués qui méritaient le silence.
Les couleurs et les fantômes en question feront évidemment l'objet d'un billet ailleurs. Les photos prises un peu plus tard, celles d'un camion calciné, peut-être aussi. Car l'objet était beau. Car l'occasion était trop belle. Car quelques citrons flottaient étrangement au fond de ce squelette au teint de cendre. Mais malheureusement un taggueur ruinait fièrement de sa bombe argentée le flanc du monstre pour y figer trois crânes et noyer sa vanité dans cette Vanité.



PS. Ne plus entrer dans la librairie de la BNF, c'est juste pas possible, j'ai pas pu résister (= Martin Parr + Guy Bourdin + Aubrey Beardsley) mais si j'ai quand même résisté : je n'ai acheté que le tout petit livre sur Guy Bourdin (parce que le gros est juste immense et lourd).
Loupé
dans les proportions à cause de mon "hop je rajoute un peu
de ça, un peu de ça et un peu de ça parce que mon
plat est trop grand" ? Four récalcitrant ? Mauvaise idée
d'utiliser des petits fruits congelés ? Voilà en tout cas
ma réputation réduite à néant après
extraction du four d'un morceau de caoutchouc appelé en théorie
clafoutis. A priori le lapin a sauvé la mise et ce n'est pas une
contrepèterie. Le clafoutis avait quelques couleurs grâce
aux petits fruits parfaitement assortis au superbe bouquet d'arums rouge
que l'on m'avait offert, mais la pâte était encore trop pâle
pour être comparé à la couleur moutarde de mon autre
cadeau.
La rédaction de ce journal m'a fait remettre le nez chez dafont.com,
car depuis quelques mois la police de caractère du bandeau manquait...
de caractère. Le mois dernier c'était même carrément
la honte... De dafont en aiguille j'ai découvert une jolie Olivia
qui malheureusement ne possède pas de chiffres, puis la police
ci-dessus, joliment appelée Violette, pour enfin aller sur le site
et le blog
des créateurs de cette police... et rester les yeux grands ouverts,
la bouche à semi-ouverte pour faire des ooooh d'admiration...
Histoire de faire les choses en bonne et due forme*, je leur ai même
envoyé un petit message pour pouvoir me servir de cette Violette
gratuitement, ce qu'ils ont accepté et c'est tant mieux car sinon
je n'aurais rien eu à raconter pour aujourd'hui.
* Voire en bonnet diforme car il était bien tard **
** Vous la voyez l'image du bonnet de nuit écrasé entre
la tête et l'oreiller ?
Il y a quelques jolis plans et de jolis légers jeux d'acteurs
dans les seconds rôles.
Mais sinon ?
Ce n'est pas que je veuille dégoûter mon mince lectorat amico-familial
d'aller voir ce "Non ma fille tu n'iras pas danser",
mais... Mais quitte à voir un film de conflits familiaux, on préfèrera
l'humour d'un "Conte de Noël" de Desplechins ou
la galerie de portraits d'un "Ceux qui m'aiment prendront un
billet prem's" de Chéreau.
Non parce que là, bon ben on est dans le conflit familial sans
intérêt, avec couples de trentenaires foireux dans lesquels
parents et fratrie mettent le nez à tort ou à raison. A
tort parce que la grande fille de 35 ans elle pourrait franchement se
débrouiller toute seule avec ses caprices d'enfant gâtée.
A raison parce que bon, quand même, y a les enfants quoi, hein,
ben oui hein, quand même. et puis l'ex-mari le pauvre pfff mais
il est bien couillon de se laisser marcher sur les pieds mais bon après
tout c'est Jean-Marc B. on ne va pas le changer...
Oui donc bon alors en résumé ben... euh... c'est vain. Ah
mais ma bonne dame, c'est complètement vain, à plusieurs
reprises je me suis demandé ce que je fichais là. Le pire
c'est que dès le début j'ai senti que ça allait coincer
et j'ai prié, prié Aline mais non... rien... ah si heureusement
y a cette histoire d'endives qui m'a fait rire. Tout ça est noyé
dans du rien avec un parpaing bigouden à digérer pendant
un temps infini au milieu de tout ça, histoire que le réalisateur
rappelle que non il n'est pas parisien mais bien breton, mais pour les
bretonneries je préfère de loin ses romans et les rillettes
de crabe.
Oui donc bon alors le personnage principal, merci bien. Après l'insupportable
voleuse de ce "the plesasure of being robbed" et l'hystérique
de "Une jeune fille à la dérive", c'est
bon, j'ai compris, les chieuses égocentriques, mal élevées,
névrosées ou capricieuses, ça suffit. Joli spécimen
cette fois de femme pénible et profiteuse... je fais finir par
sombrer dans la mysogynie cinématographique, vite vite un vieux
film avec Liz Taylor s'il vous plaît, je veux de la femme vraiment
malheureuse, pas ça !
Et vous savez la meilleure ? Ca finit par Antony and the Johnsons. Au secours.
... Mais ceci nest que mon avis personnel, vous pouvez tout à fait aller voir le film et l'aimer.
Je ne me suis frotté aux haïkus qu'une seule fois. Frotté
de loin car fauté de 3 syllabes dans celui que je lui avais envoyé.
Mais seul son destinataire et moi le connaissons ; l'aurais-je fait lire
à un ou deux amis au hasard d'une conversation ?
Je me suis à nouveau frotté aux haïkus ce soir. Pour
en lire cette fois dans ce joli recueil que tu m'as offert Ceux de Sôseki,
romancier japonais mort en 1916, dont j'ignorais le prénom et l'existence.
Emoussée la lame
Qui fend la pierre de riz
Emoussée l'année.
Et puis quelques autres convives autour d'une table, quelques bouchons de liège répandus sur la nappe et des histoires nordiques encore, pour rêver encore, pour s'imprégner encore, pour tout savoir encore, vas-y, parle m'en encore, mais peut-être demain : ils sont partis bien tard.
On trouve encore des restaurants qui surprennent. Surtout moi, surpris si facilement devant un simple mélange de saveurs attention l'assiette est chaude. Le restaurant "Le Petit Prince" m'aura surpris par sa carte et par la légère audace de sa cuisine à l'image de celle du service. Oeufs brouillés sur lit de crème d'épinards et le magret à la sauce au melon, mon choix s'est avéré judicieux. Le porcelet au vin rouge et au miel aura en revanche moins bonne presse, mais qu'importe le cochon pourvu qu'on lise la presse.
Note à moi-même : répéter mon numéro de trapéziste pour la prochaine fois.



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Pense-bête qui ne sert apparemment à rien :
Ne rien faire
Et sinon :
La photo du bandeau du mois a été pris aux Tuileries le 20
août 2008 à 17h39.
La merveilleuse police du bandeau du mois est due à Calame Design
Transport écologique