
Une
anecdote, puis une deuxième et déjà je pense à
Mréjen. Puis une troisième et j'ai oublié les deux
premières. Plan fixe, couleurs ternes, très bons jeux d'acteurs.
Trop bons ? Les anecdotes se succèdent, vingt-trois au total ai-je
cru lire, anecdotes insignifiantes ou touchantes, souvenirs douloureux
ou amusants... Où est le lien, où est le liant ? Où
est le fil, à part dans le dos de cet homme qui, avec son histoire
de folie douce, me fait espérer une rupture, une envolée,
une descente de ce train-train. Non. Je n'ai pas pleuré, je n'ai
qu'à peine ri, je n'ai que si peu souri. Mais je ne me suis pas
ennuyé. J'ai eu, face à cette Suite parlée,
un doux sentiment d'indifférence.
Et puis j'ai fini Ogawa.
Horaire confirmé, voilà qu'on pouvait diffuser l'information précisément, et inonder de bleu les boîtes-aux-lettres amies. Le procès d'Oscar Wilde sort mercredi prochain... mais vous le saviez déjà, non ?
Comment ça non ?







Ce n'est pas la saison des torses nus ni des sandalettes. C'était pourtant, à Clichy, l'occasion d'en mirer. Parce qu'il y avait concert, parce qu'il y avait d'abord un raccord, et qui dit raccord dit moment adéquat pour faire des photographies sans gêner personne, ou du moins si peu...


"Ici c'est le marais du fond du coeur. C'est le dernier endroit où échouent les souvenirs"
Je
ne lirais ces deux phrases que quatre jours plus tard dans le roman "Cristallisation
secrète" de Yoko Ogawa, roman enfourné dans mon
sac depuis un moment déjà, mais la citation méritait
sa place ce samedi, dernier de quatre jours de rangement, pendant lesquels
mes souvenirs ont fini, pour certains, déchirés dans un
sac poubelle. D'autres, en revanche, continueraient leur existence dans
des chemises, des boîtes, des enveloppes ou des tiroirs, parce que
non, il fallait pas, je ne voulais pas, je ne pouvais pas me résigner
à jeter toutes ces traces du passé.
Finalement, cette histoire de souvenirs ou de pages de magazine dont je
me débarrasse, c'est un peu comme ces phrases de Perec, retrouvées
aujourd'hui dans un film :
Au fil des heures, des jours des semaines, des saisons, tu te déprends de tout, tu te détaches de tout. Tu découvres avec presque parfois une sorte d'ivresse que tu es libre, que rien ne te pèse, ne te plait ni ne te déplait.
... Mais je ne me sens pas plus libre en me détachant de tous ces souvenirs de papier. Qu'importe, ces phrases, c'est simplement leur beauté qui m'a émerveillé, il était 15h, je n'y voyais aucun sens caché, ni celui-ci ni un autre.

Et
puis tu m'as dit que cela durait 4 heures, oui ce que nous allions voir
ce soir durait quatre heures, moi j'ai dû lâcher une onomatopée
faite de surprise et d'inquiétude, imaginant l'ennui sur un siège
au confort éphémère ou improbable, parce que le nom
Mnouchkine, qui ne m'était pas inconnu, était
empreint d'une image... théâtrale. C'est bête, mais
c'est l'adjectif qui me vient à l'esprit, reste à faire
comprendre ce que je sous-entend, mais bon, bref...
Et donc ? Ennui ? Que nenni ! Du mouvement, de la vie, du spectacle, de
la surprise, enfouissant sous de la neige en confettis, noyant sous des
vagues en tissu et étouffant sous la performance physique des acteurs
cette image ronflante que j'avais de Mnouchkine. Allez savoir pourquoi.

Ca sentait la pluie, de celles qu'on craint simplement parce que l'on
aimerait bien profiter de cette journée supplémentaire de
congés pour faire un petit tour ici ou là, mais j'avais
dans l'idée d'aller surtout là-bas. Je sortis. Trente secondes
plus tard il grêla. Demi-tour.
Ca ne dura que peu. Un oeil sur ma montre, l'autre sur le ciel je ressortis.
J'avais dans l'idée d'aller dans le 16ème voir ce cher Hector
Guimard, son hôtel du 122 avenue Mozart et son édicule de
la Porte Dauphine que je n'avais jamais pris le temps d'aller admirer...
J'admirai.








C'est dans une salle obscure que j'ai rencontré l'Afrique, continent
loin de moi, de mon esprit, de mes connaissances, de ma culture, de mon
intérêt. Une salle de la Maison Européenne
de la Photographie, où la scénographie offrait
aux clichés de Philippe Bordas un écrin ténébreux
pour leurs teintes d'or, de bronze, de cuivre. Une merveille. D'autres
merveilles, tout est peut-être relatif, d'autres émotions
en tout cas depuis Luc Choquer au sous-sol jusqu'à Elliot Erwitt
au deuxième, étonnant Erwitt entre charme et humour, entre
Marylin, naturistes et petits chiens...
Ces photographies, ça ne me suffisaient pas ? C'est un peu plus
tard, dans le sous-sol du Centre
Iris que j'ai rencontré Félicie que j'ai
découvert la travail de Quinn Jacobson, sur lequel je lorgnais
depuis deux semaines chaque fois que je passais devant la vitrine. Beau,
très beau travail de portrait employant une technique photographique
très ancienne...



C'est
dans une salle obscure que j'ai retrouvé l'Afrique, ce même
jeudi, un peu plus tard encore et puis encore, la séance était
à 20h et j'avais retenu l'adresse : 16 rue Victor Cousin. Il y
passait "White Material". J'ai donc
également retrouvé Claire Denis, cinéaste qui m'émerveilla
autrefois par-ci, qui m'ennuya l'an dernier par là, qui me plut
cette fois dans cette chaleur, cette terreur, cette tension, cette rudesse,
cette Huppert moins rêche que dans le Barrage contre le Pacifique
qu'il fallait que j'essaye d'oublier... ne pas comparer... oublier...
même si ici aussi c'est peu moite.
Congés, ça rime avec ranger, manger, songer, plonger, Angers et Roger. Trouvez les intrus.


Là je crois qu'il ne s'est rien passé d'intéressant.
...
Qui a dit "comme tous les jours" ?
- Alors maître Capello, le mot du jour est ?
- Alors le mot du jour est un verbe !
- Ah !
- Et c'est le verbe rejimber.
- Runjamber ?
- Non re-jim-ber
- Aaaaah !
- Et ça veut dire quoi ?
- Euh...
- Pfff... Ca veut dire... oh merde, je reviens... j'ai oublié mon
rôti de boeuf dans le four...
... ça c'était le fou rire de ce lundi 22, avec "Une femme est une femme" de Godard.



Le petit garçon est assis en tailleur. Il tient un bloc de papier et un crayon. Il reproduit la toile en face de lui. En face de lui : Le Christ en Croix de Léon Bonnat, toile de 1874. Il fait partie de ce public prévenu qu'il pouvait être choqué par certains pièces de l'exposition que nous visitons alors : "Crime et châtiment", au musée d'Orsay. Le christ en croix offert à tous les yeux sur tous les crucifix, ici ou ailleurs, n'est, de toute façon, plus à même de choquer qui que ce soit...

Après
cette heure, peut-être plus, passée au milieu de têtes
coupées et de autres morts photographiés, il fallait un
peu s'aérer. S'aérer au sens figuré dans le beau
salon de thé du musée, puis au sens propre dans les rues
de Paris, rues bourgeonnantes et ensoleillées, pour un long parcours
à pied d'Orsay à Ivry, avec cependant un petit trajet en
bus entre... euh... entre ici et là...
Rues de Paris bourgeonnantes... mais c'est une autre saison qui apparut
sur l'écran le soir même. Les feuilles orangées et
dorées virevoltaient sous les bourrasques, bourrasques symbolisant
ce qui allait se tramer dans ce "Ecrit sur du vent"
de Douglas Sirk... ffffffffffffffffffffffff...
(Je fais bien le vent, non ?)
En fait ça aurait pu ressembler à une journée pourrie.
Parce que tu as voulu aller là-bas à vélo.
Mais ce n'était pas si loin.
Parce qu'au retour le premier sac s'est éventré puis la poignée du deuxième a craqué.
Mais ce n'est pas moi qui portais les sacs.
Parce que j'ai décidé de nettoyer la terrasse.
Mais j'aime faire ce genre de boulot.


Parce qu'à 19h10 je me suis cassé le nez sur la porte du relais-colis et que je suis donc retourné chez moi.
Parce qu'à 19h20 je me suis cassé le nez sur la porte du caviste qui avait vraisemblablement brûlé et que je suis allé tout là-bas rue Rambuteau.
Parce qu'à 19h25 il a commencé à tomber des gouttes et que mon parapuie était chez toi.
Parce qu'à 19h38 tandis que je me dirigeais vers le métro il a commencé à pleuvoir très très fort.
Parce qu'à 19h40 j'ai décidé de transiter par chez moi.
Parce qu'à 19h46 j'étais trempé.
Parce qu'à 19h53 j'hésitais vraiment sur le pull à mettre avec cette cravate rouge.
Mais ce ne fut pas une journée pourrie parce que c'était fiestounette chez Mister Ste' !


Tu m'attendais à la librairie, LA librairie, mais point de housse cette fois, éventuellement des couettes ici ou là. Au pick'lops nous les attendîmes, un verre puis deux, derrière la vitre F - surprise -, une planche et les voilà, finaement on dîna. Aux Souffleurs on partit, l'endroit à la mode on dit the place to be, pas envie de this place to stay, ça c'est trop lourd, là c'est trop petit, une autre fois, trois fois oui.
A 22h c'était fini. Finalement ça n'a pas fait un pli...




La librairie a beau être très proche, je n'y étais jamais rentré. Jusqu'à ce ue je vienne, ce mercredi 17, y chercher... une housse de couette.

Non
ça n'a pas duré longtemps, c'est presque oublié malgré
un réveil hésitant. Et heureusement que même à
midi c'était presque oublié, ç'aurait été
dommage de louper le ciel bleu... puis de gâcher la soirée,
japonisante, arty comme tu dis, rascasse et fenouil, etc.
En plus j'ai dit sayonara à une japonaise. Demain je dis japonara
à une mayonnaise.

Le
15 mars était arrivé. Déjà. Ca m'a rendu fébrile
on dirait... Pourquoi ? Pourquoi ses frissons, sûrement cette fièvre,
cet état plus ou moins grippal, ça vient d'où ? ça
va durer encore longtemps ?
C'était
dimanche, c'était bien pour un poulet rôti, non ? Mais comme
elles déjeunaient ailleurs, on se contenta avec plaisir de quelques
restes de Morteau aux lentilles après la visite de V et pendant
celle d'A venu un peu en avance pour une histoire de petit film, quoi,
18 minutes je crois, de jolies minutes en tout cas, enfin moi j'ai bien
aimé l'idée et les couleurs. Et puis il y eut le
Louvre, il y aura toujours le Louvre, les statues de l'école
française avant de poursuivre vers le Jeu de Paume où se
terminait la rétrospective Marc Recha et où
était donc projeté "C'est ici que je vis",
une projection un peu troublée par les allers et venues de tout
un tas de casse-pieds entrant ici comme dans un moulin (avec ton terrible
cortège). Il était encore temps pour voter, ne comptez pas
sur moi pour faire partie des abstentionnistes, et j'ai glissé
mon papier vert dans mon ancien quartier, occasion faisant le larron pour
aller papoter chez F et vous noterez donc que je ne vais pas beaucoup
d'efforts sur le style en ce moment.








Jarmusch avait été sur l'écran la veille après que l'on avait découvert qu'à 19 ans, une étudiante japonaise ne parlait absolument pas anglais et n'avait pas le droit de boire de l'alcool, l'un n'ayant aucun rapport avec l'autre. Mais Jarmusch s'était vu coupé dans son élan par l'immuable assoupissement du vendredi soir. S'assoupir ? Ah ! soupirs ! Session de rattrapage donc ce samedi pour voir la fin... euh... enfin non : pour voir la suite, parce que regarder un film à l'heure de la sieste... c'est pas mieux... puis à 0h30... non plus La belle épopée en noir et blanc se terminera une autre fois... mais quand ?
Ah oui au fait, Goma Sio c'est japonais et zucchini... aussi !











21h. Un bruit de valise dans l'escalier. Un bruit qui cesse devant la porte. "Tu es sûr qu'elles aterrissent à 21h ?". Tu me réponds que oui. Et pourtant les voici.


- Alors ça y est ? T'as filmé ?
- Oui !
- Et ça donne quoi ?
- Euh... du muet...
- Du muet ?
- Ben... sur le micro... y avait un bouton ON / OFF. Je ne l'ai vu qu'au
moment de partir.
- ...
- Hi hi hi
- Et ça te fait rire ?
- Oui, bon c'est pas grave je vais faire une voix off.
- Ben fais plutôt une voix on !
- Hi hi hi
- Hi hi hi
- Hi hi hi
(ad lib)
Qui suis-je ? Ramené la veille en terrine, je fus acheté ce mardi en version tétra-jambière en barquette rose au rayon frais du Momoprix pour finir en cocotte... Je suis... Je suis... BRRRRUUUPPPP. Perdu, c'était le lapin.
Moins rude, moins fort le vent... moins froid ? Moins loin, moins longue la promenade, il faut repartir...








A travers la fenêtre, je regardais le vent. Peut-on regarder le vent ? Il soufflait du Nord-Est ; la météo le confirma, le froid extérieur aussi. Je bravai cependant ces températures presque hostiles, parce que tout de même ! Ce ciel bleu ! C'aurait été dommage de ne pas en profiter, non ?









Je regarde le sol récemment boueux, sec à présent, sur ce chemin que je n'avais jamais emprunté, ce chemin qui n'est peut-être pas le bon. Un bruit à ma droite, dans le bois. Mon regard balaye doucement l'alentour et tombe sur la bête, tête rousse entre les troncs. Pas le temps d'en voir plus, elle détale. Je n'ai pas de chance avec ce genre de bête, elle ne veulent jamais se faire photographier... Ce n'est pas le cas de celles en captivité chez la voisine... ou des sacrées bestioles qui jouent du piano !









Saumon-poireau,
c'était peut-être un choix un peu léger, car débarquant
fraîchement du TER, j'avais l'estomac presque dans les talons après
qu'il avait été sous le tablier. Un TER ? Oui, je suis parti
au vert...
Nous avions rendez-vous à 20h30, mais j'ai franchi la porte du restaurant à 20h43 pour de sombres histoires de fichiers, et ce après seulement 21 minutes de trajet ce qui, reconnaissons-le, a drôlement surpris L. Le temps d'un merveilleux plat et je franchissais la porte dans l'autre sens, avec sous les lèvres et sur les doigts la présence des cailles.









22h38.
Le RER entre en gare. Mes doigts sont râpeux, noircis, peut-être
un peu (Giuseppe) verdis. J'ai vu passé du gris, du bleu, du trop
bleu, du vert, du orange, du rose, du rouge... Arc-en-ciel démocratique...
D'autres, à l'heure qu'il est, sont encore attablés... mais
pour seules victuailles que des enveloppes, des listes et des professions
de foi... Et certains se disent ma foi, c'est la dernière fois,
etc.
C'était
un peu dans ma tête comme dans les magazines féminins du
printemps approchant. Il s'agissait de retrouver une ligne ventrale en
adéquation avec le reste de ma silhouette et les tailles de ce
pantalon, oui celui-ci en particulier, mais celui-là également,
afin de voir disparaître... euh... comment dire ?... ce bourrelet
tsunamique qui déborde, regardez bien, voilà, je ferme le
bouton et splash ! Neuf mois loin de la moindre salle de sport, un nombre
d'années qui augmente et un régime alimentaire un peu plus
riche (qui a dit "surtout en vin rouge" qu'autrefois) ne nous
voilons pas la face puisque c'est du côté du ventre que ça
se passe et voilà un belle période de gestation graisseuse
à oublier... Bref... tout ça pour en arriver à cette
conclusion : aujourd'hui, j'ai repris le sport.
"C'est toi qui vent de me laisser un message ?".
Elle a un doute. Oui c'est moi. La voilà amusée, un peu
déçue dit-elle. L'accent italien avec lequel j'avais prononcé
mon message était plus qu'approximatif, matiné de sonorités
improbables, mais elle avait espéré que ce fût je
ne sais pas quel italien presque oublié, un nom que je n'ai pas
très compris au milieu de la circulation, encore moins retenu.
On décida de se retrouver le soir même ; elle nota mon adresse,
la griffonna peut-être.
On se retrouva le soir même, som homme avant elle et heureusement
il restait des pistaches, plus très fraîches. Il restait
aussi du boeuf bourguignon dans ce petit restaurant que je choisis, mais
je préférai le coq au vin tandis que l'on testa son casse-tête
en vain.
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