Journal - septembre 2010

 



Jeudi 30

Les minutes défilent, insuffisantes ou pas assez lentes ; au bout de la journée 10 jours de vacances. Il faut finir. Il faut boucler. Il ne rien laisser traîner. Sur le bureau à la rigueur, quelques papiers.

Mercredi 29

C'est la rentrée, comme ils disent, alors on retrouve les habitudes, le rendez-vous, le lieu, la lourde grille, le grand escalier métallique, les connaissances, les regards interrogatifs... A la Fémis ce soir, ça commençait par un court, qui aurait pu à mon goût être encore plus court au point de disparaître. Ca se poursuivait par les dernières répliques joliment mises en images et presque en silence, un silence rompu par un fou rire, il suffisait vraisemblablement sur l'écran d'une moue et d'une coiffure pour le déclencher. Ca se terminait par des photographies piochées, doucement rassemblées, doucement accompagnées d'une voix et de musique, des photographies dont il me reste, quelques jours plus tard, une vision délicate et brumeuse, rapprochement permis avec les pages ouvertes de ce "Le corps des anges".

Mardi 28

Ligne 7. Mon esprit flotte dans la fin de journée. Par hasard mon regard se pose sur le magazine de mode que lit la jeune fille. Un garçon à moitié nu, elle passe la page rapidement, mais sur la suivante... il n'est plus à moitié nu. Elle pousse la page, la suivante, les suivantes très vite, de manière gênée, amusante et difficile à décrire. La preuve. Tant pis.

Lundi 27

Le garçon aux rayures légères sur ce pull blanc souriait sur le quai, son regard dans ma direction, tandis que le train partait. Me souriait-il ? Il ne restait que quelques pages.

A présent le dernier paragraphe est achevé et je crois que j'ai jamais rien lu d'aussi fort. Le livre est refermé, il retournera là où il était, au bout de cette étagère, sa couverture orange presque ostentatoire dominant ce coin où il restera quelques temps avant d'être ouvert à nouveau pour offrir la poésie de son verbe à qui veut s'émerveiller, moi une fois de plus peut-être, toi qui a oublié les mots peut-être.

Dimanche 26

Effacée ces soirs-là, Alix des coulisses veille à tous les grains, elle sait que Constance orchestre chaleureusement. Elle observe Jérôme dont elle voit le grand dos du fond de la cuisine obscure où elle s'attarde : il se penche, sa main saisit le verre que sa bouche tarde à boire, puis de nouveau s'adosse à la chaise, et tout assis qu'il est, parvient à se déhancher des épaules. Il a vingt ans. 

Ce n'est peut-être pas le plus beau passage de ce roman, mais il représente bien la maîtrise de l'écriture de l'auteur, les mots qui se suivent, s'assemblent, glissent avec une limpidité aussi belle que le déhanché de Jérôme. Mais les mots sont meurtris : ces deux-là parlent trop fort, même un peu trop tout court. Le métro, non, n'est pas le lieu idéal pour ce genre de lecture, j'en ferai la démonstration le soir-même, sous la couette, les plus beaux passages flottant sous mes yeux avec au fil des pages une émotion rare.

Mais avant la couette, le chignon sage de la rousse Hélène, une femme infidèle offrant le titre de ce Chabrol.

Samedi 25

Le vélo est encore là, attaché à cette station de la ligne 2 où je ne prête même pas attention aux écussons Guimard. J'ai devant moi trente-cinq minutes de pistes cyclables et de voies partagées, sans presque aucune hésitation dans le parcours. Etonnant, non ? Aussi étonnant que de s'endormir devant Que la bête meure, Chabrol 1969, supplément conjugué avec un autre film vu le lendemain, qui m'a fait acheter Télérama. Mais ce n'est pas moi qui me suis endormi. Etonnant, non ?

Vendredi 24

- Allo ?
- Tu as deux minutes ?
- Ben oui même plus de deux minutes.
Deux minutes ont suffi pour raconter la chute assez grave, les douleurs vraiment aigues, et l'accent circonflexe du plâtre.

Jeudi 23

J'avais quitté la biennale de Nogent après un coup d'oeil étonné sur ma montre ; il était déjà 21h. J'avais attendu un RER vaguement annoncé, retardé, retardé jusqu'à 65 ans ? J'avais l'esprit assez éveillé pour oser les jeux de mots du type "one foot in the grève". Dans la rame les endormis somnolaient, celui-ci ne savait plus quels chiffres inscrire dans les cases, celui-là n'avait pas remarqué que sa cravate était retournée et je feuilletais sans énergie le "Réponses Photo" dans lequel n'apparaissait pas la photographie que j'avais envoyée, photo peut-être trop facile pour le jury, photo sûrement trop de travers ; je n'avais pas vraiment respecté l'horizon. Ne pas respecter l'horizon, n'est-ce pas se perdre un peu ?

Mercredi 22

J'avais hésité entre un repos (mérité) et un peu de soleil sous lequel je me serais assis quelque part, cet autre roman de Mathieu Riboulet à la main, un roman commencé le matin même, livre aimant, livre amant, l'Amant des morts ça s'appelait, et j'étais arrivé en avance à la Cinémathèque puisque mon choix s'était porté sur le livre et le soleil, j'étais arrivé tellement en avance que j'avais pris quelques photos, pas assez en avance pour vraiment profiter du soleil car j'avais oublié que nous étions fin septembre. Tu étais déjà là et l'on profita donc ensemble de cette moment et de cette table ; j'oubliai cette envie de soleil.

Tu avais le regard perdu dans la foule, nous étions assis, tu chuchotas comme il est difficile de chuchoter plus doucement. Mais je ne pouvais pas me retourner, ce n'est pourtant pas l'envie qui m'en manquait, ben oui, tout de même, elle, là, derrière moi, ce visage que tu évoquas, cette voix que je n'entendis pas, cette voix, cette voix. Nous étions là pour une autre voix, celle de Delphine Seyrig, inimitable, pourtant je tentais de l'imiter en ouvrant le frigo plus tard lorsque ce fut l'heure du souper. La rétrospective Delphine Seyrig avait commencé par "Muriel ou le temps d'un retour" et j'avais vaguement (nouvelle vaguement) cherché à comparer parce qu'il y avait dans les ruptures du montage quelque chose de Pierrot le Fou (faut croire que je n'osai pas citer L'année dernière à Marienbad) et je me disais qu'une fois que je maîtriserais le vocabulaire architectural je me pencherais sur celui du cinéma. C'était absurde de comparer, mais face à un montage qui, dès la première seconde, vous met une grande baffe dans votre culture cinématographique, il faut essayer de respirer normalement.

Mardi 21

Sur les murs blancs, les gris racontés par la jeune femme en bottes. Le reflet de la colonne Vendôme noie dans la flaque le petit garçon trop souriant, et sa baguette dorénavant trempée, dont l'image mièvre et convenue n'est pas ce que j'aime chez Willy Ronis. Le reflet de la colonne Vendôme, enjambée par une jupe du quartier, est ce que j'aime chez Willy Ronis ou plus généralement chez les photographes de cette époque, dans leur photographie en noir et blanc que je ne fuis plus comme avant pour aller m'enticher pour des rouges vermillons et des jaunes ensoleillés. Les images se suivent, l'âme de Rodchentko se glisse dans les usines, là, derrière ces fils, et l'âme de sa femme s'envole, là, dans le parc, dans l'immensité et la profondeur d'un gris d'une absolue tristesse.

Les âmes ? Justement les revoici, regardez-les ces ombres noires qui traverse la jungle. Oncle Boommee, cette palme d'or qui fit tant parler d'elle, c'était le film parfait pour un dernier soir d'été, parfait dans ces moments les plus poétiques, quand on a encore à l'esprit cette petite femme perdue sur une photographie.

Lundi 20

Le travail serait-il une drogue ? A croire que je n'en ai pas assez... voilà que je m'en rajoute. Le travail est en tout cas un plaisir pour moi, surtout quand il s'agit d'aller photographier des toiles marouflées datées de 1900 et des frisounettes florales peintes sur les murs d'un pavillon construit en 1895 par un architecte oublié par l'Histoire. Tout ça pour quoi ? Pour un article, à croire que j'essaye d'endoctriner les employés de la commune où je travaille en leur parlant de l'architecture des années 1890, y cherchant en l'occurence les signes d'un attachement au classicisme et les références modernistes glissées au milieu des briques et au-dessus de la meulière.

Dimanche 19

Fin. L'exposition est terminée, mais j'aurais aimé qu'elle continue, le temps qu'on me pose d'autres questions, le temps de partager... le temps qu'on ne me demande plus si l'on pouvait revenir la voir... ah mince demain, ce sera trop tard ? La satisfaction est tout de même un doux sentiment qui l'emporte sur cette nostalgie qui pointe déjà son nez. Je pense à la suite, je ne suis pas le seul, parfois ça enrage. A quand le virage ?

Samedi 18

Réveil. 5 heures et 30 minutes de sommeil derrière moi, sommeil fragile de surcroît. Ce week-end n'en sera pas un, et la dernière ligne droite est là, sous mes pieds. Visiteurs guidés, visions d'architectes, visages connus, oh tiens O., tu es là. Hasard, joli hasard, tu m'invites à déjeuner... dans un immeuble qui manquait à mon répertoire.
Il faut tenir, la fatigue est là, la vache, je tiens, jusqu'au soir, car soirée théâtrale à la Scène Watteau, pour "L'oral et hardi" ce merveilleux faux monologue de Jacques Bonnaffé, acteur époustouflant, sur des textes de Paul Verheggen.

Vendredi 17

La toile est tendue. Le vent en poupe pour pointligneplan ? L'image en poupe, rétroprojetée, et moi en proue, Nikon au poing, tentant de capter un joli mélange entre les images et l'architecture à l'heure où tout est bleu et encore là. Avec mes notions techniques limitées, je suis face à un joli cas d'école. Un cas d'éole ?
Voici la nuit, moment doux, des amis, des sourires, du fromage et du vin, une spectatrice bien seule sur le trottoir d'en face, on parle, les heures filent, voilà minuit. On en reparle, voilà 1 heure. Les heures défilent, voilà 2 heures.

Jeudi 16

- Alors ? Quoi de neuf ?
- Rien.
- Ah.
- Oui.
- Bon...
- Ah si les nouveaux Inrocks.
- Et alors ?
- Bof.
- C'est tout.
- Non, super bof, j'aime pas du tout leur nouvelle formule.
- Ah bon, pourquoi ?
- Pour plein de raisons.
- Lesquelles.
- Plein j'te dis.
- Oui mais lesquelles ?
- Attends j'te montre.
...
- Ah oui en effet.

Mercredi 15

Elle éternue, mais laisse ses mains là où elles étaient. Ses postillons s'éparpillent sur les mots fléchés qu'elle partage avec sa mère qui vient de sortir d'un sac plastique une boîte rouge et noire en s'émerveillant du cadeau qu'elle allait faire :
- Pierre Cardin !
- C'est une bonne marque ?
- Ben oui.
- Mais pourquoi tu lui as acheté des bretelles ? il met pas de ceinture ?
- Ben non, à cause de sa poche.

Mardi 14

"C'est quand il vous a rapporté à la maison que j'ai compris d'un coup où il était pendant toutes ces années."

Dans le trajet de retour, long trajet en train, la lecture du roman m'absorbe plus que celle de trois revues dans lesquelles j'avais picoré quelques mots et quelques images. L'écriture est belle, le récit touchant, je m'étonne d'être emporté si facilement, moi qui manque parfois, cruellement, de concentration. J'oublie la journée à Dieppe, les touches de couleur dans le ciel, les sourires narquois, les mots, les souvenirs, les regards, le groupe, les soupirs, les bruits de pas, les ombres qui passent au bout de la terrasse et le goût de l'eau salée du grand bassin.

Lundi 13

"Tu lis quoi ?" J'attendais la question. J'espérais le silence. Je profitais de la pause-déjeuner, sandwich, pour me plonger dnas les dernières pages de l"Enlèvement avec rançon" d'Yves Ravey. Mais E s'installa près de M, et discuta.
"Je lis quoi ?" Je répondis, et en une petite minute je résumai mon rapport avec l'auteur et les éditions de Minuit, citai Échenoz quand M me dit "j'allais t'en parler" avant de citer Ravel, conseillai Les Grandes Blondes. Voilà.

Que lire ? Ravey va être rangé. Dans les étagères, face aux trois tranches sur lesquelles apparait le nom de Mathieu Riboulet, j'hésite un peu. Mon doigt se pose et mon choix se porte sur le plus à gauche que je suppose être le plus ancien. Les deux premières phrases de la quatrième m'accrochent : "Quelqu'un s'approche" est l'élu, lu plus tard, quelques pages seulement sous la couette et déjà le charme de sa belle plume agit.

Dimanche 12

"Chabrol est mort". La phrase sort sans hésitation, te frappe, cogne un peu contre les murs et traverse le fantôme de Jean Yanne, qui ricane dans un coin. J'avais allumé l'ordi entre le jus de fruit et le yaourt du petit-déjeuner pour chercher une info moins grave. Et bam, voilà Stéphane Audran qui me traverse l'esprit, rapportant sur un plateau les souvenirs des films chabroliens des années 69-70 découverts avec passion à l'époque des soirées télés, des magnétoscopes et des téléviseurs.
Mais en voyant l'heure et en réfléchissant un peu sur le développement de la journée, on passe rapidement du yaourt à la quiche et au café pour prendre la route. Dans la forêt de Fontainebleau, ou peut-être à côté, le panneau annonce "fermé", et les idées s'envolent sous la craie. A Larchant, sous les voutes en ruine, les alternatives s'effritent, puis à Milly-la-Forêt, Cocteau nous accueille dans sa chapelle et sa maison-musée qui me déçoit un peu. Pourquoi ?

Et puis. Bouchons. Courir. 18h51 sur la montre, après tout on ne sait jamais... Le sac de L était bien lourd, je ne le savais pas vendredi, je le porte en me ruant vers le quai numéro 3. La sonnerie des portes qui se ferment, L qui se jète dans le train. Comme dans les films ! Tiens regarde, y a Chabrol là-bas avec sa caméra...

Samedi 11

La file d'attente s'étend jusqu'à l'extérieur de la boutique mais j'entre, passe devant tout le monde. Gêné, je regarde fixement la caisse, puis le pâtissier-caissier. Dans mon dos, les regards sont interrogatifs, jaloux, haineux, peut-être étonnament indifférents chez quelques touristes sans rythme ni amertume. Je viens récupérer mon dû, et elle avait bien insisté, la veille : "Vous ne faites pas la queue, hein ?!".
Dans le sac en carton blanc qu'il me tend derrière le comptoir après avoir répété mon nom et fait un tour dans l'arrière-boutique, une boîte orange m'attend sous deux pains aux fruits secs qui se marieront à merveille avec le foie gras, puis la terrine de lotte, puis les tournedos et les cèpes à la bordelaise. On salive, lecteur ? L'orange de la boîte est chic, hermessien, pas hermétique, et à l'intérieur se cache une étendue verte et carrée d'environ 25 cm de large, ponctuée de 9 taches rouges transpercées d'un bâton de vanille, demi-gariguettes allongées sur un lit de coriandre-pistache. L'objet du désir se dégusterait plus tard, après les cadeaux laqués ou paginés.

Vendredi 10

Le train de 21h35 est un peu en retard. J'ai couru pour rien, tu m'avais dit 25 et j'ai chaud, trop chaud. Je n'aurais pas couru si l'une de ces deux moisissures de chattes n'avait pas eu l'idée infecte de pisser et chier - je doute que les verbes "uriner" et "déféquer" conviennent dans ce cas - sur mon lit, m'obligeant à retrousser les manches et leur botter le cul - je doute que le mot "postérieur" convienne dans ce cas. Bref... 21h45, le tégévé s'installe enfin sur le quai numéro 23. La foule à valises déroule ses pas, parmi elle un acteur à la mode auteur récent d'un best-seller métropolitain, un sosie de Benoit Poolvoerde et un curé... L arrive, un petit sac à l'épaule et un cabac à la main. Ce n'est que deux jours plus tard que je découvrirai que le petit sac était bien plus lourd qu'il ne semblait l'être.

Jeudi 09

Tu es déjà allé au Bois de Boulogne ? Non. Ces chemins qu'arpentent les Dames du film de Bresson me sont inconnus. Chemins dissipés dans un brouillard de sommeil relativement tôt. Les jours sont longs, les nuits s'y calquent en ce moment.
Je n'étais jamais allé à Créteil non plus. Mais je n'en ai pas vu grand chose : à l'issue de ma réunion, la pluie m'en chassa bien vite, cordes froides sous un ciel gris, et me voilà baissant la tête pour éviter les gouttes. Malgré tout, j'essuierai mes lunettes une fois assis dans la ligne 8. 

Entre Créteil et Boulogne, des emplettes. Parce que J-2, parce qu'Ellis is over. Chez Colette Kerber, l'accueil souriant et les nouveautés de la rentrée, parmi elle "Enlèvement avec rançon" d'Yves Ravey, auteur que dorénavant j'achète sans hésiter... mais je crois que j'ai déjà écrit ça la dernière fois, pour ce Cutter un peu décevant. A la caisse on entame la conversation... chut, on en parlera quand le l'aurai lu.

Entre Créteil et Boulogne, un trajet parmi des milliers d'autres. Sur le strapontin, à côté du mien, elle est assise. Elle soupire intérieurement, hélas c'est évident, et lasse elle pose à terre des escarpins roses en matière molle et synthétique. L'inscription à l'intérieur est un peu effacée : ARC JACOBS, peut-on lire encore. Elle ôte ses souliers à talons en suèdine noire qu'elle dépose dans un sac en carton, glisse ses pieds nus dans l'autre paire. La voilà soulagée, je le suis moins : je repars dans mon ouvrage sur l'architecture des années 1890 - 1940 dont je retiens si peu.

Mercredi 08

Une fois n'est pas coutume, la ligne 7 sera matinale, puisque tu la prends. J'avais tout de même un peu hésité, question de timing, de temps de trajet, d'agenda... A Italie aussi j'hésite, et puis je change de métro et d'avis. Mauvais choix ? Sur le quai de la ligne 6, un peu de fumée là-bas et cette odeur qui va avec. J'attends. Rien. J'attends. Rien. Ni message ni rien. Je pars, reprends la 7, etc. tout ça est long, tellement long... z'avez vu l'heure ? 

Pas de fumée sans feu ? Tiens revoilà Brett Easton Ellis alors ? La tension monte, finalement la sauce prend même si j'ai gardé mes distances face à cette apparente littérature de surface... Surface, vous avez dit surface ? Qu'en penseraient les architectes rationalistes, de cette histoire de surface ?

Mardi 07

Sushis, fatigue, reste de poulet. C'est noté sur mon carnet. Pas de quoi en faire un billet... Même du dernier roman de Brett Easton Ellis, entre mes doigts depuis quelques jours, je n'ai pas de quoi en faire un billet. Je ne sais pas quoi en penser. Sûrement pas une bonne idée de lire dans les transports en commun : les alentours me happent, j'ai l'esprit ici ou ailleurs mais surtout autour... Regarder les gens sans les prendre en photo, faut croire que ces fichus vigiles ont réussi leur coup...

Lundi 06

Un nouveau visage à quelques mètres de moi. Une nouvelle collègue, remplaçant l'autre, partie ailleurs, je ne m'en plaindrai pas, fallait voir l'ambiance...  fallait entendre les dialogues aussi. Rares. On parlera forcément plus avec M qu'avec M, de musique sûrement, de patrimoine évidemment, Hector par exemple ?

Hector, ce cher Hector Guimard, que sais-je de lui et de son oeuvre, mot masculin au genre malmené ? Un certain nombre de choses, certes, mais est-ce suffisant ? Me voilà donc plongé, le soir venu dans les kilos bleus du livre de George V, les galbes oniriques dessinés par l'artiste m'entraînant doucement vers d'autres rêves...

Dimanche 05

C'est d'la bombeombresUn soleil éclatant et écrasant. Mais je n'en profite pas. Pas comme j'aurais aimé. La belle et chaude journée se passera pour moi l'œil rivé dans le viseur, gromelant contre ces ombres trop présentes et ce soleil trop cru. Trop cruel ?

...


Cruel, un adjectif à apposer sur le front dégagé de ce patron de cinéma, prêt à tout pour arriver au but ultime : faire chanter les oiseaux à 13h45... C'était Sabotage, film d'Hitchcock de 1936 : un film, comme on peut le lire sur la jaquette du dévédé et comme l'ont écrit Rohmer et Chabrol, oui donc un flm avec - je cite donc - une mise en scène d'une étourdissante virtuosité, qui rappelle les meilleures bandes hollywoodiennes, tout en conservant un chic typiquement britannique. Voilà... on vous aura prévenu.

Samedi 04

Au zinc du Brazza et de sa façade pleine d'interrogations, mon café tiédit doucement. Le type entre, se pose à ma gauche et commande un demi. Je lève les sourcils, regarde l'heure. 8h53.
Des cartels à faire et refaire et la matinée passe trop vite. Courir, donc ? Sandra est disponible, chance inouie pour un samedi à 13h45... et à 14h20 je ressors du 26 rue Beaubourg avec la joie d'un reflet inédit, désépaissi et réussi. Dormir un peu, donc. Et repartir en se demandant où est donc passé cette cravate que je n'ai pas vu non plus ce matin dans ton petit placard rouge. Et finalement inaugurer... Pour la grande satisfaction. La mienne, et la leur. Un grand ouf, un autre !

Et avec ça, un salice salentino...

Vendredi 03

Ouf !

Jeudi 02

Les enfants attendent, s'inquiètent, courent, sourient, trépignent, regardent, crient, rient... Les parents attendent, s'inquiètent, courent parce qu'ils sont en retard, sourient, trépignent aussi un peu peut-être parce qu'ils vont être en retard au boulot et qu'ils ont oublié de prévenir, ne crient nullement, rient peu. C'est la rentrée. Même pour moi... Pour un petit reportage, des photos colorées, des questions aux réponses timides ou amusantes et un petit article finalement bien amusant à écrire...

Et puis... et puis des encadrements, des positionnements, des hésitations, des précautions, des pfff, mes mmm, des grrrr, des ouf... J-2... Allez, encore quelques pfff...

Mercredi 01

Pour quelques clichés fleuris et ondulants, je me rendis chez F. F comme fromage ? Ah oui, quel fromage ! F comme fin d'orange aussi, facances, foisinage, foulala, etc. Foulala ? Ah oui, les meubles pour l'exposition sont arrivés... foulala, c'est fantastique et ferveilleux !